E U R O P E A N S U R F / S K A T E / S N O W B U S I N E S S

January 22, 2018 | Author: Anonymous | Category: N/A
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#066. AOÛT/SEPT 2013. €5

E U R O P E A N

S U R F / S K AT E / S N O W

B U S I N E S S TENDANCES MODE PRINTEMPS ETE 2014 SURFWEAR HOMME & MAILLOTS FEMME

INTERVIEW GRAND PONTE IMANOL ARRIZABALAGA, NAPCO CRUISE CONTROL TENDANCES SKATE CRUISERS SKATE PARTCIPATION II NOUVEAUX ENFANTS A BORD

PLUS : LE PROFIL DES MARQUES EVOA, PERUS CREW & SANUK ; LES NEWS, LE DETAILLANT & L'ACHETEUR DU MOIS

AT YOUR FINGER TIPS A single information platform, how you want it, where you want it, when you want it... Source means business www.boardsportsource.com

#66 STAFF Managing & English Editor Jojo Cook [email protected] Surf & French Editor Iker Aguirre [email protected] Snowboard Editor Rémi Forsans [email protected] German Editor Stefan Dongus [email protected] Design & Art Director Owen Tozer [email protected] Design & Production Roddy Bow [email protected] Web Media Manager Denis Houillé [email protected] Digital Content Manager Harry Mitchell Thompson [email protected] Proofreaders Harry Mitchell Thompson, Melanie Schönthier, Marie-Laure Ducos Contributors Harry Mitchell Thompson, Dirk Vogel, Nicole Coryton, Michael Reinwald, Asier Zabarte, Luke Van Unen, Lucy Paltz, Gordon Way, Fabien Grisel, Yuri Kolobov, Franz Holler, Frank White, Joey Jorgensen, Alex Crowe, Luke Van Unen, Miriam Deller, Andrea Stoker, Samantha Thomas, Ross Steer, Advertising & Marketing [email protected]

BIENVENUE UNE BRISE DE FOND APPORTE SA FRAICHEUR Dans les méandres de la crise actuelle, quatre défis pèsent de tout leur poids sur l’industrie du surf. Un premier, exogène, est la débâcle économique mondiale qui sévit depuis 2008. Un deuxième, endogène et naturel, est celui d’une industrie qui, après une période de croissance, connaît une phase de déclin. Le troisième est la remise en question et la révision de fondamentaux jadis immuables. Le dernier, endogène aussi, est la "génération perdue" de consommateurs qui nous tournent le dos, catalyseurs de ce déclin cyclique. La remise en question qui en découle est si profonde qu’elle me fait penser à l’immédiateté inévitable d’une mutation systémique à deux niveaux. D’un côté, nous devons contribuer à la réfection du système économique occidental qui implose. D’un autre, les bases mêmes de notre industrie, vérolées par les dérives de l’ultralibéralisme, exigent un assainissement urgent. Des erreurs ont été commises et le miroir aux alouettes nous a éclaté au visage. Trop tard pour nier ou éluder notre responsabilité, nous sommes désormais ensemble dans un bateau qui prend l’eau. L’industrie a mûri parce que ses acteurs ont mûri. Ego, orgueil et aveuglement ont tous fini la queue entre les jambes. Impossible de cacher les vagues de licenciements successives qui sévissent depuis plusieurs années dans l’industrie du surf. Nous avons un problème et il n’est plus question de continuer à

faire semblant. Dans le déni est notre perte. Les défis qui s’ouvrent à nous sont titanesques, mais ils commencent tous au même point : l’acceptation qui nait de la prise de conscience. Et, même si ce n’est que le premier pas d’un long parcours, il n’est pas moins prometteur pour autant. Pour la première fois, je vois un changement très positif en gestation. Frédéric Basse, président de l’EuroSIMA, s’attaque avec courage à un autre grand tour de force, celui d’une remise en question fédérée, humble, sans langue de bois…digne de nos valeurs. L’industrie du surf commence à accepter son espace de fragilité, sans honte. Les générations de dirigeants et managers qui créent le noyau dur de l’EuroSIMA commencent à réaliser la force de leur union. Et l’industrie du surf se pose les bonnes questions. Elle veut s’en sortir et elle va s’en sortir. C’est le début du renouveau. Il est peut être tôt pour le voir de l’extérieur mais, l’industrie, en tant qu’unité fédérée, veut reprendre son destin en main. Un genou à terre, elle vient de dire merde au passé et elle est prête à se relever. La nouvelle dynamique incitée par l’EuroSIMA va changer beaucoup de choses. Je suis fier d’en faire partie mais je veux aussi être fier du résultat final. Nous vivons une époque historique. Qui vient avec nous pour oser se tromper…ou réussir ? Toujours de côté, Iker Aguirre

SOMMAIRE P.11 BREVES

P.43 SKATE CRUISERS 2013/14

P.15 RETOUR SUR LES SALONS

P.47 PRODUCTION SNOWBOARD

P.17 SALONS A SUIVRE

P.51 CONTROVERSE : LE CYCLE DES MARQUES

P.19 DETAILLANT DU MOIS : SB3

P.52 PROFIL DE MARQUE : SANUK

To Subscribe www.boardsportsource.com [email protected]

P.20 TENDANCES : MAILLOTS FEMME 2014

P.54 PROFIL DE MARQUE : PERUS CREW

P.24 DU CORE AU GRAND PUBLIC

P.56 PROFIL DE MARQUE : EVOA

Publisher [email protected]

P.27 LE MARCHE DE LA LUNETTE

P.59 NOUVEAUX PRODUITS

P.31 ACHETEUR DU MOIS : BERTOLA

P.68 VEILLE DES MARCHES

P.32 NOUVEAUX PRATIQUANTS SKATE

P.70 EVENEMENTS

P.34 INTERVIEW GRAND PONTE : NAPCO

P.71 L'ŒIL DU CYCLOPE

Germanic Markets Advertising [email protected] Accounts Manager [email protected]

Published by Extreme Sport Business 22 Friars Street, Sudbury Suffolk, CO10 2AA. UK Boardsport SOURCE is published bi-monthly © Extreme Sport Business All Rights Reserved

P.37 TENDANCES : SURFWEAR HOMME 2014

PHOTO DE COUVERTURE : Nathan 'Noodles' Webster, RVCA Global Marketing Manager

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BRÈVES

#66

BILLABONG

ASSURE SON AVENIR L’information que tout le monde attendait vient d'arriver, Billabong a passé un accord avec Altamont Consortium, qui lui permettra d'assurer sa situation financière à long terme. L'accord de refinancement a surpassé une autre proposition de financement concurrente provenant d’un consortium dirigé par Sycamore Partners. Les fonds vont permettre à l'entreprise de répondre à ses besoins en capital et de payer ses dettes en offrant à Billabong une structure de capitaux flexible pour lui permettre de stabiliser ses affaires, de couvrir ses coûts structurels et de permettre au management de se concentrer sur le développement de la forte participation de la marque Billabong et sur les entreprises de son portefeuille. L'accord comprend trois parties, un pacte de refinancement, la vente de Dakine et des changements dans l'équipe managériale. Le président de Billabong, Ian Pollard, commente : "Il s'agit des meilleures conditions dont nous disposons et elles apportent une certitude quant au futur de l'entreprise, les actionnaires existants, plutôt que d'être complètement évincés, s'exposent sur 60% de gains de valeur de la société." Dans le cadre de l'accord, Billabong a déjà entièrement remboursé ses facilités de crédit syndiquées préalables à l'accord, qui étaient possédées en majeure partie par les acheteurs de dette décotée Centerbridge Partners et Oaktree Capital Management aux US. Cela a été réalisé par un prêt relais de 294 M$ US et par la vente de Dakine. De plus, un financement sur le long terme est disponible dans les conditions de prêt d’Altamont Consortium, ainsi qu’une dette convertible et un crédit revolving fournis par GE Capital. Le prêt relais, qui est engagé jusqu'au 31 décembre 2013, encourt un intérêt de 12 % par an et sera refinancé par le financement à long terme. Dans le cadre du prêt relais, Billabong s'est accordée à distribuer 84 519 582 options à Altamont Consortium, pour un montant de 15 % du capital des parts de l'entreprise en circulation. Elles seront acquises dans de multiples tranches de crédit, la première tranche d'options ayant déjà été distribuée. Pour le financement à long terme, Billabong a signé une lettre d'engagement avec Altamont Consortium, pour un emprunt à terme de 254 M$ US, constitué d'un engagement de base de US$200M à 12 % par an et d’un engagement supplémentaire de 54 M$ US à 10 % par an. En plus de l'emprunt à terme, Billabong a aussi signé une lettre d'engagement pour distribuer 40 M$ US de dette convertible à Altamont Consortium. Cela se convertira en parts ordinaires intégralement payées dans l'entreprise au prix d'exercice d'environ 0,213 $ US par part, ce qui représente 25 % des actions en circulation après dilution. Billabong a aussi signé un engagement avec GE Capital pour un crédit revolving sur les actifs jusqu'à 160 M$ US, sujet à suffisamment de participation de comptes éligibles et d'inventaire faisant office de garantie. Dans le cadre de l'accord, Dakine, la marque d'équipements de sports d'hiver, de bagages et d'accessoires, a été vendue à Altamont pour un prix de 70 M$ AU. Dakine est dorénavant totalement indépendante de GSM,

François Carette s'étant totalement retiré de la présidence, et Leslie Lane endossant maintenant le rôle de président-directeur général. Avant de rejoindre Dakine, Lane a été partenaire d'exploitation chez Altamont Capital, dédié aux affaires de Ventes et de Clientèle. Avant cela, il a été cadre supérieur pendant plusieurs années chez Nike Inc. L'image générale, les produits et le personnel, la performance financière et la situation saine de la marque aujourd'hui, ainsi que son potentiel de développement, ont joué des rôles clés dans leur décision d'acheter Dakine. Emmanuel Debrueres, responsable marketing de Dakine Europe, indique qu’Altamont permettra à Dakine d'avoir un rôle bien plus important maintenant qu'elle en a les ressources. Altamont a confirmé son soutien quant à l'entrée récente de Dakine sur le marché des vêtements de sports d'hiver avec, pour objectif, de devenir leader dans le business du plein air progressif. Bien que Billabong ait confié la vente de sa marque de vêtements pour enfants canadienne West 49 à la banque d'investissement spécialisée Financo, Ian Pollard, le président de Billabong, indique que la décision finale concernant cette vente n'a pas encore été prise. Il a également exclu la cession de toutes les autres marques détenues par le détaillant : "Je n'anticipe aucune vente d'actifs supplémentaires, nous avons maintenant un financement souple sur cinq ans qui nous donnera le temps de transformer correctement les affaires", ajoute M. Pollard. Un certain nombre de changements dans le management sont en cours. Le PDG précédant l'accord, Laura Inman, a quitté la société juste après 13 mois de direction. Son remplaçant en tant que PDG et directeur du management de Billabong devrait être M. Scott Olivet. Scott est un dirigeant bien vu dans le milieu des sports d'action. Il était auparavant président et PDG d’Oakley, Inc. et, avant cela, a travaillé en tant que vice-président de filiales et du développement de nouveaux contrats chez Nike où il a dirigé le portefeuille des marques autres que Nike, comprenant Converse et Hurley. Plus récemment, il a été président de Collective Brands, où il a dirigé la revue stratégique et les split sales de la société. Olivet travaille en tant que consultant de l'entreprise jusqu'à sa prise de fonction officielle et Peter Myers assure le rôle de PDG à court terme. Dans le but de refléter de manière encore plus adéquate son investissement significatif dans la société, Altamont a nommé deux représentants au conseil de Billabong : Jesse Rogers et Keoni Schwartz. Jesse Rogers est cofondateur et directeur général d'Altamont. Auparavant, Rogers a été partenaire à long terme chez Bain & Company, où il a fondé la Global Head of Bain’s Private Equity Group. Keoni Schwartz est cofondateur et directeur général d'Altamont. Avant Altamont, M. Schwartz a aussi travaillé en tant que consultant dans les bureaux de Bain & Company, à Boston et San Francisco. Pendant ce temps, Paul Naude, qui a dirigé les opérations américaines de Billabong pendant 15 ans et a été un membre clé de l'équipe dirigeante de Billabong, est parti pour poursuivre d'autres opportunités.

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BRÈVES

#66

ADIDAS ÉCONOMISE DES PRO SHOP : ACTUS, MILLIONS EN UTILISANT DES AGENDA ET LIEU ÉCHANTILLONS VIRTUELS

PATAGONIA EUROPE ELECTRIC NOMME RENFORCE SES ÉQUIPES CAZOTTES DIRECTEUR COMMERCIALE ET MARKETING GÉNÉRAL, EMEA

Adidas s'est épargnée la création de plus d'un million d'échantillons physiques depuis 2010, en développant des images 3D de produits dans le processus du sell-in. Toutes les usines spécialisées Adidas sont maintenant entraînées et capables de produire un gros volume d'échantillons virtuels de grande qualité. Grâce à la virtualisation, Adidas économise des ressources et de l’argent, en réduisant ses déchets matériels, ses transports et ses coûts de distribution. Et, avec moins d'échantillons envoyés par avion autour de la planète, elle réduit aussi ses émissions carbone. Adidas a commencé à étudier le concept dès 2004 alors qu'elle s'observait comment l'industrie automobile utilisait les fichiers CAD pour accélérer les vitesses de développement et baisser les coûts. Elle a rapidement compris qu'elle devait développer sa propre technologie pour capturer les textures complexes de ses vêtements et de ses produits. Alors que, jusqu'à maintenant, elle s'est principalement concentrée sur le processus de sell-in, Adidas est en train d'évaluer si ses designers seront capables de designer en 3D dès le début du processus de création. Les développements futurs amèneront la virtualisation au client, dans l'environnement de vente sur le plan international, en utilisant des murs virtuels et des écrans tactiles de pointe.

Depuis l'arrivée de Stefan Wahlen, en juillet 2012, Patagonia Europe a été restructurée en quatre régions et a développé sa force de vente. Les directeurs commerciaux régionaux de Patagonia sont : Fréderic Mouyade pour la France, la Suisse, l'Espagne, le Portugal, le Benelux et la Turquie, Norbert Sandner pour l'Allemagne, l'Autriche et l'Europe de l'Est, Andrea Tomasini pour l'Italie, la Russie et le Moyen-Orient, et Jonathan Petty pour l'Angleterre et les pays scandinaves, avec pour mission de soutenir et d'investir dans leurs partenaires et revendeurs clés. Philip Lang, en Allemagne, et Andrew Foster, en Angleterre, ont rejoint l'équipe pour travailler avec des cliniques et des centres d'enseignement pour le personnel des magasins. De plus, Julien Alauzen a été embauché en tant que représentant pour le Nord de la France et Dennis Meyers, en tant que Directeur des Ventes Europe. Joakim Gip est le nouveau directeur marketing Europe. Joakim, qui était précédemment directeur marketing de H&M, a occupé plusieurs postes chez Ikea US et Canada pendant plus de huit ans, et a passé quatre ans en tant que directeur marketing mondial chez Peak Performance. L'année fiscale 2012/2013 s'est avérée être la meilleure année pour Patagonia Europe. L'entreprise a réussi à boucler l'année avec un chiffre d'affaires de presque 43 millions d’euros et est maintenant prête à aller de l'avant avec une croissance plus substantielle. Patagonia, Inc. a bouclé ses ventes mondiales à 575 millions de dollars US. Pour la nouvelle année fiscale (FY14) qui commence avec les réservations de l'automne 2013, Patagonia Europe enregistre déjà une croissance de 20 %, ce qui est en accord avec les engagements nécessaires à la formation d’un business de 100 millions d'euros sur les trois prochaines années. L'année prochaine l'accent sera encore mis sur les marchés clés : l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et la région des Alpes. Patagonia investira pour accroître ses propres ventes et pour ouvrir de nouveaux magasins partenaires. L'objectif est de tirer profit de la présentation de la marque aux clients et ce, dans tous les réseaux.

ALTOR RACHÈTE ROSSIGNOL Altor Equity Partners est en train de racheter une part majoritaire à 80 % du groupe Rossignol, via le fonds Altor Fund III. La direction de l'entreprise, Weber Investment et la famille Boix-Vives, qui possédait Rossignol de 1955 à 2005, prennent les 20 % restants. La transaction nécessite un accord final des autorités gouvernementales et sera achevée avant ou pendant le quatrième trimestre 2013. Altor a l'intention de se concentrer sur la croissance des catégories existantes ainsi que des nouvelles, et utilisera son expérience du redressement de la marque d'équipement de plein air Helly Hansen, qu’Altor a rachetée en 2006. Depuis sa création en 1907, l'entreprise a eu de nombreux propriétaires, de Laurent Boix-Vives qui rachetait Rossignol en 1955, à Quiksilver en 2005 et Chartreuse & Mont Blanc détenue par Macquarie en 2008. Rossignol détient six marques de sport d'hiver : Rossignol, Dynastar, Look, Lange, Kerma et Risport et l'entreprise fait état d'un chiffre d'affaires de 210 millions d’euros en 2012, et comptabilise 1200 employés.

Le shop de démo sur neige italien Pro Shop Test a annoncé qu'il changerait d'emplacement pour la quatrième édition à venir. L'événement aura lieu, cette année, à Bardonecchia, puis à Andalo les autres années, en réponse aux demandes des exposants et des revendeurs de rendre le test plus accessible à tous les revendeurs de snow italiens. Les dates pour l'événement 2014 sont les 19, 20 et 21 janvier, et Pro Shop continuera de rassembler les acteurs principaux de l’industrie du snowboard italien.

BOA RECRUTE Boa Technology a embauché Alois Badegruber pour diriger ses ventes, son marketing et ses services basés en Europe. Badegruber travaillera avec le fondateur de Boa, Gary Hammerslag qui, plus tôt cette année, a déménagé sur le continent pour se concentrer sur la croissance de Boa sur les marchés européens, africains et au Moyen-Orient. Après une croissance constante en Europe pendant plusieurs années, de la main-d'œuvre supplémentaire est nécessaire pour que la marque passe un cap. Badegruber, originaire d'Autriche, a récemment travaillé pour Puma en tant que directeur du merchandising pour les chaussures en EAMO ; avant il était directeur du marketing produit international pour les chaussures MBT. Il a été auparavant account manager et spécialiste produit chez W.L. Gore & Associates et a travaillé pour Salomon pendant huit ans à la direction internationale produit.

VOLCOM S’AFFRANCHIT DU MOTOCROSS Volcom va se concentrer sur les sports fondamentaux, sur lesquels la marque s'est construite depuis 20 ans, et s'affranchir du motocross. La marque a officiellement lancé son programme motocross en 2009 et rassemble un team impressionnant d'athlètes internationaux, comprenant la superstar Ryan Villopoto. Première entreprise qui a officiellement mélangé les trois sports de glisse primaires depuis le début, Volcom se dévouera dorénavant au skate, au snowboard et au surf, ainsi qu'à la musique et à l'art. Jason Steris, le PDG de Volcom commente : "dans un marché mondial de plus en plus spécialisé et compétitif, il est impératif que nous continuions à simplifier le message marketing de Volcom afin que nous puissions atteindre une différenciation et une amplification de notre message maximales, et donc aller de l'avant en dirigeant tous nos efforts sur les sports de glisse est la bonne chose à faire pour Volcom sur le long terme."

LE COFONDATEUR DE BODY GLOVE ET PIONNIER DE LA COMBINAISON DÉCÈDE À 84 ANS

OAKLEY NOMME OLIVIER CANTET

Bob Meistrell, waterman, aventurier et cofondateur de Body Glove International et de Dive N' Surf Inc., qui aurait eu 85 ans le mois prochain, est décédé d'une attaque cardiaque alors qu'il revenait de Catalina sur le bateau principal de la course de Paddleboard Rock 2 Rock. Bob a aidé à créer la "surf culture", en commençant par designer, fabriquer et vendre les premières combinaisons en néoprène commercialement viables. Bob a été l'un des trois watermen intronisés dans le Surfers and Divers Hall of Fame.

Olivier Cantet est le nouveau directeur des opérations en EAMO. Sa carrière inclut un passage en tant que directeur général adjoint chez Lafuma, avant d'arriver chez Rip Curl, en 2003, en tant que PDG des activités européennes, et PDG des opérations en EAMO, en 2009. Cantet a quitté Rip Curl en janvier cette année, après que le groupe ait annoncé une restructuration majeure en Europe. Il prend la place de Frank Heissat qui a quitté l'entreprise il y a plusieurs semaines, pour rejoindre Le Coq Sportif en tant que PDG.

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Anthony Cazottes a été promu directeur général EAMO, alors qu’il était directeur des ventes dans la zone EAMO. Il a commencé sa carrière dans l'industrie des sports de glisse chez Quiksilver Europe, où il a passé six ans à faire du développement et à faire croître la marque. En 2004, quand Quiksilver a racheté DC shoes, Anthony a été recruté pour diriger les ventes, et a été pionnier du concept de Corner dans le business spécialisé du skate. Puis, en 2008, Anthony a restructuré l'équipe de vente chez Nixon Europe. Avant de rejoindre Electric, il était directeur des ventes chez Oxbow. Electric propose maintenant des lunettes, des montres, des masques de snowboard, des casques de snowboard, des sacs à dos, des bagages et des accessoires.

XSORIES REJOINT ULTRA SPORT EUROPE Ultra Sport a ajouté XSories à la liste des marques qu'elle distribue au Royaume-Uni. Auparavant, XSories était distribuée directement depuis son siège social en France mais, à présent, ses opérations au Royaume-Uni seront centralisées dans les bureaux d'Ultra Sport dans les Midlands. XSories est un leader sur le marché qui fournit des accessoires de caméras, un des secteurs chauds sur le marché des sports d'action, avec une gamme étendue, innovante et en développement.

LA CAMPAGNE JUST DO IT RACHAT DE ONE INDUSTRIES DE NIKE FÊTE SON 25ÈME ANNIVERSAIRE La société de financement par capitaux propres basée à Los Angeles, le groupe Transom Capital, a racheté ONE Industries. La transaction permettra à ONE Industries d'étendre sa position de leader dans les industries du motocross et du VTT, et de continuer à développer des produits primés. Russell Roenick, le directeur général de Transom Capital, ajoute : "nous croyons vraiment que les sports mécaniques sont prêts à voir un rebondissement majeur et que le VTT continuera d'être un domaine en croissance. Quoi de mieux pour participer à ce secteur que de racheter les quatre marques de première qualité que sont ONE, SixSixOne, Sunline, et TAG Metals.”

La campagne "a démarré humblement avec une pub Just Do It". Le spot au style dépouillé suivait Walt Stack, 80 ans, sur le Golden Gate Bridge alors qu'il faisait son footing quotidien de 27 km, tout en expliquant sa routine avant que la pub ne se fonde dans un écran noir sur lequel était simplement écrit : "Just Do It". Le slogan créé par Dan Wieden de Wieden + Kennedy Advertising a, depuis, eu un fort impact sur les marques de l'industrie des vêtements de sport.

UN NOUVEAU PROPRIÉTAIRE NOUVELLE RECRUE POUR NATIVE SHOES MARKETING CHEZ DWINDLE Scott Hawthorn, un des fondateurs de l'entreprise, et un petit groupe d'investisseurs privés ont racheté Native Shoes. Hawthorn, qui est très impliqué dans la marque depuis sa création, passe d’acteur à PDG à plein temps. Darren Hawrish, dirigeant dans l'industrie du vêtement et détaillant chevronné, est dorénavant président de l'entreprise. Hawrish supervisera les ventes, les opérations, la production, la conception, le marketing et la finance, depuis le siège social de Native à Vancouver. Il guidera aussi les opérations internationales de l'entreprise et la stratégie de croissance internationale. Native est basée à Vancouver, en Colombie Britannique, et est actuellement distribuée dans plus de 45 pays.

Scott Howes est la nouvelle recrue marketing EAMO de Dwindle. Scott a travaillé au sein de l’équipe commerciale Dwindle UK avant de rejoindre l'équipe marketing plus tôt dans l'année pour travailler avec Sami Seppala afin de garantir une transition efficace. Scott a skaté pour Enjoi dans le team UK avant de rejoindre les bureaux de Dwindle. Sami s'en va après avoir fait partie intégrante d'une équipe qui a fait de Dwindle l'entreprise numéro un de matériel dans la zone EAMO. Parallèlement, Dusters est devenue la marque Dwindle qui a la plus forte croissance et elle vient de sortir des planches Jimi Hendrix et The Doors.

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retour sur les salons

RETOUR SUR LES SALONS BBB PLUS VIDE

Nous sommes arrivés dans un Berlin ensoleillé pour le premier jour du Bread and Butter, et avec le salon Bright ouvrant le jeudi suivant. Mais le BBB n'était pas aussi bondé que d'habitude, le géant de la Berlin Fashion Week ressent le pincement qui affecte partout le milieu de la distribution. Les marques ont noté que le nombre de visiteurs était inférieur à celui des étés précédents, mais les organisateurs ont attribué ce fait au tarif d'entrée à 500 € que les visiteurs, non affiliés à une marque ou à un revendeur, devaient payer. Il ne fait aucun doute que ce montant exorbitant a fait que tous les gens concernés ont fui le salon et que les visiteurs restants étaient de plus haut niveau. Mais des passerelles

BRIGHT : SURPRISE

Après le premier jour au BBB, nous nous attendions à ce que le salon de Bright soit aussi calme que le BBB, mais nous avons été agréablement surpris. Le salon était aussi rempli que l'été dernier, et le lieu des événements skate étant à distance du salon, cela signifie que leur impact sur le nombre de personnes sur place était significativement réduit, ce qui a permis au salon de réunir les gens vraiment concentrés sur le business. C'était le premier événement estival organisé dans le nouveau lieu plus central à Berlin. L'ambiance était au top comme on peut s'y attendre l'été à Berlin, mais les détaillants ont fait état d'un business toujours très difficile et l’été étant arrivé en retard en Europe a impliqué que les revendeurs n'ont pas pu vendre leurs stocks ni générer suffisamment de trésorerie pour passer les commandes suivantes. 55 % des visiteurs venaient d'Allemagne, suivi par des visiteurs du Royaume-Uni et des Pays Scandinaves. Le nombre de visiteurs d'Europe du Sud semble aussi avoir augmenté, selon Mathieu Tourneur, responsable du marketing international pour Bright. En déplaçant les options de restauration à l'extérieur et en convertissant les espaces artistiques intérieurs en espace d'exposition, le salon a abrité plus de marques que le salon hivernal. Les nouvelles marques sur le salon comprenaient Rockwell du magasin Parra en Hollande, les vêtements Addict et Colorwear, avec la plus importante de leur gamme jusqu'à ce jour ; il était aussi intéressant de voir le retour de Vision streetwear. Le salon abrite principalement des marques de streetwear, ce qui le rend plus attrayant pour un groupe plus étendu de revendeurs. En fait, si vous voulez avoir un aperçu de ce qui se trame dans la mode jeune et urbaine, alors Bright est le meilleur des salons de la fashion week de Berlin. Comme avec le BBB, les marques exposant à Bright ont eu l'impression d'être dans le bon salon. Adidas a profité de l'occasion pour fêter ses 15 ans de partenariat avec Gonz, en organisant une exposition d'art et une avant-première de films. Nous avons croisé beaucoup de visages en provenance des États-Unis, puisque les marques basées aux US ont utilisé le salon pour leurs meetings distributeurs. Comme d'habitude, les activités supplémentaires se sont enchaînées – c'est le cas si vous n'avez pas été distraits par les soirées berlinoises habituelles. La fête d'ouverture avec Muschi Kreuzberg, au légendaire Casino 36 sur un toit à

complètement vides, ça ne fait pas bonne impression. Pourtant, la plupart des exposants auxquels j'ai pu parler ont ressenti que c’est la meilleure plate-forme à laquelle participer, même si ça n’est plus ce qu'ils ont pu connaître auparavant. Le nombre de stands a aussi remarquablement diminué avec plus d'espaces publics et de restauration. Il est peut-être temps de repenser tout ça ? Peutêtre qu’il faudrait songer à revenir à Barcelone ou bien essayer Lisbonne ? Les tendances des salons indiquent que la mouvance en vogue pour l'été prochain sera "Surf & Beach " et que les baskets reviendront en force. Alors le marché se relance-t-il ?

Kottbusser Tor, a lancé les hostilités. Donnant le coup d'envoi des événements annexes, le Red Bull Bomb The Line est revenu au Kulturforum avec sa course de downhill, le double set bien connu, le rail de huit marches en bas, dans lieu unique en plein centre de Berlin. Parmi les 50 skateboardeurs stars, c’est Alec Majerus qui a remporté le grand prix avec la meilleure combinaison de tricks devant 6 000 spectateurs. Le soir du 4 juillet, une grande foule s'est rassemblée sur les bords de la rivière Spree, à l'extérieur du siège social de MTV Europe, à 2 km du salon, pour observer 24 des meilleurs skateboardeurs lors de l'événement très original Bright Shipwreck. La compétition s'est tenue dans une péniche vide avec des murs intérieurs en pente, et a vu le suédois David Stenstrom remporter la première place, avec Alex Sorgente et Oskar Rozenberg le suivant de près à la deuxième et à la troisième place. Pour la soirée de clôture, Bright a investi le Kater Holzig, lieu de fête emblématique de Berlin, et a transformé cette zone de plein air en une piste de skate pour la soirée. La compétition "Winner-takesall" a pu voir 16 des plus grands noms européens se tenir tête sur cette course chronométrée. Finalement, le Hollandais Nassim Guammaz a remporté le prix après une finale épique contre Oskar Rozenberg. Au petit matin du dernier jour, les participants du Bright se sont retrouvés assis sur les bancs et les rives, le long de la rivière. Le salon a aussi été le lieu du lancement du blog des agendas Bright Diaries, une nouvelle plate-forme médiatique pour la mode, l'art, la musique, les sports et tous les visages du lifestyle. Parallèlement au blog, le tout premier numéro imprimé des agendas présente une sélection essentielle de l'art autour de Bright. En parlant aux détaillants de Bright qui se sont rendus sur d'autres salons, ceux qui sont allés à Premium semblaient contents de la manière dont a évolué le salon. Nous nous sommes rendus sur la Capsule mais, même si l'espace architectural est génial, le concept racks de vêtements et petites tables fait que les marques ne peuvent pas se différencier les unes des autres, vous devez donc savoir ce que vous venez y chercher. Avec les problèmes qui sont apparus au salon BBB, il sera intéressant de voir quelles sont les marques qui migrent au Bright pour le salon de l'hiver prochain.

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les salons à suivre

LES SALONS À SUIVRE

LE SALON LEDGE D’ÉTÉ, À LONDRES, DU 1ER AU 3 SEPTEMBRE 2013 Le Ledge revient au National Hall, à l'Olympia de Londres, pour trois jours d'échanges, et recevra aussi les UK Mini Ramp Champ Series. Mis à part le Bright à Berlin, le Ledge est le seul salon estival européen à réunir une section si importante du marché du skate et du street. Au cours des deux dernières années, le salon a construit une base très solide et attire maintenant un plus grand nombre de marques que tous les précédents salons du Royaume-Uni qui ciblaient ce marché. Plus de 200 marques sont réparties entre le Streetwear Village et l'espace d'exposition traditionnel du Ledge. Lancé sur le dernier salon au même moment l'année dernière, le Streetwear Village accueillera, une fois de plus, des marques comme King Apparel, HUF, DGK, Diamond Supple Co, Any Forty et bien d’autres, leur offrant l'opportunité de mettre en valeur leurs collections dans leurs propres zones, uniques et trépidantes. Parmi les marques de retour au salon cette année, on compte : Nike, Blacklabel, Element, Hurley, Independent, Osiris, Santa Cruz, Zoo York, King Apparel, Huf, DGK et Diamond Supple Co, pour n'en citer que quelques-unes. Le Ledge est fait pour une large gamme de budgets et offre une variété d'options de stands, ce qui donne aux jeunes marques en devenir une opportunité vraiment accessible d'exposer, et qui a pour vertu de permette à l’acheteur de voir une grande diversité de marques. Matt Law, directeur du salon ajoute : "le Ledge a continué à croître saison après saison et se targue aujourd'hui d'une plate-forme de marques solides de sports d'action et de streetwear. Nous sommes continuellement à l'écoute

des marques qui nous soutiennent et, en septembre, nous avons encore adapté le salon afin de répondre aux besoins de l'industrie." Cette saison, le Ledge a introduit des espaces de lancement dédiés aux nouvelles marques, les Mini New-Brand Launch Stalls, juste à côté des Ez-up options, des Mini Action Sport Stalls, des Shell Scheme stands et des Streetwear Stalls, offrant aux exposants la souplesse d'habiller leur stand afin de s'adapter aux besoins individuels des marques. Le UK Mini Ramp Champ Series du salon est un événement ouvert et sera constitué de deux catégories : les moins et les plus de 16 ans, luttant toutes deux pour le butin et pour une sélection de prix. L'événement aura lieu le dimanche, avec un entraînement de 10h00 à 12h00, et le départ des compétitions à 12h30. La compétition se déroulera sur 2 runs, et le meilleur des 2 sera retenu. Pour les inscriptions, envoyer un email à [email protected]. Cette édition estivale prouvera, une fois de plus, qu'une véritable évolution s'est mise en place sur cinq courtes saisons. Les marques exposantes proposeront un mélange exhaustif de différents types de produits, parmi lesquels des vêtements pour enfants, des vélos, des chapeaux, des accessoires de mode, du ski et du snowboard, du surf et du swimwear, du lifestyle, du motocross, des lunettes, des arts martiaux et des sous-vêtements, ce qui continuera, sans aucun doute, à attirer les plus grandes marques et les plus gros acheteurs du marché des sports d'action du Royaume-Uni. www.londonedge.com/the_ledge/

SURF SUMMIT ET WATERMAN’S BALL, HOSSEGOR, 3 ET 4 OCTOBRE La 12ème édition du Surf Summit annuel de l’EuroSIMA se déroulera les 3 et 4 octobre au casino d’Hossegor, pendant le Quiksilver Pro. Cette année, dans l'esprit du progrès et de l'innovation, le programme du Surf Summit 2013 a été développé pour deux publics : les employés des entreprises de sports de glisse et, pour la première fois, les revendeurs. L'objectif est d'offrir l'opportunité à l'industrie comme aux revendeurs de créer un réseau et de débattre. Le premier jour de la conférence traitera des sujets liés au marché des sports de glisse et aux défis technologiques d'un futur proche. Les sujets comprennent : Shaun Tomson, le champion du monde de surf 1977 et consultant d'affaires, discutant du pouvoir de l'engagement et de la pensée positive à travers son expérience personnelle de surfeur ; les signaux numériques et les tendances internationales des nouvelles technologies et d'Internet, par Antoine Chotard, auteur du livre "Les Signaux Numériques" ; un panorama de l'étude consommateurs européenne EuroSIMA 2013 ; et le "Global Boardsports Market Estimate" par Renaud Vaschalde du groupe NPD. Tout cela se terminera par des bières et une projection du film de surf "Isolated", vainqueur du Festival International du Film de Surf 2013 d'Anglet. Le deuxième jour démarrera par une session surf, tôt le matin, et sera dédié à l'évolution de la distribution des sports et à l'innovation à travers les

modèles d'entreprise, et présentera un panel de revendeurs qui débattront de "l'évolution de la vente dans les sports d'action de demain". Les sujets abordés : "l’innovation dans les modèles d'entreprise" par Maximilien Brabec de Navatégie, consultant en stratégies et modèles d'entreprise de l'association Progrès Management, "les évolutions majeures de la distribution européenne dans le sport" par Frédéric Tain de Sport-guide. com, puis "l’E-Commerce et comment les revendeurs peuvent en bénéficier" par Sven Horstmann, GM chez Planet Sports. Comme toujours, le salon se terminera en beauté par le traditionnel Waterman's Ball, le vendredi 4 octobre au soir, à Hossegor. Les participants sont invités à adopter le dress code "Guinguette" : pensez ambiance vintage d’un bistro estival français en plein air, ayez de l’imagination et soyez fun ! La soirée accueillera la cérémonie des EuroSIMA Industry Awards faisant honneur aux entreprises, aux athlètes et aux personnalités, pour leur contribution remarquable au développement de l'industrie des sports de glisse en Europe. Le programme complet et détaillé du Surf Summit et du Waterman’s Ball est disponible sur www.euroSIMA.com www.eurosima.com

FLIP, BIRMINGHAM, 11-13 AOÛT La troisième édition de la zone FLIP dédiée aux marques de vêtements et de chaussures lifestyle sports d'action, street et urbains, se tiendra sur le Moda, le salon de mode bien établi du NEC Birmingham, du 11 au 13 août. Les marques de la zone comprendront : Animal, Billabong, Carve, Got Wood, Independent, Marley, O'Neill Footwear, Osprey, Santa Cruz, Timezone et Urban Beach. Il s’agit vraiment d’un salon destinés aux produits textiles, pour des marques qui

cherchent à générer des retombées, avec 12 000 visiteurs attendus sur ce salon bien établi dans le calendrier de la mode, offrant ainsi aux acheteurs de mode la chance de voir les dernières offres des marques de street et de sports de glisse, tout en profitant de leur base de marques habituelles. www.moda-uk.co.uk/Flip

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detaillant du mois

SB3 / HOSSEGOR / FRANCE GAGNANTS DU OAKLEY SURF SHOP TOUR 2013 SB3 vient d'être couronné champion du Oakley Surf Shop Tour, ce qui signifie qu'ils sont maintenant en route pour Bali pour obtenir leur prix. Nous avons discuté avec le team de ce surf shop d’Hossegor pour comprendre les facteurs de leur réussite à l’eau, et comment ils déclinent ce succès dans leur activité de vente. Age du Shop (nombre d’années de vente) : 12 Marques en stock : En tant que magasin, nous avons en stock plus de 50 marques, comprenant des grandes comme : Volcom, Insight, Oakley, DC, Hurley, Nixon, Billabong, Pull in, Nikita, Ezekiel, Candy for Richmen, Olow, Roxy, Quiksilver, Rip Curl, Element, et RVCA, etc. Tout d'abord, racontez-nous un peu votre victoire au Oakley Surf Shop Challenge 2013 à Saint-Sébastien ? Nous avons d'abord gagné la série régionale à Biarritz, ce qui nous a ensuite permis de participer aux finales européennes, qui se déroulaient à SaintSébastien, en Espagne. Ensuite, nous partons pour Bali en Indonésie. Nous avons battu l'équipe du shop Pukas en finale, ce qui nous a vraiment motivés parce que c'est une très bonne équipe. Mais, au final, tout ça est juste un bon moment de plaisir ! Pensez-vous qu'en participant à des compétitions comme le Oakley Surf Shop Challenge, vous vous attirez plus de reconnaissance ? Oui c'est sûr, Oakley est une grande marque et, avec tout le marketing qu'ils ont mis en place pour le Surf Shop Challenge, nous étions sous les feux de la rampe. Quel pourcentage de vos ventes provient de la vente en ligne par rapport à vos ventes physiques en magasin ? Pour le moment, c'est difficile à dire, parce que nous venons juste de lancer la boutique en ligne. Mais dans peu de temps, nous allons proposer du discount en ligne, ce qui va sans aucun doute nous aider. Quels sont les avantages d'avoir un magasin physique

par rapport au fait de n'avoir qu'une boutique en ligne ? Comme je le disais, nous n'avons pas encore de magasin en ligne, il est donc difficile de faire la comparaison, et nous voyons le magasin en ligne comme un moyen de mieux toucher le marché, alors que les clients qui ont besoin d'une expertise viendront toujours nous voir au magasin. Nous avons remarqué que, parallèlement à votre magasin, vous avez aussi un dépôt. Comment cela contribue-t-il aux ventes globales du magasin ? Le dépôt donne aux gens l’opportunité de s'habiller de manière différente. Avez-vous plus de personnes venant au dépôt ou au magasin SB3 lui-même ? Si nous prenons en considération le chiffre d'affaires sur l'année, nous avons eu à peu près le même nombre de clients au dépôt que nous avons eu au magasin SB3. Mis à part les vêtements que vous avez déjà en stock, y a-t-il quelque chose en particulier que vous aimeriez avoir en plus et que vous n'avez pas encore ? Nous vendons ce que nous sommes capables de vendre mais, selon les nouvelles tendances, nous sommes maintenant prêts à commencer à vendre d'autres stocks : du ski, du BMX ou même des tenues évènementielles. Nous avons aussi un nouveau shop SB, Le Labo, au centre-ville d’Hossegor. Pensez-vous que SB3 soit différent des autres shops de glisse ? Si oui, pourquoi ? Effectivement, nous pensons que SB3 est différent des autres magasins parce qu'il est beaucoup plus gros, que nous vendons une très grande gamme de produits,

et que nous faisons très attention à notre service client. Quelles nouvelles tendances voyez-vous arriver en 2014 ? La tendance devrait être à la reprise économique ! Quel genre de conseil pouvez-vous donner aux revendeurs indépendants qui essaient de concurrencer les grands magasins ? Contrôlez votre masse salariale, ne commandez pas trop de stock et, surtout, établissez de bonnes relations avec les marques et leurs représentants. Que faites-vous pour attirer les gens dans votre magasin, du marketing local et des médias publicitaires ? Nous faisons beaucoup de publicité à la radio et nous utilisons des flyers et des posters, ainsi que l'ambiance des réseaux sociaux. Etes-vous confiant pour l’été à venir ? La météo, ici dans le Sud-Ouest de la France, a été vraiment horrible, mais elle commence déjà à changer, nous restons donc optimistes. Quelles ont été les trois catégories les plus vendues sur les 12 derniers mois ? Les T-shirts, les jeans et les chaussures (pour homme). Quelles sont les prochaines initiatives que votre shop prévoit de mettre en place ? (événements, dédicaces, réaménagements, etc.) SB3 signifie surf, skate et snowboard, nous avons donc l’intention d’organiser un événement autour de ces trois sports de glisse, l’année prochaine.

NOM DU SHOP : SB3 / LIEU: AVENUE DE LA TUILERIE, 40150 SOORTS-HOSSEGOR / SITE WEB : WWW.SB3-SHOP.COM

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trend report

tendances

RETOUR AUX RACINES & RETOUR VERS LE FUTUR MAILLOTS : TENDANCES PRINTEMPS/ÉTÉ 2014 Pour la saison prochaine, côté maillots, on trouvera de tout et pour tout le monde, avec des offres mix & match complètes, des imprimés nature et des couleurs vives, mais aussi des coupes d'inspiration vintage aux côtés de pièces plus féminines et raffinées. Tout en piochant du côté de la haute couture et en diversifiant les tendances, on assiste à un grand retour vers les racines du surf, avec des tenues plus fonctionnelles. Report par Anna Langer

La pratique du mix & match n'a plus rien de nouveau, mais il s'agit pourtant du leitmotiv au sujet des maillots de 2014, alors que la plupart des marques proposeront de déstructurer quasiment tous leurs ensembles. Transposer l'humeur du moment dans sa tenue est une affaire d'individualité et la "variété" sera le mot-clé de la saison, selon Body Glove. Ainsi, en 2014, les maillots seront sensés nous permettre d'exprimer au mieux notre individualité, nous laissant la possibilité de mixer hauts et bas, qu'il s'agisse de tailles différentes, de motifs ou même de sous-collections, comme par exemple mixer un bas sport avec un haut plus sexy, et vice-versa. Comme le résume parfaitement Volcom : "Nous voulons que la cliente puisse se créer un look aussi unique qu'elle-même".

Photo: O'Neill

COUPES ET SILHOUETTES À côté des dos-nus et autres hauts en triangle auxquels les principales marques (DC, O'Neill, Animal) accordent toujours autant de place, on trouve des bikinis qui lorgnent du côté de la haute couture, avec des maillots une-pièce sexy et des hauts façon bustier et soutien-gorge, ou encore des looks d'inspiration rétro et toute une gamme de hauts bandeau. Évoquant une nouvelle image de la féminité, à la fois sexy et sport, ces hauts bandeau vont du modèle à franges tout mignon (Animal) à des propositions plus sophistiquées voire alambiquées (Billabong, DC, Protest, Volcom, O'Neill) et même à une version plus sportive à une seule bretelle chez Insight. Ce qui nous amène à la seconde grosse thématique pour 2014 : un retour aux racines des sports dont sont issues ces marques. Animal a ainsi étendu sa gamme de hauts dos-croisés, alors qu'Insight s'est dotée d'une collection complète inspirée par les maillots des années 90, et enfin Fox s'est donnée un côté sexy avec "un haut

style soutien-gorge de sport et une poche à clés judicieusement placée au centre de la poitrine, tout comme des bretelles ajustables et des crochets de fermeture au dos. Sportives, mais sexy !". Concernant les tailles de bonnets, certaines marques ont décidé de s'occuper de celles qui ont été gâtées par la Nature, en plus des tailles XS à XL classiques. O'Neill propose davantage de modèles bonnet D "pour couvrir une demande en hausse". Rip Curl, Oakley et Protest font le même constat, cette dernière marque proposant même des bonnets E. De la même façon, Hive Swimwear a constaté "qu'un certain nombre de surfeuses aux poitrines opulentes devaient jeter un œil au rayon grand-mères pour trouver maillot à leur taille" et, par conséquent, la marque offrira non seulement des tailles D mais aussi DD pour que chacune s'y retrouve. La tendance sport se poursuit également sur les bas et quelques marques offrent de nouvelles coupes, comme c'est le cas du modèle Cheeky Pants de Rip Curl, ou encore du deux-en-un Butterfly Bottom de Fox et des Beehive Pants de Hive, qui ont la particularité de disposer d'un "cordon à la taille pour éviter de perdre son maillot même lors des canards les plus remuants". Pour ce qui concerne les bas, la plus grosse innovation revient aux Surf Leggings que vont lancer O'Neill et Roxy en 2014. Ces bas techniques à jambes longues sont déjà très populaires à l'eau aux États-Unis et en Australie. Ils ne servent pas qu'à protéger des rayons UV ou des irritations dues à la wax, mais sont aussi portés dans la rue pour sortir !

gorge, des bas de maillots moulants et des "Bikini Boardies" (Volcom) ainsi que toute une gamme de boardshorts. Oakley introduit la "Zero Distraction Technology", utilisant des matériaux et coupes qui font que le maillot ne bougera jamais, quelle que soit l'intensité de l'action, pour mieux vous concentrez sur votre pratique et éviter de passer votre temps à remonter votre haut ou enlever le sable de votre bas. Rip Curl, Fox, Body Glove et Animal possèdent chacune des modèles conçus pour le surf au sein de leurs gammes de maillots, plus ou moins mode ou sport, ainsi que des lycras et des boardshorts. "Nous sommes très fiers de présenter notre gamme "My Bikini" pour l'été, des modèles haute performance que nous avons développés en collaboration avec notre team surf professionnel, à savoir notamment avec Alana Blanchard, Tyler Wright, Bethany Hamilton et Pauline Ado", évoque Rip Curl. D'autres ont décidé de consacrer une souscollection entière à leurs modèles de maillots sport. Billabong poursuit ainsi sa collection Surf Capsule avec un large choix de combinaisons, de lycras et de shorts en néoprène, relativement proches de la gamme Surf Pop de Roxy et ses "tops lycra, leggings et bikinis spécial surf". S'appuyant sur sa gamme "Superkini" très étendue, O'Neill possède déjà une série de maillots destinés à la pratique du surf, qu'elle complètera néanmoins d'une gamme "365 Fitness" en 2014. "Une toute nouvelle gamme de modèles fitness conçus pour le sport ou le surf avec des pièces phare comme des surf leggings, des maillots rétro, des mini-boardshorts et des bikinis".

CONÇU POUR LE SURF Différentes approches se profilent lorsqu'il s'agit d'aborder les maillots techniques conçus pour le surf. Toutes les collections de Hive, DC, Nikita, Oakley et Volcom reposent sur un mode actif, avec des dos-croisés et des hauts typés soutien-

MATÉRIAUX ET TISSUS 2014 ne verra pas de grandes nouveautés en termes de tissu sur les maillots, mais on note l'arrivée de quelques initiatives techniques intéressantes. O'Neill lancera ainsi un revêtement "HyperDry nanotechnology" sur les coussinets intérieurs, créant

En ce qui concerne les bas, la plus grosse innovation revient aux Surf Leggings que vont lancer O'Neill et Roxy en 2014.

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ainsi "un nouveau type de coussinet qui absorbe moins d'eau et sèche plus vite". Le séchage rapide est également mis en avant sur le nouveau lycra Xtra Life, que Rip Curl a retenu pour sa collection de bikini "Mirage", tout comme son poids plume, sa longévité et sa mémoire de forme sans avoir recours à des matériaux amincissants, sans oublier ses coutures piquées. Enfin, grâce à la variante Ecotex du célèbre matériau Lycra, Hive se donne une bonne conscience écologique. Animal et O'Neill intègrent également les stretch multidirectionnels, déjà éprouvés sur les collections hommes, dans leur gamme de boardshorts féminins, et Nikita joue également sur cette souplesse accrue pour ses bas de maillots : "Nous avons beaucoup travaillé pour obtenir des matériaux résistants qui ont à la fois plus de stretch et de souplesse, afin que les filles qui portent des maillots Nikita se sentent en confiance, car ceux-ci ont été conçus pour l'action sans rien concéder au style". En dehors de ces nouveautés, les designers se sont davantage lâchés sur leur façon d'agrémenter les différents matériaux et tissus. La grosse tendance est aux variantes de crochets (Billabong, Body Glove, Volcom), au macramé (RVCA) et au tricot (Volcom). Body Glove intègre également le jacquard dans sa gamme, tandis que Billabong ajoute un nouveau tissu peau de pêche plus doux, le "Peach Touch". DÉGRADÉS ET COULEURS La palette de couleurs pour 2014 tend principalement vers le vif chez toutes les marques présentées. Nikita, Protest et Volcom complètent également avec quelques modèles en noir et blanc associés à des dégradés flashy. Volcom rejoint également Body Glove, Animal et Fox dans leurs choix de couleurs pastel, la touche "punk" en plus bien sûr. Chez RVCA, on ajoute également des tons plus terriens, alors que DC, Animal et Billabong s'essayent à un rouge qui "n'a pas eu beaucoup de succès" comme le notent les Australiens, mais "qui revient plus fort que jamais...", surtout s'il est associé à des touches de bleu (DC et Animal). DC présente également des coloris délavés, conjointement à deux modèles de shoes. La plupart des marques ont pioché leurs imprimés de bikini dans leurs lignes de vêtements et d'accessoires, à savoir des variantes d'imprimés à fleurs (vintage chez Billabong, en cachemire pour Protest, tropical chez Nikita, Roxy et O'Neill), de visions ethniques ("African Stamps" et "Animal Prints" pour Billabong, RVCA et Fox, "Astec Geometrics" pour Nikita, "Bali Vibes" chez Rip Curl, "Blurred Ikat" et "Mandala Prints" de la part d'Animal et O'Neill, et enfin "Brazilian Art" pour Protest et O'Neill) quand ils ne sont pas tout simplement associés sur le même modèle. N'oublions pas les classiques comme les modèles

Photo: O'Neill

"Nous voulons que la cliente puisse se créer un look aussi unique qu'elle-même." - Volcom.

de couleur unie, ceux à pois et à rayures que l'on retrouve chez Body Glove, Nikita, Oakley, Protest, Roxy, O’Neill, et Rip Curl. À côté de ces versions classiques, quelques nouveautés tout de même, comme des motifs rayés à chevrons chez Animal et sa version multi-couleurs chez Nikita. Ou, toujours dans l'esprit du mix & match, on trouve des fusions entre les genres, comme chez O'Neill avec "des teintures Ikat, des fleurs tropicales, des palmiers, animaux et scènes de la jungle sur l'intégralité du maillot, parfois juxtaposés ou mélangés avec des aplats de couleur". En dehors de ces principales tendances, le tie & dye est toujours présent sous diverses formes selon que l'on est chez Body Glove ou O'Neill, pendant qu'Insight utilise des dessins "cosmiques" et futuristes et que Fox place un nœud reprenant les motifs de sa gamme Moto X. D'autres penchent pour les motifs plus plage comme les "Bali Dancer", "Padang Padang", "Gipsy Queen" et "Molokai" dessinés par Rip Curl lors de ses meetings en Indonésie et à Hawaii, ou encore le "Native to Noosa" de Hive qui s'inspire du spot éponyme de Noosa Heads sur la Gold Coast australienne.

féminin bien sûr, mais incarner l'ADN de la marque dans des coloris et motifs gais" (Roxy). L'une des caractéristiques du secteur des boardsports et de ses marques a toujours été l'innovation et la créativité, à travers notamment le choix de couleurs, d'imprimés, de coupes et de formes, concluent Body Glove, Fox, Volcom et O'Neill. Sans oublier le côté pratique, évidemment, ainsi que la qualité, car "dans le surf, il existe bien toujours une demande pour des produits de qualité qui permettent aux filles de bouger tout en restant jolies", avance Hive, rejoint par Volcom : "Rester pratique et néanmoins sexy pour permettre aux filles qui savent ce qu'elles veulent de rester uniques et d'affirmer leur style".

PERSPECTIVES Alors que la concurrence s'accentue en provenance des grands magasins mode de centre-ville, attirant les clients avec des prix bas, de grandes marques et les dernières tendances de la mode, le besoin de se singulariser se fait plus fort que jamais. Un des moyens les plus directs pour y parvenir est de revenir au plus près des racines et des valeurs des marques de surf, en mettant l'accent sur des coupes éprouvées dans la pratique sportive. Billabong, DC, Hive, Nikita et Roxy suivent attentivement ce modèle et envisagent leur avenir comme un retour aux essentiels : "Revenir vers ses racines, être authentique, sans oublier d'être

BAS : surf leggings / coupes moulantes / des shorts avec cordon / du N&B avec des flashs de couleur / des tissus vieillis

TENDANCES PHARE HAUTS : torsadés, à franges ou à une seule bretelle / des bustiers sexy / des maillots typés soutien-gorge mais sexy

MOTIFS : estampes et imprimés ethniques / Ikat géométriques / tropical / brazilian art / ambiance plage / des pois, des pois et encore des pois TISSUS : coussinets à séchage rapide / Lycra Ecotex / crochets et macramés / peau de pêche / plus de mat

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analyse de l'industrie

analyse de l'industrie

Normal que le public soit volatile… Dur à entendre, dur à digérer. Pourtant, le surf et nos sports ont un attrait certain, sinon les Chanel, les Mercedes, les Lancaster, les Hollister et autres ne s’y aventureraient pas.

Photo: Perus Crew

culture surf dans son ADN le plus pur, loin des considérations mercantiles. En décrivant son succès, il nous avoue : "le but du festival était de s’ouvrir à une audience plus large que celle de notre niche afin de créer une meilleure opportunité de diffusion aux réalisateurs et leur assurer ainsi de meilleures opportunités de revenus pour leur travail. Nous voulions donner de la crédibilité aux créateurs car, jusqu’à ce jour, reconnaissance et argent n’ont été que pour les rideurs. Pourtant, les réalisateurs sont essentiels dans la transmission de notre culture. Nous voulions créer un marché nouveau pour eux". Et voici que la culture nous donne une leçon de business : il parle de créer un nouveau marché… Ce que M. Brabec nous disait il y a un mois, Sancho Rodriguez l’a appliqué il y a 10 ans. Il devait sortir du cadre, jouer avec de nouvelles règles pour créer un nouvel espace de croissance et de développement. En 2012, Jose Luis Regordinos, le directeur du Festival de Cinéma de Saint Sébastien, l’un des quatre grands festivals mondiaux de classe A (avec Cannes, Berlin et Venise), incité par le succès du Surfilm Festibal, lui demande de créer un espace de projection alternatif dédié aux boardsports. "Nous devions faire un cinéma pop-up pendant la semaine du Festival de Cine de San Sebastián, au vélodrome d’Anoeta, avec un écran géant de 400 m2 et visant un public de 2500 personnes." Ainsi commençait le projet Big Friday. Après être sorti du cadre, Sancho devait faire face à l’autre grande question : comment grandir audelà de la niche et atteindre le grand public, sans perdre ses racines ?

DU CORE AU GRAND PUBLIC Réussir le saut quantique qui sépare les stratégies de niche, dites "core", de celles de masse, a été l’un des grands débats philosophico-stratégiques des 20 dernières années. Iker Aguirre suit un bel exemple de réussite dans une remise en question de notre modèle. "CORE IS SMALL" C'était il y a fort longtemps. Trois grands dirigeants américains confrontaient leurs idées dans les allées d’un (feu) salon ASR. L’un pesait plus de 100 millions, l’autre près de 20 (à l’époque !) et le troisième avait déjà vendu, avec succès, la société qu’il avait fondée. Et moi, qui ne pesait pas plus lourd que la bave d’admiration qui coulait de la commissure de mes lèvres, j’étais un jeune puceau de l’industrie. Le débat était un mélange de leçons de "coreness" et de reproches, où l’un pointait du doigt les dérives "non-core" de l’autre. Le troisième, confortablement assis sur les millions de sa vente, écoutait, philosophe. Le débat fut clos lorsque l’orgueil s’unit au dollar tout puissant. "Tu es peut-être core mais tu pèses cinq fois moins que moi." Catégorique et sans appel. Estocade au plus profond de l’ADN de l'entrepreneur américain. Un, zéro. Une fois le groupe dissout, nous débâtions sur la question quand mon ami conclut : "Core is small". Ça voulait tout dire. Nous étions au début des années 2000, l’explosion des boardsports battait son plein. Tout était permis et l’ultralibéralisme dans lequel a plongé l’industrie, forte de ce genre de débats et de solutions d’expansion mal contrôlées ; aujourd’hui, il faut payer l'adition. A cette époque, c’est le grand public qui a choisi les boardsports et pas l’inverse. L’industrie s’est contentée de suivre un mouvement ascendant et de répondre, tous azimuts, à une demande croissante. Le grand défi des années 90 et 00 était de trouver le moyen de faire le saut quantique entre "core"

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et "mainstream" pour poursuivre l’Eldorado d’une course au gigantisme qui mériterait une couverture du magazine Time. ET MAINTENANT ? Après trente ans d’erreurs maquillées par la croissance et la crise de 2008, il faut maintenant payer la facture avec une remise en question forcée. Maximilien Brabec, consultant stratège d’un Think Tank EuroSIMA destiné aux dirigeants de l’industrie, est catégorique : "N’essayez pas de faire encore et encore la même chose, avec juste quelques changements de surface, vous devez vous réinventer pour créer un nouvel espace pour votre industrie. L’ancien est mort." Et voilà que le débat reprend. Qui sommes-nous ? Qui sont nos clients ? Que veulentil ? Bref, des questions de fond, profondes, qui viennent challenger un ADN fondamental, considéré comme immuable. Et, comme lors de toute remise en question de fond, LA grande question vient clôturer chaque échange, récurrente, lancinante : "Oui, mais… Comment faire ?... Sans se perdre (de nouveau) ?" IL ÉTAIT UNE FOIS AU PAYS BASQUE ESPAGNOL… Enrichi par la réflexion du Think Tank, je ne peux cesser de penser à la "success story" de Sancho Rodriguez, fondateur du Surfilm Festibal, à Saint Sébastien. Son leitmotiv est "être core", ou plutôt "indy", comme il aime se décrire ; "indy" pour "indépendant", soit ce mouvement de l’expression de la

LE RÉSULTAT Sancho nous confie : « Je flippais rien qu’à l’idée de devoir remplir un ciné de 2500 places ! Mais, de tous les happenings du festival de Saint Sébastien nous avons été le premier à fermer guichet (en ce en dépit des Angélina Jolie et des Brad Pitt par ailleurs, ndlr.) ! La projection fut incroyable, un mélange parfait du public le plus core de la côte côtoyant des familles, des jeunes, des riders de tous horizons, des grands parents… » La répercussion médiatique est inespérée et les grands médias mondiaux de très grande diffusion se font l'écho de cet événement. C’est une grande première mondiale dont le succès dépasse toutes les attentes. De là nait un nouveau projet : Savage Cinéma, qui aura lieu les 20-28 septembre prochains, pendant le Festival de Cine de San Sebastián : "Celui de Saint Sébastien sera le premier festival de cinéma de classe A à créer une plateforme officielle dédiées aux sports d’action et d’aventure !" Et les sports d’action entrent, avec tapis rouge, dans le monde très sélect de la production cinématographique, au coude à coude avec les plus grands d’Hollywood. Du core au mainstream ? Pari tenu, pari gagné. LA FORMULE GAGNANTE "Nous sommes très "indy, d’approche et de cœur", nous assure Sancho. "Nous voulons faire du grand public pour que les producteurs aient de vraies opportunités de carrière avec leur art. Mais nous devons le faire à notre façon." Car il est facile de se perdre, de s’oublier tant les pressions et les exigences du mainstream sont grandes. "Tu peux être tenté de faire ce que l’on te demande, de t’adapter au moule pour en tirer les fruits les plus directs, mais ce n’est pas une approche durable", nous dit-il en rappelant le profil capricieux et l’immédiateté sans projection durable des demandes de la grande consommation. "Nous devions trouver un moyen légitime d’accompagner le mouvement. Nous avons décidé de ne surtout pas cesser de traiter avec beaucoup de respect la culture et les valeurs pour montrer ce que nous sommes réellement. Quoi que nous fassions ça devait plaire aussi au public le plus puriste." Sancho et son équipe optent pour miser sur leurs différences, au risque de ne pas plaire mais aussi d’être fidèles à eux-mêmes et à leur appartenance. Ce choix était leur façon de dire : nous ne ferons pas n’importe quoi car "nous pouvons accompagner un mouvement grand public tout en transmettant les valeurs et la passion qui nous fait grandir et rêver." En d’autres termes, ce n’est pas à nous à donner au

public ce qu’il demande ; servons-lui ce que nous sommes, à lui de décider s’il consomme. En paraphrasant Maximilien Brabec, nous devons lui donner "nos histoires et nos valeurs intrinsèques". Et si c’était l’offre qui créait la demande et pas l’inverse ? LES GRANDS CATALYSENT LES VOYANTS VERTS "Pour réussir le pari du Big Friday, j’ai contacté Red Bull Media House. C’est la maison de production la plus ambitieuse du monde des sports d’action. Le projet collait parfaitement avec le lancement de Storm Surfers 3D et d’Art of Flight 3D. Le match était parfait", nous décrit Sancho. Red Bull est un cadeau tombé du ciel pour notre industrie. La marque de boissons énergétiques communique auprès d’un public très large avec un message puriste et respectueux de tous les fondamentaux de notre culture. Qui plus est, elle le fait en établissant les normes d’une nouvelle école du marketing corporatif, toutes industries confondues. Bref, innovation, qualité et respect du marché endémique. Que pouvions-nous demander de plus ? Mais ceci est une autre histoire… Ce qui compte aujourd’hui est d’observer aussi la réponse enthousiaste du marché de masse aux messages "core" véhiculés par la marque de Salzbourg. D’un autre côté, l’arrivée en force de marques comme Nike ou adidas, dans notre industrie, même si décriée par certains comme "l’invasion des outsiders", le consensus se rapproche plutôt de la bienvenue de leurs efforts de divulgation et de banalisation des boardsports auprès d’une cible qu’historiquement nous avions du mal à atteindre. Tous ces acteurs catalysent et alimentent un intérêt croissant du grand public pour nos sports. Ils sont la face lumineuse d’un nouveau cycle qui nous tend la main. Pendant que notre industrie travaille son introspection, eux lui montrent que le succès est possible. MAIS AUSSI : DES OPPORTUNITÉS SAISIES…PAR DES OPPORTUNISTES Maximilien Brabec brandissait une quatrième de couverture avec Alex Gray. C’était une publicité Chanel. "Voici ce que représente le surf pour le grand public. Juste une belle gueule, sans histoire. La base la plus superficielle qui existe." Normal que le public soit volatile… Dur à entendre, dur à digérer. Pourtant, le surf et nos sports ont un attrait certain, sinon les Chanel, les Mercedes, les Lancaster, les Hollister et autres ne s’y aventureraient pas. Pourtant, toutes ces marques nous disent chaque jour, avec leur succès marketing, que quelque chose existe encore en nous pour le grand public. Elles, elles l’exploitent sans fond ni consistance, juste avec cet élan stérile de la mode qui n’a qu’apparat extérieur à vendre. Mais nous sommes beaucoup plus que ça. "Nous avons tellement à donner", conclut Sancho. "Sans nous oublier, fidèles à nous-mêmes, à nos gens et à notre culture." Finis les messages et les produits édulcorés. Oserons-nous être qui nous sommes réellement ? NOTRE CULTURE ET NOS SPORTS SE PORTENT BIEN, MAIS NOTRE INDUSTRIE SE PORTE MAL. Elle s’est perdue dans l’opportunisme et elle le paye. Pourtant, les indicateurs sont au vert et, aujourd’hui, ce sont les autres qui les exploitent. Le marché est là ! Notre grande différence est que nous, nous sommes ici pour vivre un rêve; eux juste pour faire du business. Sancho nous le prouve, osons respecter nos fondamentaux et le succès reviendra. Nous nous sommes perdus dans l’opportunisme. Renaissons de ses cendres, le renouveau de qui nous sommes réellement…et le grand public suivra car, lui, aujourd’hui plus que jamais, ne sait plus qui il est, et il est en quête d’identité, pas de fioritures. Maintenant, allez expliquez cela à un fond de pension, mais ça c’est un autre débat…

Photo: Electric

tendances

MARCHE DE LA LUNETTE UN CHANCEMENT DE TENDANCES ?

L’ACCESSOIRE : UNE CATÉGORIE BOUDÉE ? PLUS TELLEMENT L’accessoire a été une catégorie boudée pendant plus de 10 ans. Les mutations de marché et l’embellie du technique par rapport au textile forcent le commerce du détail à revoir son mix produit. Et l’accessoire reprend du poil de la bête ! En moyenne, un présentoir de lunettes sur pied occupe 1,5 m2 d’espace pour un CA moyen de +/- 15 000¤ par saison, à 2,2 de coef moyen. Multipliez par deux pour une marque leader. Intéressant, non ? De quoi apprendre à vendre de l’accessoire… DE LA MODE AU TECHNIQUE Le marché de la mode boardsports évolue par cycles mode/technique successifs. Pendant un cycle "mode", le style est roi. Pendant un cycle "technique", les matériaux, la R&D et la fonctionnalité priment. Quand la mode prévaut, la demande

Photo: Dragon

Chaque année, Source publie un rapport de tendances du marché de la lunette. Cette fois-ci, nous dérogeons à la règle pour nous projeter vers dans une analyse des prospectives de ce segment de l’accessoire. Par Iker Aguirre. de lunettes de soleil déserte les magasins de sport et se concentre chez les opticiens. Quand c’est la technique qui prime, la demande revient aux détaillants spécialisés du sport, garants d’un bon conseil technique lié à une pratique. La dernière étude NPD, mandatée par EuroSIMA, sur l’évolution du marché des boardsports en 2012, fait état d’une reprise des ventes de lunettes de soleil en magasin de sport et les analystes présentent le segment comme prometteur. Ainsi, les chiffres confirment deux de nos vaticinations de ces dernières années : - la reprise des ventes en magasin de sport, donc par analogie dans les boardshops, - l’installation progressive d’un style de lunettes "sport". Le succès de gammes polarisées dans la plupart des marques confirme aussi un

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tendances

Conforter sa position ou laisser sa place à un autre, tel est le défi des marques de lunettes pour les trois années à suivre…

intérêt grandissant du consommateur pour la technicité des produits. Autre bonne nouvelle de cette tendance, H&M et ses lunettes à 10€ ne seront plus un fléau aussi féroce ! Peu sont prêts à me croire, encore à ce jour, quand je me lance dans ce genre d’affirmation. Pourtant, tout cycle de marché axé sur le technique porte avec lui la valeur intrinsèque de la R&D que le consommateur est prêt à payer. En d’autres mots : technicité = valeur = prix plus élevés, et premier prix = 0 technicité. Le moment est donc venu pour : 1 - mettre en avant votre expertise sport et technique, 2 - miser sur des produits techniques pour vous démarquer du premier prix. En plein dans la tendance, on retrouve Electric et leurs verres polarisés, Smith et leur Chroma pop, Spy et leur technologie Happy Lense ou encore Dragon et leurs verres H20. Oakley, par contre, affirme clairement son positionnement technique depuis quelques années et son engagement stratégique lui assurera une place de choix au plus haut de la pyramide des choix des détaillants boardsports une fois le technique installé comme fer de lance du marché. VERS UNE CONVERGENCE DES STYLES Alors que le marché entre dans un cycle technique, les designs "s’assagissent" et les fonctionnalités techniques s’instaurent (légèreté, flottabilité, tenue, protection, etc.). Dans cette phase de transition, les choix s’éloignent de l’excentricité de la mode et des modèles de plus en plus discrets remportent un franc succès, tout comme les copies des grandes silhouettes à la mode, comme la Wayfarer de Ray Ban, qui font encore recette. DE L’OPTICIEN AU MAGASIN DE SPORT Nombreuses sont les marques qui ont fait le saut vers les réseaux de distribution d’opticiens avec une offre adaptée (lunettes de vue). Oakley et Quiksilver/Roxy (et dans une moindre mesure Spy) ont été les grandes gagnantes de cette stratégie car, pénétré au bon moment, ce réseau leur a été très profitable pendant les années 2000. La plupart des autres acteurs s’étaient confortés dans l’offre simple de lunettes de soleil aux opticiens, une offre trop limitée et n’assurant pas une pénétration de réseau suffisante. Certains ont osé élargir leur gamme mais, à notre sens, trop tard car le marché mute et la demande aussi, suivant le nouveau cycle décrit plus haut. Le résultat de ces stratégies "retardataires" sera une dilution des moyens investis et des résultats "en demi-teinte" dans les deux marchés (sport et optique). OPPORTUNITÉS ET CHALLENGES Pour les marques, les mutations de marché sont profondes et incitent des choix

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UNE NOUVELLE DONNE… Le marché mute, les opportunités se profilent. Nous vivons un changement de marée, le flux des courants n’est pas clair et jamais les pole positions n’auront été plus fragiles. Conforter sa position ou laisser sa place à un autre, tel est le défi des marques de lunettes pour les trois années à suivre… Pour les détaillants, le défi sera de regarder devant, car ce qui est derrière arrive à son terme. Photo: Electric

Photo: Dragon

stratégiques importants, mais aussi des fusions et acquisitions. Ceci affecte une grande majorité des acteurs et, dans le management du changement, se profileront des opportunités pour les marques les plus stables ou opportunistes. Sur ce registre, Oakley ressort, une fois de plus, comme la grande gagnante de la stabilité. Après son rachat par Luxottica, nº1 mondial de la lunette, une remise en question et une optimisation stratégique, lancées il y a cinq ans, ont fait de cette marque un pari stable avec le vent en poupe sur le marché des boardsports. Les autres, dans leur grande majorité, font face à de nombreux challenges internes. Dans les années à venir, il ne serait pas étonnant de voir la hiérarchie des marques changer. Attention aux challengers, le marché leur est propice ! Et en parlant de challengers, une petite marque qui fait beaucoup parler d’elle : Ashbury. Saura-t-elle profiter des opportunités que lui offre le marché à court terme ?

l'acheteur du mois

L'ACHETEUR DU MOIS Andrea Bertola a lancé sa chaîne de magasins de sports de glisse il y a 30 ans. Depuis ce jour, il a observé les allées et venues de beaucoup de tendances. En tant qu'acheteur pour les huit magasins, tous sous le nom de Bertola, il nous offre ses conseils pour faire les bons achats. Dressez-nous, s'il vous plaît, un petit historique de vos magasins. Le premier shop a ouvert en 1983 alors que le marché était très puissant et les consommateurs dans de très bonnes dispositions. Ensuite, les années 90 sont arrivées et nous avons rencontré une nouvelle époque d'exigences… Mais la fin du rêve n'était pas loin. Nous avons réagi de la même manière que nous réagissons aujourd'hui : en améliorant la satisfaction de nos client, en offrant une meilleure qualité de service, en réalisant de plus nombreuses recherches marketing, et en ouvrant de nouveaux magasins pour fournir une offre complète. À présent, nous avons un total de huit magasins avec, en projet, un nouveau grand magasin de 1200 m² pour la fin 2013. En observant les saisons précédentes, quelle a été votre plus grande leçon quant au métier d'achat et de vente de produits ? Dans les années passées, tout était plus facile : vous pouviez vous permettre de faire des fautes générales, les mauvais choix [de produits] étaient absorbés par un marché en bonne santé. Les clients étaient disposés à acheter, ils venaient fréquemment au magasin pour faire de nombreux achats sans s'inquiéter du prix. Aujourd'hui, la situation s'est renversée. Les commandes doivent être consciencieusement écrites, la satisfaction client est plus importante que jamais, et les mauvais choix restent sur les présentoirs. Quelles sont les marques qui marchent bien en ce moment ? Carhartt, Stussy, Undefeated, Vans (particulièrement les collections Vault, Syndicate et California), Edwin, Independent, Nike, Huf et Element.

Si vous pouviez demander du soutien aux marques, ce serait dans quel domaine (le processus de commande, l'inventaire, du soutien marketing) ? Les marques et les shops doivent travailler coude à coude, nos problèmes sont leurs problèmes. Les risques doivent être répartis entre les marques et les détaillants. Nous faisons des requêtes quant à l'inventaire, au soutien marketing sur la publicité en co-branding, les éditions limitées, les contributions de vente, les livraisons en temps et en heure et la gestion du déstockage. Sur les dernières années, avez-vous modifié votre proposition de marques et vos marques principales ? Si oui, pourquoi ? Pendant ces 30 ans de business, le marché a radicalement changé : de nouvelles coupes et de nouveaux modèles, ainsi que de nouvelles marques, sont nés puis ont disparu. Notre offre a profondément changé sur les dernières années, mais notre longue présence sur le marché et l'expérience qui en résulte nous ont donnés l'opportunité d'aborder la situation sous un angle différent. Nous avons vu des marques super branchées disparaître en l'espace de deux saisons et des "géants" fermer pour faillite. Avez-vous une stratégie d'achat différente dans votre magasin en ligne par rapport à vos points de vente traditionnels ? Nous nous occupons du marché en ligne de la même manière que nous dirigeons nos boutiques, mais nous proposons une offre plus étendue qui vise le marché global plutôt que local. Nous souhaitons avoir une approche plus personnelle que dans les magasins. Les clients sont les meilleurs moteurs de recherche, parce qu'ils sont le marché, vous disent

leurs besoins et leurs envies, et vous indiquent si vous allez dans la bonne ou la mauvaise direction. Avez-vous quelques conseils pour les marques montantes qui souhaitent attirer les acheteurs en magasin ? Les marques qui montent doivent parler de nouveaux langages, offrir quelque chose de nouveau, de frais, mais au prix juste. Les nouveaux arrivants doivent répondre aux trois questions : pourquoi le marché a-t-il besoin de mon produit, qui sont mes clients, où vais-je vendre mes produits (grosse chaîne, magasins spécialisés, détaillant indépendant) ? N'oublions pas qu'un investissement financier solide est requis pour faire son entrée sur le marché et maintenir sa position. En ce moment particulièrement, seuls les professionnels avec une grande solidité financière survivront, tous les autres passeront comme des météorites. Dans un monde où tout a déjà été fait, vous devez trouver une nouvelle histoire à vendre. Quel est votre secret pour survivre ? Gardez votre identité, aimez ce que vous faites, ne baissez jamais les bras et cherchez, cherchez, cherchez. À quels salons participerez-vous et quelle importance ont-ils pour vos prises de décision ? Mon équipe et moi, nous participerons aux meilleurs salons du monde : Berlin, Copenhague, Firenze, New York, Londres et Long Beach pour en citer quelques-uns. Nous faisons aussi fréquemment des excursions de ville en ville, à la recherche de nouvelles marques et de nouvelles tendances. www.bertolashop.com

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zoom sur le marché

zoom sur le marché

Photo: Jason Hainult

DE L'IMPORTANCE DE LA PRATIQUE OU COMMENT PROCÈDENT LES MARQUES DE SKATE POUR ATTIRER DAVANTAGE DE NOUVEAUX JEUNES PRATIQUANTS Par Dirk Vogel Le ciel va-t-il de nouveau nous tomber sur la tête ? Plusieurs études récentes en provenance d'agences de consulting spécialisées dans les sports d'action indiquent un déclin de l'ordre de 40 % de la population de pratiquants réguliers dans le skate entre 2003 et 2010 (lire le rapport complet dans le n°65 de Source). Mais lorsque l'on interroge les membres du secteur, ces rumeurs d'une mort imminente de la pratique du skate semblent exagérées. "Le skate et sa pratique n'ont jamais été en meilleure forme", affirme Scott Howes, directeur marketing monde chez Dwindle Distribution. "C'est la première fois que toutes les disciplines du skate connaissent en même temps du succès", poursuit Scott, "des skateparks aux mini et aux verts, en passant par les bowls, la descente, le slalom, le freestyle et le street, sans oublier les méga rampes et le cruising". Un sentiment partagé par Don Brown, vice-directeur du marketing chez Sole Technology : "Depuis ces dernières années, je n'ai jamais vu autant de skateurs. Et c'est valable à l'échelle mondiale, qu'il s'agisse de street, de park, ou même de la façon dont les marques grand public se sont accaparées le skate en l'intégrant dans leurs collections. Il y a juste une chose que je remets en question dans ces études, c'est la façon dont les questions sont posées". DE L'IMPORTANCE DE LA PRATIQUE Si ces derniers chiffres sonnent peut-être comme une fausse alerte, tous s'accordent à dire dans le secteur qu'il est en effet nécessaire d'avoir un grand nombre de pratiquants. "Le nombre de skateurs réguliers est décisif pour que l'esprit continue à vivre. Ce sont eux aussi principalement qui portent nos produits et permettent de nous faire prospérer", explique Don Brown. Pour faire en sorte que les prochaines générations soient toujours autant emballées

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par le skate, les entreprises natives du secteur doivent continuer à donner l'exemple, affirme Ivan Moreno de Nomad Skateboards en Espagne : "De gros groupes se sont attaqués à ce marché pour le dépouiller et vendre le maximum de produits, sans s'occuper de ce qu'est vraiment le skate. Nous devons continuer à soutenir le skate et à le développer en lui redonnant un peu de ce qu'il nous a apporté. Si nous n'investissons pas sur le skate, sa croissance à l'avenir est mise en péril !". En plus de combler les désirs des skateurs existants, les marques doivent en même temps trouver des façons de mettre de nouvelles jeunes recrues sur les planches, explique R.P. Bess, directeur marketing de i.e Distribution/World Industries : "Il faut de nouveau rendre le skate sexy auprès des gamins ! Toute la question est là pour nous les professionnels du secteur, comment faire pour que le skate soit fun et invite les plus jeunes à s'y mettre ?". COTE PILE ET COTE FACE Avant de commencer à chercher des solutions, encore faut-il prendre en compte la diversité des pratiquants. "Il y a deux façons d'envisager le skate aujourd'hui. D'un côté, professionnel et exclusif, et de l'autre, récréatif et inclusif. Si l'on se base sur les chiffres de la pratique récréative, sur le cruising, alors c'est ce visage du skate qui l'emporte à travers la planète", détaille Don Brown. Les revendeurs ont pris la mesure de cette tendance des cruisers et du longboard, tout comme un certain nombre de marques qui ne sont pas issues du secteur à l'origine. Si les marques core se plaisent à cultiver une image indépendante, elles aussi vendent pourtant auprès d'un type de consommateurs plus grand public, comme l'explique Christian Roth de Hessenmob : "Le skate n'est certainement plus une sous-culture comme autrefois et, en tant

qu'entrepreneur, vous dépendez du grand public. Dans le passé, on trouvait le skate cool parce qu'il choquait les gens. Aujourd'hui, le skate est cool parce que c'est à la mode. S'attaquer au marché grand public signifie trouver le bon dénominateur commun, à savoir des planches logotées plutôt que des déco agressives". PLUS C'EST TOT, MIEUX C'EST Pour les skateshops, satisfaire les besoins d'un public plus large (et surtout plus jeune) consiste principalement à faire les bons choix en termes de mixité des produits, et à peut-être cacher sous le comptoir les déco pornos ou montrant de l'herbe. Pourtant associée par le passé aux controverses en tous genres, World Industries s'est récemment séparée de sa franchise à succès Flameboy vs. Wet Willy pour l'intégrer sous sa propre marque. "Nous fabriquons des produits qui s'adressent à une clientèle jeune et nous essayons de présenter le skate sous un visage fun, avec des déco sympas à un prix raisonnable", explique R.P. Bess. "Nous souhaitons faire entrer les planches de skate dans des magasins où les mères de famille viennent faire leurs achats, et faire en sorte que les planches demeurent à des prix abordables." Attirer et retenir de nouveaux clients exige de savoir construire une relation de fidélité à la marque dès le plus jeune âge (tout comme McDonald's le fait avec ces crayons pour les petits), en proposant des équipements spécialement conçus pour les kids. "Etnies propose même des chaussures pour nouveaux nés ! Nous sommes convaincus que cela permet de se rapprocher des enfants dès leur plus jeune âge pour qu'ils soient imprégnés par le skate dès le début et grandissent avec le skate auprès d'eux", explique Don Brown. Il faut garder en tête que ces enfants font des sauts de croissance importants et que les équipements,

comme les vêtements de ces chères têtes blondes, sont rapidement obsolètes en taille, au grand dépit de leurs parents (et de leurs portefeuilles). Ce sont particulièrement les chaussures qui posent problème, mais "chez Etnies, nous possédons une technologie propre à notre gamme de chaussures enfants, qui se nomme Grow with me (Grandis avec moi), où la taille de la chaussure augmente avec la croissance du pied de l'enfant".

fondations car il s'agit d'un des éléments importants pour que le skate continue à grandir comme il faut. Il faut faire en sorte que les kids puissent avoir accès au skate et aux écoles de skate également." Nomad Skateboards montre l'exemple : "Chaque week-end, nous organisons des cours de skate sur le park et nous essayons d'être présents sur tous les événements pour que les skateurs continuent à être motivés", raconte Ivan Moreno de Nomad.

Experience tenait davantage de Woodstock !". De la même façon, Vans organise des événements à travers toute l'Europe, comme l'explique Alexis : "Les Shop Riots sont des compétitions par équipe entre skateshops, et ont lieu chaque année, impliquant pas moins de 250 vrais skateshops core entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Notre autre gros événement est le Vans Downtown Showdown qui se déroulera à Paris en août prochain".

ORGANISEZ-VOUS : PARKS, CLUBS ET ÉCOLES Aussi important pour eux que le matériel, les débutants apprécient particulièrement les conseils d'apprentissage. Pensez au snowboard, au surf et au ski, où les cours et les camps sont des portes d'entrée essentielles de la culture glisse. Encore aujourd'hui, le skate se veut trop cool pour avoir besoin de cours : "C'est un peu comme le roman Catch 22. Le skate est une activité très individuelle où l'on ne souhaite pas se voir imposer des règles, des clubs, etc. Mais, sans structures organisées, il n'y a pas moyen de faire que les kids deviennent d'authentiques skateurs", explique Jorg Ludewig, co-gérant de Urban Supplies à Wiesbaden en Allemagne. Souvent premier contact des débutants, les magasins ont un rôle clé à jouer dans ce sens, affirme Roth de Hessenmob : "Le skate se vit uniquement dans la vraie vie et pas sur Internet. Et il s'agit d'un gros avantage pour les skateshops locaux. Les magasins devraient proposer des séjours skate, des sessions de démo, des ateliers. Internet est un bon professeur mais c'est au skateshop de prêcher la bonne parole !" Ce genre d'initiatives peut être facilement mis en place à la base, explique Ludewig : "Les skateparks publics sont tellement nombreux que les shops, accompagnés de quelques skateurs reconnus, devraient organiser plus souvent de petits ateliers". Alexis de Vans estime également que cette évolution vers le grand public a permis de débarrasser ce type d'événements skate de leur image négative. "J'ai le sentiment que le skate est devenu une option parmi d'autres dans le "sport". Inscrire son enfant dans un club est désormais bien vu."

EVENTS : FAIRE MONTER LA SAUCE Les rassemblements connaissent toujours du succès. Des événements de skate tels que des compétitions ou des démos de pros jouent un rôle crucial pour développer une scène locale. Ils génèrent beaucoup d'attention, d'exposition et, plus que tout, ils forgent des souvenirs inoubliables, comme c'est le cas chez World Industries : "Nous sponsorisons les championnats amateurs depuis des années", rappelle R.P. Bess. Chez Element Skateboards Europe, la recette est la même : "Depuis cinq ans, nous organisons notre propre championnat amateur, intitulé Make It Count. Le succès a été incroyable et l'événement grandit chaque année. Notre objectif est simplement de permettre à des kids de se rassembler et de s'éclater. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'un moment unique, et particulièrement pour ceux qui ont la chance de se rendre sur les finales européennes, qui ont lieu dans un pays différent chaque année, ou encore sur les finales internationales qui se déroulent au Element YMCA Skate Camp, dans le parc national de Sequoia en Californie". S'agissant de skate camps, Sole Technology possède également un plan d'action : "Etnies organise des summer camps sur les skateparks de la marque tout au long de la période estivale et cela permet vraiment de faire parler de nous et d'attirer des pratiquants", explique Don Brown. Inutile de préciser que les parents sont ravis de réussir à faire sortir leurs enfants de la maison. Si vous êtes à la recherche d'un gros événement qui mobilise plusieurs pâtés de maison, jetez un œil du côté d'Emerica et de ses compétitions Wild in the Streets, qui réunissent des milliers de skateurs dans des grandes villes un peu partout à travers le monde chaque été.

DU LOURD À L'HORIZON Avec autant d'initiatives, les membres de l'industrie sont plutôt confiants en l'avenir. Nils David Gebbers, de 24/7 Distribition à Münster, n'hésite pas à s'avancer : "Nous connaîtrons une nouvelle grande vague du skate et, même si l'on va me haïr pour cela, j'espère que la retransmission en direct sur une antenne publique des X Games à Munich poussera de nouveaux gamins à se mettre au skate. Je ne me soucie pas vraiment du point d'entrée par lesquels les kids se mettent au skate, du moment qu'ils s'éclatent le plus possible." S'éclater, voilà bien tout ce qui compte au final, comme le rappelle Don Brown : "Pour que le skate conserve un attrait auprès du grand public, il doit rester divertissant à regarder, ouvert et accessible". On est sur la même longueur d'onde chez Element : "Le plus important est de rester fidèle à ce qui fait l'intérêt du skate, à savoir prendre son pied. Il ne s'agit pas que de performances, mais aussi d'esthétique, de style, d'âme. Voilà ce qui fait la magie du skate à notre avis". En fin de compte, c'est bien cette magie évoquée qui attirera de nouveaux kids à pratiquer ; les marques n'ont aucun autre moyen de forcer les jeunes à faire quelque chose dont ils n'ont pas envie. Le libre arbitre, on y revient toujours. Au skate de se montrer suffisamment cool et séduisant pour que les plus jeunes s'y mettent. Comme le résume Pontus Alv, de Polar Skateboards : "Si vous essayez de contrôler les gens et de leur dire ce qu'ils doivent aimer et faire, vous serez toujours perdant !".

S'ATTIRER LES SERVICES DES MARQUES ET DISTRIBUTEURS Il n'est pas nécessaire pour les skateshops d'effectuer tout ce travail de recrutement eux-mêmes, affirme Jorg Ludewig : "N'importe quel distributeur sera sûrement ravi de participer aux démos et de proposer des planches à la location. Il faut guider les enfants, parler aux parents, tout comme si vous distribuiez des flyers à l'école. Là où l'on trouve des clubs de skate ou des parks, les shops devraient travailler avec eux, ou au moins se montrer plus dynamiques. Face à l'étendue des choix qui sont offerts aux kids, il convient presque littéralement de les "forcer" à grimper sur de vrais skates". À ce sujet, militer pour la création d'infrastructures skate là où les jeunes manquent de lieux pour pratiquer, est déjà un premier pas vers la construction d'une scène skate à plus long terme. "Soutenez les projets de parks à proximité pour offrir un endroit où skater à vos enfants, soyez imaginatifs. Insufflez la flamme du skate et vous obtiendrez des skateurs pour la vie", affirme Doug Weston, co-gérant d'Osiris. Pour Alexis, chez Vans, l'important est de posséder des parks à travers l'Europe. "Il nous faut protéger ces

TRANSMETTRE LES VALEURS Les événements skate sont également des lieux de transmission, c'est là que les valeurs fondamentales du skate sont partagées. Démarré en 2012, l'Osiris Experience est une série de compétitions amateurs qui se déroulent simultanément au sales meeting annuel de la marque de shoes. Cette année, l'événement a eu lieu à Prague, au skatepark Mystic. "La meilleure chose que j'ai retenue - et cela me donne encore des frissons aujourd'hui était d'observer cet esprit de camaraderie entre des skateurs venus de tous les pays, des skateurs de cultures et d'âges différents", se souvient Brian Reid, co-gérant d'Osiris. Parmi ces bons souvenirs, en voici un autre évoqué par Reid : "C'est une histoire parmi d'autres, mais je me rappelle encore de ce petit gamin qui fracassait. Il devait avoir 12 ans peut-être et il s'est retrouvé en compétition face à des grands d'une vingtaine d'année, et il a gagné ! Il respectait tellement le plus âgé des skateurs qu'il a décidé de lui donner les 200 ¤ qu'il venait de gagner ! On ne peut pas faire mieux comme exemple de générosité. En dehors de ça, l'Osiris

CONSEILS DE DON BROWN Le vice-directeur du marketing de Sole Tech vous explique comment construire une base solide 1. "Créez des événements sur le terrain pour parler aux jeunes skateurs et aux pratiquants potentiels. Montrez leur à quel point le skate peut être sympa, sain et créatif." 2. "Proposez des produits pour chaque génération de skateurs. Votre offre doit évoluer avec leur âge." 3. "Organisez des événements skate qui offrent quelque chose en retour à la scène locale, comme des collectes de fonds pour des opérations caritatives." 4. "Soyez vigilant face aux effets à long terme de l'implication de sociétés qui n'ont rien à voir avec le skate. Ne les laissez pas édulcorer notre industrie et la rendre homogénéisée comme l'athlétisme par exemple. N'oubliez pas de rester fun !"

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INTERVIEW GRAND PONTE #66 "Malgré les échos négatifs que l’on peut avoir sur le contexte économique et retail, nous continuons d’évoluer en France et en Espagne. Sommes-nous en train de prendre des parts de marché ou est-ce le marché qui grandit ?"

IMANOL ARRIZABALAGA NAPCO, LA CROISSANCE D’UN GRAND L’univers de la distribution de hardware est compliqué. Il l’est d’autant plus si vous vous spécialisez dans les marchés du surf et du bodyboard. La hiérarchie étant immuable depuis des décennies, Imanol Arrizabalaga, fondateur et gérant de NAPCO, nous prouve, avec son humilité caractéristique, que les choses peuvent changer. LAISSER LES ACTES PARLER À VOTRE PLACE Imanol Arrizabalaga n’est pas quelqu’un qui crie son succès sur tous les toits. Au contraire. C’est un homme discret, je dirais même secret. Quand il parle, il connaît le pouvoir des mots…et surtout celui du silence. Ainsi, dites-vous que si vous entendez parler de lui, il est sûrement trop tard, la place est prise ! Et là, vous lisez une Interview Grand-Ponte… Hmmmm… NAPCO a fait le plus dur. Depuis la fin des années 90, la société a navigué, avec un franc succès, dans les méandres d’une industrie en berne, celle du bodyboard. Elle s’est forgée un nom à une époque où hardware était un gros mot pour les surf shops et, aujourd’hui, maintenant que le matériel

technique connaît une embellie, elle s’impose comme un partenaire clef des détaillants. Aujourd’hui, je reconnais en N/\PCO tous les traits caractéristiques d’un futur géant de la distribution. Ça me rappelle les Beatnuts, en Allemagne, ou les Day One, en Norvège, dans les années 2000. Comme eux, à l’époque, il ne lui manque que cette opportunité, la grande, celle de la marque emblématique, leader, qui lui fera confiance et lui permettra d’exploser au grand jour. Tous les ingrédients sont là. Le travail est fait. Il ne manque plus que l’opportunité, qui ne sera pas pour NAPCO mais pour celui qui décidera de travailler avec eux. Après ça, "l’establishment" de la distribution surf européenne devra revoir son ranking, croyez-moi.

PARCOURS D’UN ENFANT RÊVEUR Imanol est parti de rien, d’un rêve d’adolescent. Ancien bodyboardeur de haut niveau, dans les années 90 il ne se reconnaissait plus dans une industrie déclinante qui avait oublié les fondamentaux et les fondements de sa raison d’être. Désabusé, il décide de créer sa propre marque. Pride. Son nom dit tout. Là où d’aucuns prévoyaient un parcours en berne, agrémenté de toutes les difficultés que jadis connaissait la distribution de produits de bodyboard, Imanol défraie la chronique. Pourtant, son jeune âge n’est pas pour l’avantager non plus. "En 1999, quand j’ai créé ma société, j’étais encore étudiant", se rappelle-t-il. Pride devient en peu de temps une marque très convoitée en Europe. Le marché a des codes stricts, bafoués par la grande distribution et les grands acteurs du marché, démotivés et perdus dans des visions à trop court terme. Imanol trace le portrait de ce que le bodyboard devrait être, et il le construit. Pour lui, ce n’est que du bon sens car ses choix viennent du cœur, mais un cœur qui a du cerveau. Ainsi, d’outsider il devient incontournable. "Nous ouvrons un atelier de fabrication 100% française et les volumes explosent les trois premières années. Pourtant, les difficultés s’imposent vite. Notre capacité de production reste réduite par rapport à l’évolution de la demande, l’activité est très saisonnière et la main d’œuvre, qui ne travaille que quelques mois par an, doit être très qualifiée et ne peut être formée que par nos soins." L’équation ne marchait pas, les frais fixes étaient trop élevés. "En 2003/04, j’ai fait un choix stratégique et j’ai délocalisé la production dans la nouvelle usine de Nick Mezritz, le Al Merrick du bodyboard, en Indonésie. A l’époque, c’était un pari car elle venait d’ouvrir mais, connaissant Metz, je savais où je mettais les pieds. Aujourd’hui, c’est le fournisseur incontournable de toute marque qui daigne avoir une place sur ce marché." Finis les tracas mais le business modèle à profondément changé : "plus besoin de gérer la production, grâce à une capacité de production quasi illimitée, et nous avions beaucoup plus de ressources pour développer le marketing et le commercial." Le lien privilégié d’Imanol avec Metz lui vaut de signer la distribution de NMD et Versus. Ainsi, avec Pride, il devient le fournisseur des plus grandes marques de bodyboard. En d’autres mots, il devient incontournable. Fort de cette nouvelle opportunité, loin des tracas de la production industrielle, il apprend le métier de la distribution ; mais, quelque chose sonne faux. Au plus profond de lui, il sait qu’il est frustré. "Tous mes amis avaient pris le temps de voyager et de vivre leur passion. Moi, je ne me suis pas donné accès à ces bonnes choses pour créer une entreprise et finir mes études. En 2005, je décide de partir à l’étranger pour passer du temps aux Canaries, en Asie et en Indo. Pour ça, j’ai structuré la partie commerciale de la société avec des distributeurs exclusifs sur toutes les zones que je travaillais en direct." Imanol repartait sur la route de ses rêves. "Cette phase a duré 3 ans et, au bout du compte, même si le but était de voyager, elle m’a permis de nouer beaucoup de contacts avec des fournisseurs, des pros et des clients-clefs. C’était une époque très intéressante, car j’ai lié l’agréable au business." Qui dit mieux comme leçon de vie ? TOUT SON CŒUR DANS LES AFFAIRES Imanol vit ses rêves et l’entreprise revient en première ligne. Présente dans son esprit comme un bruit de fond incessant, il sent que c’est le moment de revenir en France. C’est l’appel d’un nouveau cycle où la maturité de l’expérience vient s'ajouter au contentement d’être en adéquation avec son chemin de vie. Il a suivi son cœur dans ses rêves, désormais il va le suivre dans les affaires. "En 2008, je suis revenu en France. La volonté était de reprendre en main la distribution, d’améliorer le suivi client, le marketing et la logistique. Petit à petit nous avons repris la France, l’Espagne, les Canaries et l’Angleterre. Nous sommes rentrés dans une autre démarche, avec une structure ultra légère qui intégrait des compétences-clefs en interne." "A partir de 2010, nait l’idée de profiter du réseau de distribution et des bonnes relations que nous avions avec nos clients pour leur apporter une offre un peu différente." C’est la naissance de la division surf de NAPCO.

"Nous avons toujours été dans une stratégie de différenciation afin d'éviter de nous démarquer par le prix. La base a toujours été la qualité."

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"Nous avons toujours été dans une stratégie de différenciation afin d'éviter de nous démarquer par le prix. La base a toujours été la qualité. Nous avons travaillé avec des détaillants et des consommateurs afin de connaître les produits dont

ils avaient besoin. Qraft est une marque de planches de surf qui est née de ces efforts. Nous travaillons avec des shapeurs australiens et néo-zélandais pour la création des gammes car nous ne souhaitons pas prendre la première usine en Asie pour copier des shapes existants et les balancer sur le marché le moins cher possible." "Notre but était, aussi, de travailler avec des sociétés avec des valeurs. Pour nous, c’est très important, même si le consommateur ne le voit pas forcement. C’est pour cette raison que nous avons signé avec Sticky Bumps, la marque de wax avec ses 42 ans d’existence." UNE OUVERTURE À L’INTERNATIONAL En 2013, NAPCO distribue produits et marques dans 26 pays et 5 continents. Or, oubliez la distribution entre guillemets, si caractéristique d’une certaine époque de l’industrie du surf. Imanol fait les choses comme il faut. En juin 2013, il a inauguré les locaux de sa nouvelle filiale en Australie. "Notre but était l’amélioration de la qualité du service auprès de nos clients australiens et ce qui s’est immédiatement traduit par une multiplication par deux des précommandes." Durant toute sa vie, Imanol a su déceler les Océans Bleus de son industrie. Crise en Europe ? Océan Rouge. Digne d’un cas d’école de stratégie, il se tourne vers les opportunités et cherche "son fromage" ailleurs. Le Brésil est en pleine explosion économique et Imanol s’y intéresse assez tôt pour envisager une aventure entrepreneuriale avant même que le marché carioca ne soit ne soit c'atualité. "Ça fait 2 ans que nous travaillons sur ce marché. Je ne sais pas si les gens savent à quel point c’est compliqué et couteux d’opérer là-bas, mais nous avons pris notre temps pour assurer un volume de CA qui justifie l’investissement." Comme à l’accoutumée, Imanol reste discret sur les volumes. "C’est très difficile de faire du business avec le Brésil", insiste-t-il mais un sourire en coin me rappelle que ce n’est pas quelqu’un qui fait les choses pour rien, ni à moitié. Et si se tourner vers de nouveaux marchés est un moyen de compenser la contraction des ventes dans d’autres territoires, il nous rappelle quand même que "malgré les échos négatifs que l’on peut avoir sur le contexte économique et retail, nous continuons d’évoluer en France et en Espagne. Sommes-nous en train de prendre des parts de marché ou est-ce le marché qui grandit ?" Très bonne question, à méditer consciencieusement par ses concurrents. LA CLEF DU SUCCÈS : LA QUALITÉ, LE SERVICE ET LA STRATÉGIE. "La clef de notre développement retail est de ne pas nous éparpiller avec beaucoup de produits différents ni beaucoup de marques, afin de mieux les gérer et d’améliorer la qualité du service client. C’est plus facile à gérer et ça fonctionne mieux, c’est assez simple. Avec beaucoup de marques ça devient vite trop compliqué et ça se voit sur la qualité du service offert. En plus, notre équipe est très sérieuse et elle a un très bon contact humain. Dès que quelque chose ne va pas, on part en quête de solutions, sans que ça traine. L’évolution de notre business mais aussi celle de nos clients sont des choses qui nous affectent individuellement, on les prend très à cœur. "Keep it simple" : ça ne tient qu’à ça et à une bonne qualité des équipes." Comme tout homme qui a vécu ses rêves, et qui les vit encore, Imanol connaît l’importance de l’humain : "Que tout le monde se fasse plaisir en travaillant se répercute dans les résultats. Si un employé n’est pas heureux et fier de travailler dans une boite, il ne peut pas réussir." Et quand il s’agit de stratégie ? Que de pépites avons-nous échangées ! Que de choses que je ne peux pas partager, car Imanol ne veut pas servir ses formules sur un plateau. Pourtant, je peux vous dire une chose : il est devenu maître dans l’art de contempler les opportunités que ses concurrents laissent en jachère ! Imanol n’est pas quelqu’un qui fera comme les autres, mais il fera plutôt ce que les autres ne font pas. Il le fera bien et ça se verra. Et, quand ça se verra, ses racines seront profondes…et il aura tellement d’avance ! Imanol et NAPCO avancent en silence. Leurs fondations sont solides. Leur cerveau est bien en place. Vous qui cherchez un partenaire-clef, vous l’avez trouvé. Je vous donne rendez-vous dans 10 ans, alors Imanol sera un Grand Ponte de la distribution internationale. Je sais que je ne me trompe pas. Quelles seront les grandes marques qui signeront leur succès avec lui est la seule inconnue que j’aurais du mal à prédire.

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DECRYPTAGE DE LA MODE COMPTE-RENDU DES TENDANCES DU SURFWEAR POUR HOMME PRINTEMPS/ETE 2014 Il n'y a pas si longtemps encore, la mode, c'était le fait de s'identifier à un lifestyle. Mais, comme nous l'avons vu lors des saisons récentes, le prêt-à-porter surf pour homme s'intéresse de plus en plus à la mode. Le surfeur moderne du printemps été 2014 est une extension du type bien propre sur lui et moins "homme-sandwich" que celui de la saison précédente, mais avec un parfum vintage encore plus prononcé alors que nous revenons quasiment à la case départ avec une béatitude nostalgique. Compte rendu de Ben Crawford. "Aujourd'hui, les tendances surf fusionnent plus avec les tendances street", indique Jan Lindeboom de chez O’Neill, mettant le doigt sur le cœur du problème. Il y a quelque temps, le baggy et les vêtements amples ont simplement disparu, la mode surf suit les silhouettes plus élégantes et plus ajustées que l'on peut voir en centre-ville, et s'apparente aux gammes qui appartenaient plutôt aux marques streetwear. La marque australienne Rhythm est le leader évident de ce look, décrivant sa nouvelle collection comme suit "le style d'un magasin de surf avec une esthétique propre et un

mélange rétro", indique le designer Jacob Byrne. Ils lancent aussi une marque de jeans pour le printemps de 1014, une adjonction bienvenue à leur look de shorts très courts et de chemises tissées. Pendant ce temps, Body Glove indique que sa collection porte sur : "un look surf et rétro hipster, avec des coupes plus slim. Nous avons aussi repris des looks classiques en leur ajoutant du stretch pour que vous bénéficiiez du meilleur des deux mondes", commente le designer Jr. Jenks. Mais, comme nous le rappelle Rip Curl : "le vintage surf est en train de revenir au goût du jour et l'attrait

pour les produits authentiques est de plus en plus visible sur le marché". UN FRONT UNI Chez à peu près toutes les marques, la continuation de ces coupes plus slim et de ces vêtements plus élégants et plus adultes a été associée à un retour en arrière vers leur propre patrimoine ou celui du surf des années 70 et 80 ainsi qu'une touche des années 90, nourrie par le grunge fait à la maison. Nous vivons tous dans un monde Instagram, filtré un maximum et flouté sur les bords, avec une riche nostalgie,

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Ce n'est sûrement pas une coïncidence si l'influence brésilienne et sud-américaine se retrouve dans de nombreux motifs proposés par les marques alors que la coupe du monde Fifa 2014 s'immisce dans nos vies pour le printemps été 2014, les Jeux olympiques la suivant de près.

LE VOYAGE Un road trip en Sardaigne, à la recherche des racines de leur fondateur, donne le ton pour la collection Brunotti : "Traverser l'île est un voyage inspirant et plein de couleurs. Les forêts de chênes noirs vieilles de plusieurs siècles, les paysages volcaniques, les villages rustiques et les plages de sable." Pour O’Neill, c’est la "Route pour Rio" avec autant de surf que de fêtes. "Ça va être chaud, intense et plein de plaisirs latins…" Leur collection principale est remplie de couleurs vives et de graphismes d'influence sud-américaine : "les couleurs estivales, super claires, sont délavées pour une ambiance plus subtile et les graphismes se focalisent sur des éléments emblématiques de Rio, retravaillés avec une touche surf." Protest pousse encore plus avant, en nous invitant à imaginer "le bourdonnement des cabanes urbaines au Brésil et les peintures au graphisme excentrique des favelas dans le paysage local. Visualisez les Indiens d'Amazonie, arborant des tresses et des perles, portant des fleurs et des fruits tropicaux éclatants de couleurs." Ce n'est sûrement pas une coïncidence si l'influence brésilienne et sud-américaine se retrouvent dans de nombreux motifs proposés par les marques alors que la coupe du monde Fifa 2014 s'immisce dans nos vies pour le printemps été 2014, les Jeux Olympiques la suivant de près. Attendezvous à voir ces photos incroyables de surf dans vos esprits, sur nos écrans TV et dans notre mode surf,

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pour un bon bout de temps. Oxbow a séparé sa collection en deux thèmes, simples mais inspirés, qui dépeignent de manière claire un éloignement du sportswear et un rapprochement vers le lifestyle, avec l'esprit du voyage et de l'escapade joliment définis en utilisant des palettes de couleurs "Pacific" et "Atlantic": Atlantic se fondant sur "les marines - rose atlantique, jaune zeste, rouge océanique, sable bleu royal et gris chiné", et Pacific sur "l'exotisme - grenade, vert tropical, jaune papaye, kaki et gris tempête". Tandis que Reef se concentre sur un style adéquat et des articles polyvalents qui permettent de voyager facilement. Sa collection Shelter Supply comprend une veste de pluie imperméable, des tissés unis pour le voyage, des bermudas pour surfer, des boardshorts, un pantalon de voyage associé à un sac à dos et une collection de sacs marins et de portefeuilles. COULEURS & DELAVAGES En dehors des palettes de couleurs essentielles des marques, il est évident qu’une sélection de plus de tons "terre" et de tons vifs délavés se retrouve chez chaque entreprise. "On observe un peu partout une tendance plus forte vers les délavages, des vestes aux T-shirts en passant par les boardshorts", nous indique RVCA. Reef pousse encore plus loin cette ambiance vintage exagérée par la lentille photo : "notre groupe de couleurs principales est atténué par le soleil qui donne une sensation délavée puis retrouvée". Chez Hurley, tout tourne autour des teintures pigmentées, des tons "terre" et des coloris tons sur tons, et Brunotti en capture l’essence en indiquant : "souvenez-vous des objets que vous avez le plus appréciés pendant votre road trip. Après deux semaines, ils sont blanchis par le soleil, super doux et remplis de souvenirs. Cette collection se fonde sur cette belle sensation. Les articles trempés dans la teinture et les articles noués puis teints vont prolonger votre été pour toujours. Les couleurs sont légères avec une touche vintage." La gamme "Since 1973 range" de chez Billabong comprend la Collection Garage : "une palette de couleurs "arty", "earthy" et naturelles présente des thèmes ethniques et congolais. Le nouveau vintage est apporté par des panneaux de couleurs en camouflage naturel, du jacquard et des rayures sur des débardeurs, des molletons, des bermudas submersibles et des chemises." Des nuances chaudes et discrètes avec des traitements vintage et un accent mis sur des tissus texturés et des fils teints se retrouvent dans la collection de Santa Cruz, influencée par le style rétro-beach : "des traitements vintage sur du Crème anglaise, du Ciel Léger, du Rouge Minéral, du Noir Vintage, de l’Or Vieilli, de l’Aqua et du Caramel". Tandis que les combinaisons de couleur clefs chez Insight affichent des groupes de couleurs primaires, le mariage du noir et de l’or, et la récurrence de verts militaires soutenus, par un orange ensoleillé. Le thème Tropical Thunder chez Bench utilise principalement des verts océans et des bleus vifs, ainsi que des panneaux de couleurs avec du gris et du bleu profond par-dessus des teintures. Parallèlement, leur thème rétro Surfer Psych présente une "palette

de couleurs assurée et avant-gardiste : du bleu Méthyl et un orange cramé puissant associé à du noir et du blanc". Et cette année, Urban Beach revient aux basiques avec des couleurs plus vives et plus brillantes : "des couleurs primaires comme du vert, du bleu et du rouge. Des imprimés classiques associés au style original décontracté d’Urban Beach". COUPES & SILHOUETTES Chez Quiksilver, ce sont des pantalons plus court et plus slim, des chemises et des sweats plus près du corps, des T-shirts et des gilets plus amples et (bien sûr) des shorts plus courts. Jan Lindeboom chez O’Neill résume parfaitement la silhouette printemps été 2014 : "le bas devient plus ajusté et plus court et, pour le haut, on voit se dessiner deux orientations : certains préfèrent les pantalons et les shorts près du corps avec un haut surdimensionné, tandis que d'autres favorisent un ensemble près du corps. Le baggy c'est fini." Kyle Gilbert, Product Manager chez Rip Curl, nous indique que : "la coupe des hauts n'a pas beaucoup évolué depuis l'été dernier. Nous offrons toujours des coupes slim et décontractées pour les T-shirts comme pour les chemises… En ce qui concerne le bas, cependant, on observe assurément un changement dans la longueur des jambes : beaucoup plus de modèles plus courts dans les boardshorts et dans les bermudas. Mais on dirait que cela évolue plus vite dans les boardshorts que dans les bermudas. Un boardshort de 19 pouces représente désormais

Photo: Protest

confortable et chaude, qui incarne tout ce qui a donné au surf son âme unique, mais tout en étant adapté à ces moments multifonctionnels de la vie de tous les jours. Billabong en est l'exemple typique dans sa gamme "Made For Living", qui présente deux collections clefs, toutes deux avec une version vitale et fraîche du style surf californien. US standard, un thème unique auquel on ajoute des couleurs vives très plage sur les molletons et les T-shirts ; et, dans la collection "In Day Trip Surfing", des panneaux de couleur typiques, l'utilisation d'imprimés photos comme du camouflage ainsi que des bandes et des finitions minutieuses comme des petits boutons de couleur et des empiècements style années 90. Protest utilise un thème inspiré des années 60 qui ramène au premier plan cette état d’esprit qui encourage à soigner un style avant-gardiste, avec des imprimés rétro estivaux, des shorts ajustés et plus courts et des T-shirts avec des motifs floraux micro imprimés, des carreaux et des bandes, disponibles en manches courtes ou longues retroussables, à porter dans un style habillé ou plus cool. Vans fait une rétrospective des années 80 pour rendre hommage à cette période et à son patrimoine dans le surf et le skate. La collection Similarly Insight s'appuie sur l'hommage automnal qui a été fait au streetwear des années 80 et 90 "depuis l'émeute du surf à Huntington Beach en 1986, le milieu émergeant du skate de la même décennie ainsi que d'autres paysages urbains ont dominé l'époque. Nos influences s'expriment à travers des styles sport subtils, des détails militaires, des imprimés inspirés de la jungle et des motifs tropicaux imprégnés de l'esthétique de la culture urbaine de l'époque."

tendances Photo: O'Neill

le standard, tandis que deux étés auparavant, il était plutôt question de 21 pouces. Le changement de longueur de jambes est en cohérence avec ce retour aux looks rétro et historiques, je pense donc qu'elle va continuer à raccourcir sur les étés à venir." D'autres gardent un champ plus ouvert en ce qui concerne les coupes. Vans offre une gamme étendue de coupes slim et de coupes classiques pour les hauts comme pour les bas : "nous allons avoir beaucoup de débardeurs et la tendance des pantalons Chino va continuer en s'étendant aux bermudas Chino et aux modèles à cinq poches dans d'autres matières que le jean". Conformément à la tendance, Alpinestars indique : "nous proposons des longueurs plus courtes pour les boardshorts et les bermudas, les coupes de nos hauts sont plus raffinées, le slim est donc athlétique plutôt que maigre, et la coupe normale est juste un peu plus généreuse". T-SHIRTS & HAUTS Les T-shirts évoluent encore et, dans l'ensemble, ils deviennent un peu plus slim et ajustés avec un col plus bas ou plus large. Ce n'est pas toujours le cas comme nous l'indique Brunotti : "les T-shirts pour hommes auront une coupe ample avec un col plus large". On observe un passage des T-shirts graphiques aux T-shirts spécialisés chez O'Neill, avec un accent mis sur la coupe, les matériaux et les finitions. "Des T-shirts à poches, des cols plus bas et toutes sortes de petits détails subtils. Tous nos T-shirts sont délavés donc, dans l'ensemble, il semblerait que notre collection ait évolué vers plus de maturité." Dans les modèles de Protest, sur nombre de ses gilets et de ses T-shirts, des cols plus larges et des poches sont la nouveauté de cette saison. Et, chez Hurley, les imprimés sur les T-shirts ainsi que les accessoires sont assortis à ce que l'on trouve dans la gamme des boardshorts. Body Glove se concentre aussi sur des coupes

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slim, présentant des imprimés photos délavés, des graphismes néons des années 80 et des looks surf vintage. Chez Oxbow, les T-shirts sont dans des cotons plus légers avec de nouveaux styles en termes de graphisme, inspirés par la Polynésie française et les encyclopédies du XVIIIe siècle, nous indiquant que ce sera ce sur quoi ils vont se concentrer. Tandis que chez Volcom, les hauts sont toujours slim et légers pour la plupart : "nous avons aussi des chemises à manches courtes (tissées) qui réapparaissent après des années de tendance à la manche longue retroussée". Quiksilver, qui met en avant son grand patrimoine, nous indique que : "les T-shirts ont plus de couleurs et plus d’art dans leur fibre. Les chemises sont imprimées, l’inspiration vient de l'histoire hawaïenne et des imprimés emblématiques Quiksilver. Il y a plus de rayures que de damiers, ainsi que des chemises en rayonne avec des imprimés kitsch, une abondance de molletons ras-du-cou qui arborent des imprimés et des tissus intéressants, ainsi que des T-shirts à poches." SHORTS & PANTALONS Réinvestissant les saisons précédentes, le slim (pas le moulant) est dans la place et moins, c’est mieux, en ce qui concerne la longueur. Les boardshorts plus courts sont à l'ordre du jour chez Protest, dans leur collection des années 60 qui présente des micro-imprimés et des tissus en cachemire avec d'autres imprimés rétro et un look classique. Body Glove nous indique que tout se joue au niveau des coutures extérieures qui sont plus courtes sur leurs shorts : "notre longueur la plus grandes est le 21 pouces, le 19 pouces est très populaire, nous avons même du 16 pouces". Quiksilver adhère à cette tendance du toujours plus court mais souligne aussi que les shorts se retroussent. Et, les shorts Vans, qui englobent une large gamme de silhouettes et de longueurs, affichent une longueur tout aussi courte mais offrent une couture

extérieure légèrement plus longue sur leur coupe décontractée (23 pouces) : "les formes ont été affinées et la coupe est superbe". Les Chinos continuent d'être un élément-clé pour le printemps été 2014, avec des marques qui continuent à proposer des coupes normales et slim avec des jambes fuselées et une invitation claire à les retrousser, comme pour les shorts Chino. Reef ajoute à sa collection un nouveau Chino de voyage qui mélange style, confort et polyvalence : "c'est une fabrication stretch et légère, avec une poche zippée pour un passeport, une poche de rangement à l'intérieur de la taille, une poche zippée à l'arrière et un passant de ceinture avec une pression pour accrocher des clefs." Les autres bas chez Reef comprennent un jean stretch coloré avec une coupe slim et des bermudas pour surfer. Les pantalons treillis font un come-back chez Urban Beach, parallèlement à leurs Chinos à la coupe décontractée, leurs jeans droit, leurs bermudas et un jogging classique. Tandis que le jean est toujours un élément central chez Volcom (souvenez-vous des campagnes Volcom Brand Jeans [VBJ]) : "c'est une catégorie historique chez nous et nous continuerons à repousser les limites en termes de style, de design et de délavage. Les bermudas sont aussi importants pour nous, nous avons une gamme étendue, du Chino au jean, et des shorts imprimés". Et, alors que beaucoup ont laissé le moulant pour mort, Alpinestars nous indique : "notre jean stretch moulant est tout nouveau pour répondre à la demande". Ils ajoutent aussi : "les bermudas sont subtils ce printemps, avec un motif presque uni mais qui présente une texture intéressante lorsqu'on y regarde de plus près". LES DETAILS JUSQU’AU BOUT Comme pour l'évolution de la coupe et de l'esthétique, il y a toujours de nouvelles technologies et de nouveaux détails qui ne doivent pas être négligés. Avec l'avènement de l'élégance simplifiée sur les quelques dernières saisons, ce sont les petites touches qui font souvent la différence, que ce soit des poches sur les T-shirts, des boutons ou un travail de matériaux sur les bermudas Hurley avec la technologie Nike Dri-Fit, les vestes Brunotti avec leur matériau Tyvek "indestructible" ou le traitement O’Neill Hyperdry qui fait complètement déperler l’eau sur leur veste Off Shore. Et, de peur d'oublier le pouvoir du peuple : le thème "Poly-Rhythmo Africadelic" de RVCA s'est inspiré des récents voyages au Sénégal de leur Alex Knost militant. Chez Billabong, on voit une collaboration Ron Stoner sur des T-shirts en édition limitée, qui reproduit les images emblématiques du célèbre photographe de surf et, chez Santa Cruz, une collection avec une série de posters artistiques emblématiques de Jim Phillips. Pour finir, chez Volcom, une capsule Ozzie Wright est prête à être lancée : "vous pouvez vous attendre à beaucoup de couleurs, des arcs-en-ciel et des messages positifs". Voilà, vous avez ce qu'il vous faut. Une offre vraiment excitante qui vous réchauffe le cœur pour le printemps été 2014 : plus slim, des coupes plus adultes associées à un graphisme du patrimoine rétro, des imprimés exubérants et du vintage délavé. Nous espérons que cela vous donne un avant-goût de l'ambiance surf de l'année prochaine, mais conservez quand même votre bermuda, parce qu'au final, comme nous le rappelle simplement Eric Gigler, directeur des vêtements Reef : "La vie est courte, allez surfer !"

Photo: Dusters

étude de tendances

CRUISE CONTROL

ÉTUDE SUR LES SKATE CRUISERS 2013/2014 La pop culture nous joue des tours en cette période. Alors que le high-tech rythme nos existences au quotidien, la mode veut que l'on rebrousse chemin dans le temps : le "rétro" ou "vintage" sont des éléments récurrents chez les urbains les plus branchés, occupés à tapoter sur leurs smartphones et tablettes dernier cri alors qu'ils sont vêtus comme si nous étions en 1966, portant pantalons chino et chemises en jean vieillies, avec une paire de baskets en toile. Par Dirk Vogel. La pop culture nous joue des tours en cette période. Alors que le high-tech rythme nos existences au quotidien, la mode veut que l'on rebrousse chemin dans le temps : le "rétro" ou "vintage" sont des éléments récurrents chez les urbains les plus branchés, occupés à tapoter sur leurs smartphones et tablettes dernier cri alors qu'ils sont vêtus comme si nous étions en 1966, portant pantalons chino et chemises en jean vieillies, avec une paire de baskets en toile. Surfant sur cette mode du "c'était mieux avant", les cruisers se sont imposés sur les racks des skate shops depuis quelques années. Peu importe où vous allez, le cruiser est LE truc qu'il faut avoir. On le retrouve même dans les pages de GQ ou Esquire, devenu un accessoire tendance sur les shootings mode. Poussés façon mongo (avec le mauvais pied) ou portés par les trucks avec le grip qui frotte sur le jean, on les trouve entre les mains de skateurs "casual" un peu partout à travers le monde, hommes femmes confondus. Et au niveau commercial, la tendance n'est pas prête de s'estomper : cette pratique "loisir" est désormais devenue une véritable sous-catégorie du marché. Pour Lucas Musgrave, directeur artistique et brand manager chez Santa Cruz Skateboards, "les cruisers ont permis de rendre le skate plus accessible et fun. Il ne s'agit plus autant de rentrer des tricks que de cruiser et se faire plaisir". REVENDEURS : ENCLENCHEZ LE CRUISE CONTROL ! Plutôt que de laisser ces skateurs, qui veulent tout simplement rouler, entre les mains des grandes surfaces et des chaînes spécialisées dans le sport, les revendeurs core doivent investir ce marché si ce n'est pas déjà le cas. "Premièrement, les revendeurs devraient foncer sur le marché. Ce type de planches

au prix élevé se destine à des clients qui ont un certain pouvoir d'achat," affirme Scott Howes, directeur marketing international de Dwindle Distribution. Mais de quoi parle-t-on au juste quand on dit de ces planches qu'elles sont chères ? "Le prix moyen tourne autour de 119-139 ¤", avance Steve Douglas, chef de produit chez Dwindle. Des valeurs à peu près identiques pour Lucas Musgrave de Santa Cruz : "Je dirais que la fourchette de prix se situe en 140 et 170 $". Chez Sector 9 Europe, Andreas "Maui" Maurmeir voit les choses de la façon suivante : "Nos prix vont de 129 à 219 €, selon la configuration de la planche et les procédés de fabrication. Elles sont produites à San Diego et le 'Made in USA' se paye évidemment". Parmi ceux qui s'en sortent bien sur ce marché des cruisers, on trouve notamment Sven Eckert, directeur de TX Sports Group, à Nuremberg en Allemagne : "Cette branche du secteur est en constante progression et comble en partie la chute des ventes sur les skates complets. Les cruisers ont permis à un grand nombre de personnes de se remettre au skate ou encore à des personnes plus âgées de pratiquer". Au skate shop High Five à Hanovre, Dennis et Oli, les tenanciers de l'endroit, racontent : "Nous avons fini par étendre quelque peu notre offre car la demande se faisait sentir de plus en plus". Quand il s'agit de déterminer le type de clients qui optent pour ces cruisers, Sven de TX Sports y va de son explication : "Ce sont typiquement des acheteurs uniques à la base mais la tendance pousse à avoir un second voire un troisième cruiser. Ce qui est plutôt bon signe". L'OFFRE : L'EMBARRAS DU CHOIX Du point de vue du revendeur, il existe tellement de

cruisers différents qu'il est de bon ton de s'en tenir à une stratégie. Dennis du shop High Five procède ainsi : "Nous retenons de préférence des cruisers proposés par des marques de skate telles que Almost, Black Label ou Cliché. Mais nous vendons également les Bantam, les cruisers plastiques de Globe. Dans la mesure du possible, nous essayons de rester fidèles aux marques de skate". Parmi ces modèles issus des marques core skate, le cruiser en vinyl de Stereo ou encore la planche Cheech & Chong arrondie de Flip Skateboard, ainsi que la Jamie Thomas de Zero en forme de balle, sont parmi les plus vendus, tout comme celui de Santa Cruz à la déco Homer Simpson (reprenant l'expression du célèbre visage des Santa Cruz dessiné par Rob Roskopp) ou les élégants Diamond Life de Diamond Supply Co., les Warhol Banana d'Alien Worshop et les cruisers de la gamme Leaf de Habitay Skateboards. Chez la marque emblématique Santa Cruz, Lucas Musgrave explique : "Nous avons dû augmenter le nombre de références en conséquence pour répondre à une demande plus diversifiée en matière de cruisers". Une large partie du marché est entre les mains d'enseignes comme Globe, Sector 9 ou Dusters California, la marque de Dwindle Distribution, qui ont toutes conçu des gammes complètes de cruisers. "Notre offre a plus que doublé. À l'automne 2012, nous possédions 17 références. Un an plus tard à la même époque, nous en comptons 36", démontre Steve Douglas chez Dwindle. DES PLANCHES À THÈMES : BIÈRES, HIPPIES ET ROCK'N'ROLL La marque californienne Santa Cruz a ouvert la voie

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étude de tendances

aux planches cruisers "thématisées" avec des modèles phare tels que le Colt 45, la Duff ou encore la Pabst Blue Ribbon, toutes en forme de cannettes de bière. Tout juste derrière les planches sous licence Simpson, la marque s'appuie sur son riche héritage de déco. "Les modèles Drop Down et Drop Thru se vendent de plus en plus, les pintails traditionnels marchent toujours aussi bien côté ventes et les clients veulent revoir les célèbres déco de nos plateaux de street sur des cruisers", explique Lucas Musgrave de Santa Cruz. Pour la saison à venir, Sector 9 mise de son côté sur l'exotisme avec une série de cruisers Discovery aux influences surf façon îles Fidji. Quant à Cliché, la marque propose d'étancher votre soif avec son Beer Cruiser, tandis que Globe fait marche arrière vers les années 80 avec ses Blasters : "Cette série se compose de trois plateaux aux shapes différents, avec des grips aux imprimés de couleur, des planches un peu plus grandes qu'à l'habitude, avec des roues plus molles", détaille Matt Wong, chef de produit monde pour Globe. Via une licence, ce sont aussi des planches Beavis and Butthead qui voient le jour, "reprenant les dessins originaux de Mike Judge sur la série animée de MTV ou encore des versions revisitées des têtes des deux personnages". Chez Dusters California, l'inspiration vient des années 60 et de la contre-culture musicale de l'époque, représentée à travers deux planches, un modèle The Doors et un autre Jimi Hendrix. "L'image emblématique du groupe The Doors associée au style rétro des planches Dusters renvoie les skateurs et fans de musique à une époque qui nous tient à cœur", explique Nano Nobrega, directeur créatif pour Dusters. LE PLASTIQUE, C'EST FANTASTIQUE ! Quand le phénomène cruiser a démarré, une marque était associée quasi immédiatement aux modèles en plastique : Penny. "Souvent, pour parler de skates en plastique, les gens en magasin demandent tout simplement une 'Penny'", raconte Richard Harris de Absolute Board Co./Penny Skateboards Australia. Au fil des ans, la gamme de skates Penny s'est étoffée et leurs petits cruisers véloces existent désormais en versions Organic, Fluorescent et Marble. Récemment, ils se sont adjoints les services de la légende du skate, Christian Hosoi : "La board lui plaît vraiment, elle reprend le logo emblématique au Soleil Levant de Christian mais, cette fois, sur une grande planche", détaille Richard Harris. Penny a également complété son offre par un modèle plus long de 27 pouces, le Nickel. "Pour les débutants, il est préférable d'avoir une planche un peu plus longue pour se faire la main et avoir davantage de contrôle. Une fois qu'ils seront plus à l'aise, ils pourront passer sur un modèle plus court de la Penny." Le nombre de déco et de graphismes que propose le modèle Penny a littéralement explosé. Désormais, on trouve ainsi des plateaux à pois ou encore avec des imprimés navajo. Et, pour une personnalisation toujours plus poussée, son site pennyskateboards.com propose un service de customisation qui permet d'assembler le skate de ses rêves sur mesure. La marque australienne Globe a placé la barre encore plus haut avec sa gamme de cruisers Bantam. Matt Wong est fier d'annoncer pour la saison prochaine le Graphic Bantam ST : "Nous avons été les premiers à proposer des skates avec une déco intégrale sur des planches en plastique. Et, si ces modèles connaissent un grand succès parmi notre clientèle skate, on les retrouve également chez des magasins plus street wear tels que Urban Outffitters en Grande-Bretagne".

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Chez Santa Cruz, on mise sur un passé surf avec, notamment, un modèle de cruiser comme le Landshark, que l'on retrouve d'ailleurs également dans une déco rasta. Jah man ! Pour "Maui" chez Sector 9, il existe également des modèles phare au niveau des ventes : "Parmi nos séries Platinum et Sidewinder, quelques modèles marchent fort depuis un petit moment désormais. Aujourd'hui, ce qui plaît aux jeunes, c'est le freeride. Les kids attaquent les descentes encore plus fort que par le passé". Dusters offre de son côté des modèles en fibre au nose pointu dont les formes ne sont pas sans rappeler une planche de surf. "Nos cruisers de taille intermédiaire tels que le Keen, le Kosher et le Flashback partent également très bien", affiche fièrement Steve Douglas. PLANCHES EN BOIS : RÉTRO ET ÉCOLO La conscience environnementale se reflète également dans les choix des clients, qui préfèrent des matériaux naturels aux polymères, en accord avec le mouvement rétro. Le pionnier du skate qu'est Santa Cruz s'est penché sur la question et revient cette saison avec un modèle spécifique : "Nous avons réalisé une réplique quasi identique de notre tout premier skate vendu en 1973, ainsi qu'une poignée de modèles qui ont fait les beaux jours de la marque lors des décennies suivantes. Tous sont disponibles dans de nouveaux coloris pour cette saison, afin de fêter le 40ème anniversaire de la marque", raconte Lucas Musgrave. Dans le plus pur style californien, Dusters a conçu l'Ace Cruiser, l'Ace Retro et le Cazh, des planches un peu plus larges, inspirées par les skates de bowl, avec des largeurs variant entre 8,25' ' et 8,75' '. Et pour mesdames, il faudra jeter un œil du côté du modèle Cindy Whitehead, dont une partie du prix est reversé à la Girl Riders Association (GRA). Sector 9 propose sa gamme Baseline dans une finition en bois poli avec une carène évidée au niveau des roues pour éviter leur contact. Chez Globe, on est particulièrement fier du Geminon FLX : "La structure est en bambou, recouverte avec des plis en érable et de la fibre, pour un bon compromis entre flex et rigidité. Les trucks sont en magnésium, à géométrie inversée, montés avec des roues uréthane haut de gamme." S'agissant de performances, les cruisers d'aujourd'hui n'ont plus grand chose en commun avec les planches-jouets du passé. Ils sont désormais montés avec un matériel de qualité et de bonnes roues, qui viennent justifier leur prix. Lucas Musgrave de Santa Cruz abonde en ce sens : "Nous faisons notre possible pour proposer des prix raisonnables sans sacrifier à la qualité. Nous avons 40 ans d'expérience en production de skates et nous utilisons des pièces provenant de marques réputées afin que nos clients soient assurés d'acheter le meilleur." PERSPECTIVES : BATTRE LE FER TANT QU'IL EST CHAUD Au début, la tendance des cruisers avait été décriée comme un phénomène ponctuel, mais que dire aujourd'hui ? "Il est encore difficile de savoir ce qu'il adviendra à ce stade", commentent Dennis et Oli du shop High Five, tout en soulignant que "même chez les skateurs, on en voit beaucoup aujourd'hui qui se servent d'un cruiser pour se déplacer jusqu'aux spots". Pour Sven de TX Sports, les cruisers ne sont pas prêts à disparaître : "Nous sommes convaincus que le cruiser est là pour longtemps, tout comme l'a été le longboard, alors nous prenons cela très au sérieux".

Pour Matt Wong de Globe, il s'agit principalement d'être en relation étroite avec les skate shops : "En Europe, les commerçants continuent à essuyer les plâtres de la crise économique, mais il nous faut saluer les efforts qu'ils ont fait nous concernant. Notre démarche a connu le succès pour plusieurs raisons : nous proposons des planches à la qualité de fabrication excellente, à des prix plus que compétitifs, tout en laissant une marge confortable pour le revendeur. Notre gamme est également très large : des modèles plastiques haut de gamme aux cruisers en bois, en passant par les longboards et des skates plus axés performance, si bien que les magasins savent qu'ils peuvent s'appuyer sur toute cette offre dont nous disposons". À noter également que Globe fournit aux shops des PLVs et autres objets de promotion. Boom éphémère ou source de revenus à long terme, aussi bien pour les marques que les revendeurs ? Toujours est-il que les cruisers se vendent fort actuellement et que, grâce à leur dimension accessible, ces planches fun sont la porte d'entrée vers une pratique du skate plus engagée pour les kids par la suite. En espérant que ce soit pour la vie. "Si l'industrie va dans le bon sens en proposant des planches de skate à la fois fun et accessibles, une partie de ces pratiquants deviendront d'authentiques skateurs par la suite", affirme Keith Wilson d'Independent Trucks, avant d'ajouter que : "Et si ce n'est pas le cas, au moins ils roulent sur des cruisers et des longboards plutôt que sur un vélo. Je préfère qu'ils roulent sur un skate et dépensent leur argent dans notre secteur que dans un autre". Grâce aux cruisers, c'est toute une nouvelle génération de kids à travers l'Europe qui pénètrent dans les skate shops, des endroits où ils pourront découvrir ce qu'est la culture skate. Et c'est là que les revendeurs peuvent faire la différence, capables d'ouvrir ces kids à une dimension qui va au-delà du cruising. "Les modes resteront des modes ! Mais le skate, le vrai, est bien plus qu'une simple mode. C'est une culture, un style de vie. Le faire comprendre aux plus jeunes est des plus importants pour que le skate reste en vie", déclare Borja Iriarte, directeur de la communication et des événements chez HLC Distribution/JART Skateboards en Espagne. Amen !

CINQ TENDANCES DU MARCHÉ DES CRUISERS 1. Une offre toujours plus large. Qu'ils soient rétros, en plastique ou à thème, ce ne sont pas les modèles qui manquent ! 2. Plus de références est essentiel pour une stratégie en magasin. Trouver la bonne offre pour le bon shop. 3. “Le pouvoir d'achat est là". Le prix idéal se situe entre 119 et 139 €, offrat de belles marges par la même occasion... 4. Fun ! Les cruisers doivent être faciles à rider et offrir des déco détonantes, qu'il s'agisse de joints, de bières ou de thèmes plus surf, voire de Jim Morrison torse-nu ! 5. Qualité et savoir-faire. Les cruisers doivent être équipés de plateaux et de pièces haut de gamme, basés sur des années d'expérience dans la production de skates.

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DU « RIFIFI » CHEZ LES PRODUCTEURS DE SNOWBOARDS L’annonce récente de la reprise d’Elan et du lancement de SWS à Dubaï a bouleversé la situation des productions à l’échelle mondiale. La consolidation attendue depuis plusieurs années suite à la baisse régulière du marché semble se mettre tout doucement en place. Source a voulu en savoir plus et a donc interrogé le gratin des producteurs. Interview et analyse par Rémi Forsans C’est maintenant officiel, Arbor snowboard fera produire ses snowboards chez Solico Winter Sports (SWS) au sein d’une usine de snowboards flambant neuve installée à Dubaï. SWS a même donné l’exclusivité de sa nouvelle installation à Arbor Snowboard pour son année de lancement. Issue d’une entreprise familiale, SWS va bénéficier pour son installation dans l’émirat de conditions inédites pour une usine de snowboards. Au cœur d’une mégalopole dont le modernisme n’a d’égal que son architecture époustouflante, Rainier Nouhra, le dirigeant épaulé par des spécialistes connus de notre industrie (John Colvin et Georges Cant, ex Elan) promet une production basée sur des technologies haut de gamme, issues de l’expérience familiale dans les composites, tout en affirmant une volonté appuyée pour produire plus durablement. Alors que les premiers éléments d’analyse du

marché hiver 2012/13 se font jour, il apparait que notre sport doive encore assumer une baisse importante, le marché dans son ensemble baisserait d’environ -12% en unités et de -14% en valeur. Une augmentation des ventes de matériels destinés aux enfants et aux femmes nous offre tout de même un signal positif dans ce marasme bien entretenu par une crise économique sans fin et sans pitié. Fort de cette actualité brulante dans un contexte de baisse du marché sur l’hiver 2012/2013, il nous importait de prendre la température sur les différents coins de la planète production de snowboards. QUELLE EST LA SITUATION GÉNÉRALE AU SUJET DE LA PRODUCTION MONDIALE DE PLANCHES DE SNOWBOARD ? Jakub Szymanski, président NBL SPORT - Pologne De mon point de vue, le nombre de snowboards

produits et, dans le même temps, le nombre des usines de snowboards sont en tendance baissière. Dans le passé, en tant qu’usine, nous produisions un grand nombre de snowboards, nous avions alors un grand acteur du marché comme client principal. Cela dura jusqu'à fin 2008 lorsque, soudainement, la crise est apparue. Les choix stratégiques de ce client ont alors entrainé beaucoup de changements. A l’époque, la politique du client était d'augmenter la production de chaque usine avec laquelle il était en contrat avec pour objectif de signer des contrats d’exclusivité pour bloquer les productions juste au niveau de ses besoins. Malheureusement, après avoir régulièrement augmenté la production pendant plusieurs années, nous nous sommes retrouvés, du jour au lendemain, sans commandes ce qui aurait pu être un désastre pour notre usine si nous n’avions pas eu d'autres options

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"Il y a sans aucun doute de la surcapacité dans les usines, même après les changements chez Elan." Photo: Endeavor / Looking Sideways

Henry Nidecker, président Nidecker snowboards Suisse

(heureusement, nous avions les kiteboards et la production de skis qui nous ont permis de survivre). D’autres usines européennes ont également affronté ce genre de crise, avec plus ou moins de succès. Pour d’autres raisons, il y a eu aussi d'autres usines fermées comme Spalding et Pale, et plus récemment Elan (mais Elan vient d’être reprise par une holding appelée C4future GmbH et a rétabli l'ancien PDG Michael Elan Kollman comme nouveau directeur de production). Donc, en général pour l’Europe, la production de snowboards se répartit principalement entre NBL, GST et probablement quelques autres en République Tchèque mais, si petites que je ne connais pas les noms. Bernard Gervasoni, vice-président Composite Tech. Company Ltd. - Chine Je pense qu'il y avait un surplus de production de snowboards dû à la baisse des quantités au fil des ans, je déplore la fermeture d'Elan, mais cela a permis d'apurer un peu la surcapacité. Austin Lee, vice-président SBF Systems - Chine La situation mondiale ne semble pas positive, mais cela est principalement dû aux conditions du marché. Je n'arrête pas d'entendre que l'ensemble de l'industrie et que toutes les grandes marques subiraient une baisse de 20 à 30% du volume des ventes de snowboards. Dans le même temps, il semble y avoir de plus en plus de petites usines qui surgissent, surtout ici en Chine, et cela ne semble pas être une indication correcte de la situation globale. Henry Nidecker, président Nidecker snowboards - Suisse Il y a sans aucun doute de la surcapacité dans les usines, même après les changements chez Elan. Thomas Berger, président de GST - Autriche Le marché mondial du snowboard représente environ 1,2 millions de pièces, OEM inclus. Actuellement, le business est plus compliqué pour les détaillants, les distributeurs, les marques et bien sûr pour les usines ! LA CHINE REPRÉSENTE-T-ELLE ENCORE UNE ALTERNATIVE POUR LES MARQUES EUROPÉENNES ? Stephane Querinjean, président de Meditec –Tunisie La Chine reste une alternative pour les planches bas de gamme. Dés que vous voulez produire des planches de qualité, les clients vont chercher les produits ailleurs. La distance, la barrière de la langue et la différence culturelle des affaires sont également des éléments en défaveur d'une production en Chine. Jakub Szymanski : De nombreuses marques reviennent en Europe. Nous avons beaucoup de sollicitations mais ce processus est très long

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Bernard Gervasoni : La Chine reste compétitive, la main d'œuvre augmente de manière substantielle (quasiment +20%/an) mais nous réagissons. Pour y palier, nous sommes en phase d'automatisation, cela nous permet de contenir les prix. Austin Lee : C’est vrai puisque les coûts ont continué d'augmenter chaque année ici en Chine. Les économies de coûts ont été progressivement réduites à cause du transport et des taxes. Néanmoins, la plupart des marques européennes considèrent toujours la Chine comme une alternative en raison de l'amélioration de la qualité de production, ainsi que de la consolidation des avantages avec leurs autres produits en Chine, tels que les fixations et les vêtements. Henry Nidecker : La communication et la qualité restent nettement meilleures en Europe, tout comme la réactivité des usines, grâce à la proximité des matières premières européennes. Thomas Berger : Je ne pense pas, grâce à notre stratégie acquise en 17 ans d'expérience sur les technologies, les demandes spécifiques des marques et aucune malfaçon en série, il nous a été possible de survivre et d’être les plus gros en Europe ! Et pourtant, nous restons fermes sur nos conditions. Chez nous, pas de moules gratuits et autres cadeaux ! LA FERMETURE D’ELAN REMET-ELLE EN JEU LA SITUATION ACTUELLE ? Stephane Querinjean : Elan souffrait depuis plusieurs années d'un manque de compétitivité dans un contexte de capacité excédentaire sur le marché mondial. Une production en Autriche ne peut se justifier que si vous êtes capables de produire des quantités supérieures à 80 à 100 000 planches par an. Jakub Szymanski : Ce qui est sûr c’est que nous allons bénéficier de quelques nouveaux clients. Bernard Gervasoni : Les clients Elan se sont déplacés vers les usines performantes, plusieurs usines bénéficient donc de commandes supplémentaires, nous faisons partie de celles-ci. Austin Lee : Evidemment, la fermeture d’Elan a simplement déplacé ses clients vers les autres usines. En dehors de ça, nous ne voyons pas beaucoup d'impact. En Chine, tous les ans, des usines ouvrent et ferment. Thomas Berger : Le déménagement des marques de chez Elan tard dans l'année a créé des problèmes des deux côtés ! Pour gagner du temps et de l'argent, les marques ont essayé de sortir leurs moules, ce qui n’est pas aussi

simple que ça ! Les marques que nous produisons maintenant à nouveau avaient un accord clair et ont soit payé leurs moules dans le passé ou soit les ont abandonnés. EXISTE-T-IL ENCORE DES RÉGIONS DU MONDE OU PRODUIRE DES SNOWBOARDS A ENCORE DU SENS ? Stephane Querinjean : Il faut pouvoir être proche de sa clientèle, avoir un outil de production flexible afin de s'adapter aux variations importantes du marché. La qualité est un point de plus en plus important. Jakub Szymanski: Bien sûr, en Europe ! Nous avons un bon accès aux marques et pouvons travailler étroitement ensemble. La communication est meilleure, les livraisons sont plus flexibles et plus rapides qu'en Asie où vous devez commander au moins un conteneur de 1 000 planches pour espérer être livré. Bernard Gervasoni : Oui, la Chine a encore plusieurs longueurs d'avance, le coût de la main d'œuvre en Europe et aux USA reste trop élevé, GST étant une exception en Europe… Austin Lee : J'ai entendu parler de cette nouvelle usine à Dubaï. C'est le dernier endroit où on peut supposer que des snowboards soient produits mais, pourtant, avec le personnel adéquat et des investissements tout est possible ! Thomas Berger : Les plus grands fournisseurs de matières premières sont encore ici en Europe et le fait d'avoir des montagnes tout autour est également un must pour une bonne usine. La proximité du marché permet des moyens logistiques courts pour la distribution. D’un autre coté, le taux de change a un énorme impact sur les prix de la concurrence, ce qui n'est pas facile à gérer ! QUELLE EST VOTRE STRATÉGIE ACTUELLE ? Jakub Szymanski : Nous avons obtenu des subventions de l'UE et du gouvernement polonais et investi beaucoup dans notre production pour les 3 années à venir. Le total est d'environ 5,5 millions d’euros, ce qui nous donne un énorme plus dans notre capacité de production et une flexibilité plus importante. Nous produisons beaucoup de skis et de kiteboards maintenant, mais restons fidèles au snowboard qui, grâce à de nouveaux clients, est à nouveau en augmentation. Nous voulons être un bon producteur pour des marques petites et moyennes et développer aussi nos marques et nos produits (Nobile). Bernard Gervasoni : La stratégie de Composite Tech est de continuer à servir ses clients de longue date, et d'avancer en R&D. Nous sommes relativement fermés à de nouveaux clients, bien qu'ayant accepté une marque supplémentaire cette année, transfuge d’Elan. Mais l’action était en cours l'an dernier déjà, et les changements chez Elan ont précipité les quantités plus rapidement que prévu. Aussi, nous diversifions nos produits avec notre département Carbone, nous produisons pour Quick Blade, le leader mondial, des pagaies et rames de Kayak/SUP, des High back pour fixations de snowboard, et nous avons beaucoup de demandes pour d'autres secteurs tels que le vélo, la chaussure… Austin Lee : SBF s'efforce toujours de produire des snowboards de qualité en temps voulu. Tant que nous pouvons maintenir notre clientèle actuelle, nous sommes convaincus que le marché et les marques rebondiront. Bien sûr, nous ne rechignons pas à accueillir de nouveaux clients, mais nous considérons toujours l'histoire des marques avec lesquelles nous travaillons. Henry Nidecker : Nous produisons la plus grande partie de notre gamme en Tunisie, usine que nous avons cédée il y a 6 mois à Stéphane Querinjean, qui y a fait d'importants investissements. Nous produisons une autre partie en Autriche, les snowboards enfants en Chine, et le haut de gamme en Suisse, dans notre nouvelle usine. Thomas Berger : La stratégie de GST depuis 17 ans est que, si vous avez plusieurs marques à l'intérieur d’une seule usine (ce qui est plus facile si vous ne disposez pas de marques propres), cela crée beaucoup de concurrence sous un même toit et cette effervescence génère aussi un dynamisme pour l'usine. VOTRE POSITION VIS-À-VIS DE VOTRE OUTIL DE PRODUCTION ? Jakub Szymanski: Nous sommes contents de notre production et de la

situation dans laquelle nous sommes actuellement. Chaque année, nous sommes en pleine croissance grâce à notre flexibilité. Nous avons investi beaucoup dans les ressources humaines, pris des cours d'anglais pour les approches techniques, et suivi beaucoup de formations nous apportant des compétences en affaires. Nous investissons maintenant dans les machines. Bernard Gervasoni : Notre outil de production évolue, l'augmentation du coût de la main d'œuvre nous pousse à investir en ce sens. Nous avons un savoirfaire unique pour la production des composants rentrant dans la fabrication des snowboards, aussi nous produisons des skis alpins et nordiques, notre technologie est constamment tirée vers le haut et nos snowboards en bénéficient plus ou moins directement. Henry Nidecker : Uniquement du haut de gamme en Suisse, pour contrôler le développement. Thomas Berger : J'ai vu disparaitre beaucoup d'usines en Europe et j'ai une idée claire de la façon de survivre. Les usines doivent assumer salaires et matériaux préalablement au financement de la production ; il doit donc y avoir un équilibre entre les marques et les usines, sur les prix, le financement et la prise de risque… Y A-T-IL ENCORE UN INTÉRÊT À POSSÉDER UNE PRODUCTION PROPRE EN 2013 ? Jakub Szymanski : Nous représentons l’alternative ! Bernard Gervasoni : Il est clair qu'il faut des volumes substantiels pour justifier le fait d'avoir sa propre usine. Cela dépend des politiques d'entreprises, certaines marques sont des producteurs dans l'âme, d'autres sont orientées marketing et commerce. Mais, malgré le bon vouloir des marques qui disposent d’une usine, la réalité d'aujourd'hui est que 90% des marques font produire par des sous-traitants. Austin Lee : Je pense que ce n'est pas trop raisonnable pour une marque d'avoir sa propre production. La production est déjà une affaire en soit et il est toujours préférable de la sous-traiter afin que les marques puissent alors se concentrer sur le développement et la commercialisation. Henri Nidecker : Je pense que oui, cela nous permet de bien comprendre les challenges que nos producteurs rencontrent et d'améliorer directement les produits. Dés qu'on a une idée, on peut la réaliser en 24 heures ! Thomas Berger : De mon point de vue et en regardant vers le passé, aucun ! Même si vous possédez une installation, vous avez besoin d’un volume de snowboards important qu’une seule marque peut difficilement supporter ! CONCLUSION A la lecture de ces témoignages, on constate que le marché de la production des planches de snowboard s’est resserré et que des consolidations ont déjà commencé. Le facteur commun des productions historiques se tourne de plus en plus vers la qualité des produits à la sortie des chaines de production. Reste que, malgré cette consolidation, de nouvelles initiatives continuent de voir le jour, à tort ou à raison. De petites productions semblent éclore pour disparaitre aussi vite dans les pays de l’Est mais aussi en Chine. Le volume de production d’Elan vat-il disparaitre au profit de SWS ? Nous avons voulu interroger Michael Kolmann (Elan) et John Colvin (SWS), mais ceux-ci n’ont pas souhaité répondre à nos questions pour le moment, trop occupés par leur actualité. D’après nos analyses, le marché de la production serait d’environ 1,2 millions de snowboards produits, OEM inclus. Dans le même temps, on estime les ventes en Amérique du Nord à 390 000 pièces, en Europe à 300 000 pièces et en Asie à 250 000 pièces (estimation), pour un total d'un peu moins d’un million de produits vendus, soit une surproduction de 250 000 pièces environ…cherchez l’erreur. Ce qui apparait clair, c’est que les mouvements en cours ne font qu’amorcer un grand bouleversement au sein de la petite communauté des producteurs de snowboards. Si le snowboard sait affronter ce changement et y faire face mieux que le windsurf n'a su le faire, on peut aussi trouver beaucoup d’aspects positifs pour le consommateur final, en particulier l’amélioration de la qualité des produits.

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controverse

UNE MARQUE MORTE DEVRAIT-ELLE LE RESTER ? J’ai de gros doutes sur les marques de snowboard qui on peut même dire allure. Tout cela, en parfaite Comme alternative, pourquoi ne pas retourner la coulent et disparaissent sous le nez du consommateur, opposition avec mort, peu populaire, dépassé, à côté terre ? Prenez la graine d’un arbre mourant – comme pour ressurgir de leur tombe peu profonde après une de la plaque, faillite, mort. les meilleurs rideurs ou les designers qui comprennent parenthèse de quelques mois pour la seule et unique C’est un sujet sensible, et pas seulement sur ce qu’est un bon produit – et faites-la pousser sur raison qu’un investisseur a donné un nouveau poumon le marché des boardsports : "Exploiter la valeur un nouveau terrain, avec un nouveau nom. Hey, ça a artificiel à leur carcasse moribonde. entrepreneuriale de marques mortes ou moribondes marché lorsque Evol Skateboards a coulé : sa division "Hey, les gars, nous sommes saufs", diront-ils, tout – quelquefois appelées aussi marques fantômes, footwear est revenue d’entre les morts sous le nom en essuyant les lambeaux de peau et de chair secs orphelines ou zombies – est un sujet contre lequel d’OSIRIS – comme la divinité égyptienne qui lui a donné qui pendent de leurs habits mortuaires. "Nous avons ont dû lutter de nombreuses sociétés, grandes et le nom – et elle est encore en vie et bien contente ! un peu perdu connaissance… Nous savons que vous petites, tous secteurs de consommation confondus", Fini le vieux, bienvenu au neuf. Si quelqu’un a su vous faisiez du souci… Mais nous sommes de retour ! écrivait le journaliste Rob Walker, en 2008, dans le construire une nouvelle marque dans le passé, c’est Nouveau chapitre !" New York Times, dans son article "Une marque morte sûr qu’il saura le refaire dans le futur. Pourquoi ne En effet, c’est un nouveau chapitre, celui qui remet peut-elle revivre ?". La seule lueur d’espoir est celle pas lancer quelque chose de frais ? Assurez-vous à plus tard une nouvelle chute. Les consommateurs que certains gourous du branding présentent comme : juste d’étudier en détail ce qui existe déjà, propriété de boardsports savent parfaitement flairer une "le défaut de mémoire du consommateur" ou lorsque d’hommes sans scrupules qui n'hésiteront pas une marque qui est finie. Tout comme dans seconde à vous traquer (ou pas… Etnics s’est la nature : lorsqu'un coyote meurt, ses bien reconstruite, en tant qu’Etnies, après Au bout du compte, quand des hommes d’âge mur, congénères éviteront à vie le lieu où leur qu’une marque d’électroménager, à l’époque, sans liaison aucune avec les boardsports, se pointent lui ait lâché des avocats enragés). semblable aura exhalé son dernier souffle. Ils éviteront de s’en approcher, tout comme à un barbecue habillés à la mode boardsports, le rideur Alors pourquoi combler le vide avec les consommateurs boardsports éviteront du vide? Ça me tue de voir comment des core peut sentir le Chien qui approche, même derrière le toute marque qui aura tristement tiré sa marques s’évertuent à faire croire le parfum goûteux des cheeseburgers. révérence, défaite sur le champ de bataille*. contraire quand les rumeurs de leur mort Normalement, avant leur décès, les sont connues de tous et en rien exagérées. marques traversent une période (très visible) de ce dernier est incapable de se souvenir ce qu’une Elles marchent comme si de rien n’était, répétant le "maladie". Les grands noms du team quittent le marque était à l’origine. Seulement, là, vous trouverez même refrain, comme un de ces robots-sentinelle bateau. Les produits sont vendus au rabais. La de la place pour une réinvention. des vieux films de science fiction qui avaient des piles marque devient ce que la matrice de cycle de vie Mais dans une petite industrie comme la nôtre, collées sur le dos, marchant avec un sourire hypocrite du Boston Consulting Group appelle "un Chien" : une construite sur l’esthétique d’un plaisir sans fin avant de faire leur dernier pas et de cesser de bouger marque avec une croissance basse voire négative, enraciné dans des produits attirants, il n’est jamais à jamais… "JE VAIS VOUS DETRUIRE… JE VAIS VOUS avec une petite part de marché et, surtout, avec bon de lire des choses comme "BANQUEROUTE", DETR… BLEEP !" peu de chances de "relancer le business". Et, "NEGOTIATIONS DE REPRISE", "NOUVEAU Game Over. S’il vous plait, gardez vos pièces, même lorsque les marques arrivent à ressusciter, REPRENNEUR", "CHUTE DU PRIX DE L’ACTION"… arrêtez de jouer. comme "Etoile" dans la matrice BCG – via des Le public oubliera-t-il cela? Je ne pense pas. investissements après la veillée funéraire ou un Quand j’avais 19 ans, un ami a arrêté de porter sa – Dirk Vogel changement de propriétaire – il est très difficile de marque favorite après qu’elle ait fermé. "Elle n’est se défaire de cette odeur de chien battu. plus dans le move," disait-il. Plus dans le move, car * Les seules exceptions à la règle sont des marques Pourquoi ? Parce que l’échec souligne les elle ne bougeait plus. Au bout du compte, quand de boardsports qui ont atteint, de leur vivant, un statut mécanismes psychologiques les plus fondamentaux des hommes d’âge mur, sans liaison aucune avec iconique et légendaire au point de devenir immortelles. des marques de notre industrie. A un niveau plus les boardsports, se pointent à un barbecue habillés Comme Jimmy’Z, Plan B ou A-Snowboards, des subliminal, les marques de boardsports sont à la mode boardsports, le rideur core peut sentir marques dont le retour a fait sonner la cloche du synonymes d’aspects positifs et pleins de vie le Chien qui approche, même derrière le parfum respect. Et que diriez-vous d’un retour de Droors ou comme : pouvoir, force, talent, passion, sport, style… goûteux des cheeseburgers. de Kanabeach ?

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SANUK Sanuk, “fun” en thaïlandais, est le rêve d'un homme d'offrir une chaussure qui soit bien plus qu'une chaussure, et d'être heureux tout au long du processus. La marque a un team d'athlètes et d'ambassadeurs, intéressant et artistique, dont les valeurs sont proches des siennes. Voici une interview du responsable marketing EMEA, James Petrie, qui va nous parler de tout ce que représente Sanuk. Donnez-nous s'il vous plaît un petit panorama des débuts et des objectifs de l'entreprise ? Sanuk a été fondée par le vétéran de l'industrie Jeff Kelley en 1997, qui souhaitait lancer une marque qui utiliserait des matériaux nouveaux et intéressants, qui ferait des produits confortables et qui afficherait une image décalée. Il a choisi le nom en traduisant "fun" en thaïlandais et, à partir de là, nous sommes devenus une marque lifestyle internationale, célèbre pour ses chaussures stylées, pour son flair décalé pour les designs innovants, et pour son humour irrévérencieux et charmant. Qui sont les membres de l'équipe dirigeante et quels sont leurs parcours ? Nous venons tous de l'industrie et d'horizons très variées : 1) James Petrie, responsable marketing, auparavant chez Vans pendant 11 ans. 2) Frank Reef, responsable commercial au Benelux, toujours vice-président de Surfrider Foundation en Allemagne et auparavant consultant free-lance en communication et en marketing. 3) Nicolas Touitou, responsable commercial en France, auparavant chez Reebok pendant 7 ans, et maintenant pour Teva en France ainsi que pour Sanuk. 4) Steve Dyer, responsable commercial au RoyaumeUni, auparavant responsable commercial régional chez Eastpak pendant 5 ans avant de nous rejoindre. 5) Petros Vaxevanakis, marketing Europe, a travaillé auparavant pour le distributeur Sanuk en Grèce, ancien rideur pro et team manager, ainsi que consultant marketing. Quelle est l'idée derrière Sanuk, plus particulièrement concernant toutes les initiatives auxquelles vous participez ? L'idée c'est de prendre du plaisir, du fun, d'où le nom. Nous voulons vous habiller pour que vous soyez heureux et nous mettons cela en place à travers des initiatives organisées par nos ambassadeurs, parmi lesquels le musicien Donovan Frankenreiter et la grimpeuse Sierra Blair-Coyle, ainsi qu’à travers notre contenu numérique comme les actus "Sanuk

News" et, sur une note plus sérieuse, avec notre collaboration avec Operation Smile au Pérou. Qu'est-ce qui vous différencie de vos concurrents ? Nous attirons uniquement des fans passionnés qui apprécient le confort et qui ne se prennent pas au sérieux. Nous sommes assurément la marque décalée par excellence, comparés à nos concurrents. Nous assumons totalement le fait d'être différents et nous prenons des risques avec des conceptions innovantes pour nos produits. Quels sont, selon vous, les aspects importants du marché européen ? Les points que nous trouvons importants sur un marché ne sont pas forcément les mêmes au Benelux, en France ou en Angleterre. Nous essayons d'observer chaque marché pour trouver des thèmes communs en lien avec Sanuk. En essence, ce que nous avons découvert, c’est que tout le monde aime l'idée de prendre du plaisir avec un produit confortable, mais l’ambiance de la marque n'a pas été conçue pour notre audience régionale en particulier. Nous avons fait ce que nous aimons faire et il s'est avéré que la marque a commencé à prendre son envol ici. Comment soutenez-vous les athlètes et les sports de glisse ? Nos ambassadeurs se prennent au jeu parce qu'ils ont la même mentalité que nous, à savoir prendre du plaisir, et pas parce qu’ils ont un bon classement ni pour l'appât du gain. La plupart d'entre eux viennent du surf, du snowboard et de l'escalade, et nous voulons qu'ils prennent du plaisir quand ils travaillent avec nous. On sait qu'on fait bien notre boulot parce que ça se voit dans leurs sourires, dans leurs blogs et dans leurs posts sur les réseaux sociaux quand ils sont ensemble. Quelles autres actions marketing utilisez-vous ? Soutenir son revendeur local est un leitmotiv bien connu dans la culture du surf et du plein air, et nous essayons d'en faire notre philosophie. Nous activons cette ressource à la racine en organisant

des événements locaux et en apportant des moments de plaisir à tous nos fans, des compétitions de surf déguisées aux barbecues ou aux concerts sur la plage. Les réseaux sociaux jouent un rôle important dans tout ça et, en conséquence, la plupart de notre contenu est généré par les utilisateurs. Pourquoi un revendeur devrait-il proposer votre marque ? Ce que veut un revendeur c'est faire du chiffre d'affaires, fidéliser ses clients et pouvoir survivre ou même se développer. Chaque marque doit démontrer qu'elle peut dynamiser ces paramètres, en se battant pour une part du budget d'achat du consommateur et en montrant sa pertinence aux acheteurs. Ce qu’offre Sanuk, c'est un ticket pour être heureux, des produits qui ont changé l'industrie, qui sont confortables et qui attirent une large audience. Nous pensons que c'est très convaincant pour les revendeurs qui souhaitent prospérer. Comment envisagez-vous le futur de l'industrie ? Les marques qui sont exclusives et conçues sur des principes authentiques comme Sanuk auront toutes leurs chances de se démarquer sur notre marché bondé et de survivre à la réalité financière de notre époque. Être honnête, juste et authentique est très important pour les consommateurs, ils apprennent ainsi plus d'infos sur les marques et les redéployent dans le domaine public. Ils veulent une expérience intégrale avec la marque qui les accompagne dans leur vie, et ceux qui font l’impasse sur ce sujet seront laissés de côté. À l'inverse, ceux qui embrassent ce principe, auront toutes les chances de réussir. Où peut-on trouver vos produits, vos vidéos et autres ? Site web : www.sanuk.com Facebook : www.facebook.com/sanukfootwear Twitter : https://twitter.com/sanukfootwear Sanuk Tumblr : http://sanukfootwear.tumblr.com Pinterest : www.pinterest.com/sanukfootwear Video : www.youtube.com/sanuk Photos : www.flickr.com/photos/smile_pass_it_on Instagram : @sanukfootwear

w: www.sanuk.com #smilepassiton / a: Liberty House, 222 Regent Street, London, W1B 5TR, UK / t: +44 (0) 207 297 2089 / E: [email protected] 52.

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PERUS CREW Le team Perus est sur le devant de la scène skate européenne après avoir été parmi les cinq finalistes des European Skateboard awards annuels du Bright cette année. Le team finlandais a vraiment fait preuve de détermination et a discrètement pris de la vitesse sur les années passées, explique Sean James, PDG/Manageur. Donnez-nous s’il vous plaît un petit panorama des débuts et des objectifs de l'entreprise ? Le team Perus a débuté entre les mains de Pirkka Pollari, il y a environ 12 ans dans le quartier de Matinkyla à Espoo en Finlande. Perus signifie "basique" en finlandais et le team de Pirkka est devenu le team Perus à moment donné. Ils ont commencé par réaliser une série de vidéos appelée Perus Pätkä et ont sorti 10 vidéos intégrales à la suite sur les dernières années. Le team a changé et s’est développé en permanence au fil du temps pour devenir ce qu'il est aujourd’hui. J’ai déménagé de l’Australie à Helsinki en 2007, au moment où les gars en étaient au numéro 7 de la série Perus pätkä, et les deux premières vidéos européennes que j’ai vues quand j'ai déménagé ici étaient Alis - Who cares et PP7 de Perus. Ensuite, on est devenu très amis avec Jesse Turunen, Pirkka Pollari, on skatait et on faisait la fête ensemble tous les jours. À moment donné, il devenu évident qu'on devait lancer quelque chose et essayer de diffuser le skate finlandais de notre génération au reste du monde. Puis les choses se sont développées, nous avons décidé de former des teams séparés, ce qui nous a permis de garder avec nous tous les plus grands noms et nous a inspiré le développement de la meilleure formule pour la conception des roues afin de répondre aux besoins de ces skateurs exceptionnels. Les choses ont rapidement pris de l'ampleur et se sont développées un petit peu trop vite d'une certaine manière. Maintenant, avec l'expérience acquise, elles sont bien installées et continuent à progresser et à se développer de manière constante. Qui sont les membres de l'équipe dirigeante et quels sont leurs parcours ? Les propriétaires sont Pirkka Pollari, Jesse Turunen, Alex Rocher et moi-même (Sean James).

Pirkka est à la tête de la production vidéo et contribue énormément au graphisme des roues. Notre équipe de cameramen comprend : Pirkka Pollari, Travis Adams des US, résidant maintenant à Helsinki, et le membre du crew OG, Tobbe. Ainsi que Thomas Winkle, Lurkki et Francisco Saco. Au fil des années, nous avons travaillé avec Tuukka ‘Deeli’ Kaila, Arto Eckman, Antton Miettinen et, dernièrement, avec Sam Clark d'Afrique du Sud, derrière les caméras. Un gentleman nommé Mika Jaskari prend soin de nos comptes, sans son talent, nous ne serions pas allés si loin ! Qu'est-ce qui vous différencie de vos concurrents ? Nous n'avons pas de soutien financier de la part des grosses entreprises et nous travaillons quasiment sans investissement. Nous sommes dans ce business pour l'amour du skateboard, pour la vie, les amis et les bons moments. Nous ne sommes pas venus dans l'industrie pour essayer de nous enrichir, mais pour tenter de développer une sorte d'opération pour soutenir notre grande famille. Notre rêve c'est qu'un jour nous puissions gagner suffisamment d'argent pour nous en sortir, pour être en mesure de travailler à plein temps sur Perus et de générer des revenus pour ceux que l'on aime. Utilisez-vous des ressources locales dans vos produits ? La fabrication de vêtements et de matériel est si chère en Finlande que c'est pratiquement impossible à envisager. Cependant, nous réalisons ici-même nos articles tricotés comme les bonnets, les écharpes et les gants. Ça fonctionne presque avec un bilan nul, mais la qualité est tellement meilleure que ça vaut le coup, de mon point de vue, pour que le consommateur ait le produit le meilleur possible. Pour la plus grande partie, nous faisons fabriquer

nos vêtements dans une usine familiale à Tiripur en Inde. Nous travaillons de manière rapprochée avec eux depuis cinq ans. Nous avons une relation fantastique avec ces gens, nous recevons des vêtements d'une excellente qualité et nous apprenons beaucoup de choses avec eux. Quels sont selon vous les aspects importants du marché européen ? Je crois qu'avec la plongée du skateboard en ce moment, de nombreuses opportunités se sont présentées pour les entreprises de skateboard indépendantes en Europe. Les marques comme la nôtre, Polar, Palace, Magenta, Gypsy, Isle et bien d'autres se sont vues donner l'opportunité de briller. Je pense que la manière dont ont réagi les plus grandes entreprises à la baisse des ventes dans le skateboard, en supprimant des programmes entiers d'un jour à l'autre et en détruisant le moyen de subsistance de nombreuses personnes, a fait que les gens se sont réveillés et ont commencé à soutenir de véritables entreprises de skateboard, dirigées par des skateurs. Nous sommes là pour longtemps et nous aimons le skateboard. La manière dont je vois les choses maintenant, c'est que l'industrie du skate européenne est la plus importante du monde, grâce à la diversité et à la polyvalence extrême des styles, des spots, des cultures et du nombre de skateurs qui sont à l'origine des diverses marques, par opposition aux trois grandes banques d'investissement qui possèdent toute l'industrie et la monopolisent. Où peut-on trouver vos produits, vos vidéos et autres ? (web/facebook/etc) https://www.facebook.com/Perusglobal peruscrew.com instagram @peruscrew

W: peruscrew.com / A: Allerstrasse 11, 12049. Berlin, Germany / Hakkilankaari 9, Vantaa, Finland / T: +49 15731574777 / E: [email protected]

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EVOA Evoa et la première gamme de crèmes solaires dans le monde éco-compatible et approuvée scientifiquement pour une utilisation sur récif corallien ; ce qui est un argument de vente unique et plutôt spécial. SOURCE s'entretient avec Christel Dupiellet, la directrice marketing et communication, pour comprendre ce que propose Evoa. Donnez-nous s’il vous plaît un petit panorama des débuts et des objectifs de l'entreprise ? En 2008, une étude menée par une équipe de scientifiques a révélé la toxicité des crèmes solaires pour les récifs coralliens et la vie sous-marine. Après deux ans de recherche, ils ont développé la première gamme de crèmes solaires du monde écocompatible et approuvée scientifiquement pour une utilisation sur récif corallien : Evoa. En 2012, EQ, la marque de sports extrêmes qui fait des produits pour la prévention des blessures, l'amélioration des performances et du bien-être, a racheté Evoa. Qui sont les membres de l'équipe dirigeante et quels sont leurs parcours ? Edouard Thouvenot est le fondateur et le Brand Manager de EQ. Après un surf trip dans l'océan Indien, il a décidé de quitter son job de directeur export dans l'industrie du vin, pour travailler en collaboration avec l'équipe de scientifiques afin de développer la gamme Evoa. Il s'est ensuite associé avec Franck Bywalski, PDG et fondateur d’une entreprise de distribution spécialisée dans les articles de sports extrêmes, comprenant X-Treme Video, GoPro et XSories. Georges Lagardère est directeur des ventes et Christel Dupiellet est directrice marketing de toutes les marques distribuées par le groupe. Où êtes-vous actuellement distribués ? Les produits Evoa sont distribués dans le monde entier... Il y a un réseau solide de surf shops mais aussi de pharmacies, et de magasins spécialisés (produits bio, voyages, hôtel, etc.). Comment envisagez-vous de procéder pour garantir la croissance sur le marché des sports de glisse ? Nous capitalisons sur 18 ans d'expérience dans l'introduction réussie de marques innovantes sur le

marché, avec des gammes de produits adaptés aux adeptes de sports extrêmes et proposant une image distinctive. Qu'est-ce qui rend votre produit attrayant sur le marché des sports de glisse ? Les crèmes EVOA sont 100 % naturelles, hypoallergéniques, sans paraben et résistantes à l'eau. Elles offrent une protection ultime contre les UVA et les UVB et sont adaptées à toute la famille, pour le visage comme pour le corps. Elles sont parfaitement adaptées aux adeptes de sports aquatiques puisqu'elles sont aussi très confortables (en particulier lorsqu'elles sont en contact avec les yeux) et faciles à transporter (avec le bâtonnet 50+). Qu'est-ce qui vous démarque de vos concurrents ? Evoa est la première gamme de crèmes solaires dans le monde à être éco-compatible et scientifiquement approuvée pour une utilisation sur récif corallien. Testés sous contrôle dermatologique, les produits Evoa sont 100 % naturels et utilisent les ingrédients biologiques les plus fins et les plus purs. Quel est selon vous votre point clé sur le marché européen ? Notre reprise de distribution a lancé avec succès des produits qui n'étaient pas disponibles auparavant sur le marché des sports d'action, mais qui pourtant représentaient une forte attraction et un fort intérêt pour les consommateurs. En conséquence, nous avons développé un réseau unique et diversifié de revendeurs, partout en Europe. La distribution européenne et les consommateurs sont sensibles à une approche durable de la production, et des produits tels que Evoa trouvent leur place sur de nombreux marchés (sport, voyage, produits bio, etc.).

Quel marketing utilisez-vous ? Nous communiquons sur des événements en sponsorisant des compétitions de surf comme le Swatch Girls Pro en août prochain. C'est très important pour nous d'être présents et de nous faire connaître directement par la communauté et le grand public. Nous projetons aussi de travailler en collaboration avec des athlètes influents qui partagent les valeurs de notre marque et pourront ainsi disséminer l'information dans la communauté. Nous sommes tous conscients des dangers de surfer sans porter de crème solaire. Mais qu'est-ce que EVOA offre de plus que les autres crèmes solaires ? Il est aujourd'hui bien accepté qu'une exposition prolongée au soleil est dangereuse, à cause des UVA et B. La crème solaire fait partie de l’équipement quotidien des gens qui sont exposés au soleil, d'autant plus pour ceux qui sont impliqués dans les sports aquatiques parce que la réflexion de l'eau augmente la dangerosité potentielle des rayons. La filtration des rayons est rendue possible soit par des filtres chimiques, soit par des filtres minéraux. Les filtres chimiques ont été identifiés comme toxiques pour les récifs coralliens, alors que les filtres minéraux sont certifiés comme étant non toxiques. Evoa est 100 % naturelle et résistante à l'eau, offrant ainsi une protection optimale pour l'utilisateur et pour l'environnement ; elle est parfaitement adaptée aux surfeurs et aux personnes pratiquant les sports d'eau. Où puis-je trouver vos produits, vos vidéos et autre ? Sur notre site Web www.eq-love.fr et sur notre page facebook. Nous avons aussi une community page sur facebook intitulée Live, Love, Care with EQ où chacun peut partager ses idées et ses images.

W: www.eq-love.fr / A: 9, rue de la Négresse – 64200 Biarritz – France / T: +33(5) 59 43 86 00 / E: [email protected]

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NOUVEAUX PRODUITS 01.

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01. VANS ROWLEY PRO LITE Dessus sans couture perfectionné et semelle extérieure vulcanisée, pour la Rowley Pro Lite de Vans. Chausson intérieur en néoprène respirant et doublure Vans’ Ultracush Lite, le tout dans une membrane extérieure en daim durable aux endroits clefs et un maillage léger et respirant, pour cet ensemble performant et ultra léger. Disponible en 3 coloris. www.vans.com 02. BLEED : VESTE WOODY La veste à capuche Woody de Bleed est fabriquée à partir de coton 100 % biologique, d'un tissu poivre et sel et d'une pièce en liège végétal avec une gravure au laser. Produit de qualité, propre et intemporel, look superbe, il offre aussi une agréable sensation sur la peau. Bleed produit des vêtements biologiques non toxiques depuis 2008. www.bleed-clothing.com

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03. ETNIES : CHAUSSURE HIGHLIGHT La nouvelle Etnies Highlight c'est des semelles 100% en mousse STI Evolution Foam, et zéro caoutchouc. Aucune autre mousse que l’Evolution Foam ne donne une chaussure de skate si légère et avec un tel amorti. Plus de confort et de maintien avec le chausson intérieur qui bloque bien le pied, et une protection supplémentaire et plus de peps, grâce à la doublure en silicone gaufré dans la zone du Ollie. www.etnies.com 04. SKULLCANDY : CASQUE CRUSHER Le casque Crusher, très attendu chez Skullcandy, offre une expérience sensorielle unique des basses, dérivée de la technologie "dual driver" : pilotes Powered Sensation55™ dans chaque écouteur, Supreme Sound garanti par les pilotes séparés REX40™, potentiomètre placé sur l'écouteur de gauche. Construit avec des matériaux de première qualité, le Crusher est conçu pour un ajustement précis, associant confort et durabilité. www.skullcandy.com

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05. VOLCOM : CHAUSSURE THE BUZZARD Volcom introduit la Buzzard dans une superbe version en daim bordeaux. En plus de son incroyable confort, cette chaussure présente un panneau asymétrique unique, une semelle extérieure en caoutchouc moulé et une fabrication vulcanisée. "Be different, wear Volcom". www.footwear.volcom.com 06. HOUSE OF MARLEY : MONTRES House of Marley étend sa gamme de produits avec une collection de montres éco-friendly au style premium. Minimalistes, elles présentent des textures et définitions sophistiquées utilisant des matériaux éco-friendly comme du bois provenant de sources durables, des parties en acier recyclé, du coton biologique, et du cuir réutilisé. www.houseofmarley.com/watches 07. ALPINESTARS : POLAIRE FREEMONT 2013 marque le 50ème anniversaire d’Alpinestars, une marque qui a conçu certains des meilleurs vêtements techniques et de détente pour la moto et le vélo. Son tout nouveau haut Freemont Fleece présente une coupe slim, un zip frontal, une capuche doublée de maillage Mock Mesh, un imprimé HD sur la capuche et la poitrine, et est disponible en plusieurs coloris. www.alpinestars.com

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ZOOM SUR LE MARCHÉ

ALLEMANGE Jusqu'à présent, l’été n'a pas vraiment tenu ses promesses cette année. Ce drôle d’hiver sans fin a été suivi d'un printemps froid et court, et les premiers mois officiels de l'été n'ont pas changé grand-chose. D'où l'article de presse optimiste de l'union du commerce allemande : "les consommateurs font leur stock de maillot de bain avant leurs vacances", ne s'est pas avéré réaliste pour l'industrie des sports de glisse. Le froid et la pluie n'encouragent pas l'achat de "produits d'été classiques comme les tongs, les maillots de bain et les bikinis", comme nous l'avons appris par Malte, qui dirige le magasin de surf, de skate et de snow Surfline à Kiel. C’est la même chanson au sud de Fribourg, où Layback Distribution a son siège social et son magasin, ainsi qu'à Berlin, où Tom de Lasrollen s'accorde à dire : "le printemps a été très lent". Les basses températures ont pourtant eu un effet positif puisque, pour le surf, cela fait de bonnes raisons de vendre plus de combinaisons. "Nous avons eu une grosse augmentation dans le secteur du Néoprène cette année", s'enthousiasme Malte, et d'ajouter une idée sur le pourquoi de cette augmentation : "nous avons vu beaucoup de débutants dans le magasin, ce qui prouve que de nouvelles personnes se mettent à ce sport". En outre, à la différence d’il y a quelques années, les débutants n'ont pas peur de dépenser de l'argent dans du bon équipement. "Les clients ont compris qu'il vaut mieux dépenser 100 ¤ de plus pour une combinaison qui durera quatre à cinq ans et qui leur va vraiment bien, afin de qui ne la sentent quasiment pas dans l'eau", a-t-il remarqué. "Par exemple, la E-Bomb chez Rip Curl s'est vendue trois fois plus que l'année dernière." Ce goût pour une meilleure qualité continue dans le secteur du matériel et elle a enregistré une augmentation significative dans les planches de surf sur mesure. "La demande de planches qui ne sont pas fabriquées dans des usines, comme Fatum, augmente de manière constante. J'ai la sensation que les clients en ont marre des planches en boîte, comme les productions de Surftech ou Factory, et il y a une forte tendance au retour aux planches de shapeurs." Les raisons de ceci, pense-t-il, sont "qu’il y a un désir de plus d’individualité bien sûr, mais il semblerait aussi que les gens réalisent finalement qu'ils n’obtiennent pas les meilleurs shapes ni la meilleure qualité en achetant les trucs pas chers et que les shapeurs vont commencer à changer de boulot et à démissionner s'ils ne peuvent pas vivre du shape." La tendance vers la qualité et l'identité se retrouve aussi sur le marché du longboard, qui est devenu une partie vitale du business pour la majorité des skate shops en Allemagne. Il y a aussi actuellement un changement dans l'âge chez les skateurs : "on ne voit plus de jeunes. Ils préfèrent aller faire du shopping avec leur copine dans les chaînes de magasins pas chers des grandes villes", est forcé d'admettre Tom de Neokeltic, à Bad Tölz, au sud de Munich. Beaucoup de ses clients "ont grandi" avec lui et "ont maintenant atteint un certain âge, avec des enfants et des poussettes, et ils achètent un longboard, des jeans et des cardigans de bonne qualité de notre marque Liebling". Des bons moments se trament pour ces shop qui se spécialisent dans le longboard comme les magasins core Lasrollen à Berlin et Layback à Fribourg, pour ne citer que deux exemples. "De plus en plus de gens suivent le mouvement, avec des longboards disponibles chez de plus en plus de vendeurs. Mais le fondateur de Lasrollen, Tom, en rigole et ça ne le gêne pas du tout. "Nous mettons l'accent sur la qualité et la durabilité de notre shop. Avec les trucs pas chers, vous atteignez votre limite très rapidement ; bien sûr, vous pouvez rider un longboard à 90 ¤ qui vient du supermarché du coin de la rue, mais en dépensant 200 ou 300 ¤ vous aurez un produit qui fonctionne bien et qui vous permettra de progresser. Donc vous allez l’utiliser beaucoup plus et vraiment comprendre son potentiel." Une donnée que ses clients comprennent très bien. "Nous devons admettre que notre cible principale sont les adultes, ils préfèrent dépenser quelques dollars de plus lorsque, en retour, ils obtiennent

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Par Anna Langer

un bien meilleur produit, qui dure vraiment." C'est ce qu'ils font dans le magasin de Berlin en soutenant des petites marques locales connues pour leur qualité comme pour leur faculté d'innovation. "Nos best-sellers sont les longboards et les snowboards Never Summer, Fibertech et Pumpkin de Suisse, ainsi que Bastlboards, Bernackel et Kaliber d’Allemagne. Leurs planches sont assez chères, mais de qualité supérieure est très robustes. Bien sûr, cela signifie que les clients ne peuvent pas acheter une nouvelle planche tous les ans, mais beaucoup d'entre eux sont tellement contents de leur planche qu'ils en achèteront une autre quand même et se diversifieront un peu en optant pour une version plus longue, plus courte, ou encore en ajoutant à leur collection une planche de downhill ou de freeride." La spécialisation, c'est aussi la recette de Layback, qui distribue Landyachtz, Loaded Boards, Crail Trucks et quelques autres petites marques, et qui dirige son magasin spécialisé longboard dans le sud-ouest. "Comme ici nous avons des collines, notre positionnement est assez spécial avec des modèles de downhill et de freeride, et des clients qui cherchent des choses très particulières. Nous vendons beaucoup de composants", indique le responsable commercial Felix. La tendance longboard a été plutôt vers le grand public dans ce coin du pays : "cette année ce sont plutôt les cruisers qui représentent nos meilleures ventes, tout ce qui est en dessous de 200 ¤. Il y a beaucoup de demandes pour ce secteur, avec de nouvelles personnes venant dans notre magasin." Malheureusement, le secteur streetwear/vêtements est toujours difficile pour la majorité des détaillants. Beaucoup de magasins core se sont carrément débarrassés du prêt-à-porter ou, tout du moins, l’ont réduit. Layback a décidé de se spécialiser dans le matériel il y a seulement deux ans, tandis que, plus au nord, Surfline a réduit sa collection. "Il y a environ deux ans, nous nous sommes débarrassés des grosses marques de surf qui ont des deals importants avec les gros revendeurs en ligne comme Amazon ou Zalando et nous travaillons maintenant avec de plus petits labels comme Rhythm, Soöruz et Two Thirds. La seule grosse marque qui reste est Volcom, parce que ça reste pour nous une marque core. Lasrollen partage ce point de vue. Ils avaient auparavant "toutes les grosses marques mais, puisque les clients sont si gâtés par la vente en ligne, ils n'achètent plus rien sauf si c'est en solde, nous avons donc décidé de changer notre approche. Maintenant, nous proposons ce que vous ne pouvez pas obtenir à chaque coin de rue : des produits uniques que vous ne trouverez pas ailleurs, dont les prix sont justes et dont la qualité est élevée." Une approche plutôt réussie, appuyée par Green Room Project à Kiel, le second magasin Surfline, dédié uniquement aux produits durables. "Ce shop a récolté plus de Like sur Facebook que notre magasin principal et ce, dans un laps de temps très court", se souvient Malte. Nous sommes maintenant dans notre quatrième année et nous sommes rentables aussi !" Une vision positive pour l'hiver prochain, grâce aux surfeurs et aux étudiants des universités de sport, qui créent une grosse demande de matériel, particulièrement chez Lib Tech, Never Summer et Ride. Les perspectives ne sont pas aussi positives au sud, en Bavière, mais cela donne à réfléchir. Après le troisième cycle d’explosion et de retombée avec son shop Neokeltic, Tom souhaite que l'industrie pense et prévoit un peu les choses à l'avance. "Les marques devraient proposer des "gammes core" spécifiques et les réserver aux shops qui nourrissent les sports et dressent leurs étendards. Ainsi, nous pourrions vendre des produits que les clients ne pourraient pas avoir sur les gros sites de vente en ligne, ce qui serait vraiment parfait", et les kids auraient de nouveau une raison de venir traîner dans leur magasin local, au lieu d'aller sur Internet.

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ROYAUME UNI "Les porte-monnaie sont vides", "Où sont passés les clients ?", "Il faut que le temps change", "L'année est d'ores et déjà perdue", "Mais c'est quoi ce bordel ?". Voilà le type de commentaires que l'on peut entendre de la part des revendeurs, et pas seulement ceux que nous avons interrogés pour cet article, mais de ceux que nous rencontrons au quotidien. De nouveau, la météo risque de monopoliser le débat, alors pour en finir une bonne fois pour toutes, OK, il a fait très mauvais, mais désormais les beaux jours sont là et l'été démarre enfin. Pendant que j'écris ces quelques lignes dans le brouillard, depuis Plymouth aux États-Unis, la Grande-Bretagne est baignée par une vague de chaleur. Quand vous aurez ce numéro en mains, vous saurez ça a duré ou non. Si l'économie britannique connaît des hauts et des bas, la situation semble plutôt bonne actuellement, voire même plus que bonne si on la compare à ses voisins européens. Si le PIB a légèrement reculé, la croissance est encore là (0,6 % sur les trois mois qui ont précédé mai) et, malgré le point mort du niveau du chômage, tout juste 8 % de la population active, le nombre de personnes en demande d'allocations emploi a davantage baissé que prévu. En même temps, le prix de l'immobilier a connu une nouvelle hausse en mai, la plus forte de ces trois dernières années, et l'activité du secteur de la construction a continué à diminuer, mais de façon moins spectaculaire qu'attendue, plus précisément de 1,1 % contre 4,1 %. Si la baisse est effective, elle semble connaître un certain ralentissement. Évidemment, il faudra attendre les prochains grands mouvements dans le secteur bancaire pour avoir une vision plus globale. La Lloyds et la National Westminster Bank - toutes deux détenues majoritairement par des capitaux publics - seront sans aucun doute privatisées avant les prochaines élections. Quelles que soient vos opinions politiques, que vous approuviez ou pas cette décision, faire croire au grand public qu'il fait une bonne affaire (sans compter qu'il œuvre dans le sens du Parti Conservateur à l'approche des élections, c'est cynique mais c'est ainsi) est un moyen comme un autre de faire rentrer de l'argent dans les caisses des consommateurs. En tout cas, c'est le but recherché ! Ce plan fonctionnera-t-il aussi bien pour les commerces que pour les Conservateurs ? Rien n'est moins sûr, mais c'est une bonne perche à saisir. Le Facteur Pinte ! Il y a peu, j'étais en pleine discussion avec Iam Sansom du magazine The Reason et il me livrait une approche peu conventionnelle de l'état du marché. Pour la saison à venir, son titre sera proposé à la fois en version papier et en version numérique (jusqu'ici, seule existait la version papier). Rien de plus courant pour un titre de presse aujourd'hui me direz-vous, sauf que The Reason sera gratuit en version papier alors que la version en ligne sera payante, disponible uniquement par abonnement. "The Reason a toujours été gratuit, il suffit de se rendre en magasin et de repartir avec un exemplaire. L'idée derrière ce fonctionnement est de permettre aux revendeurs de tisser une relation de confiance avec leur clientèle et, évidemment, nos mags partent comme des petits pains", explique Ian. The Reason est vraiment là pour servir les revendeurs qui ont pignon sur rue. "Nous espérons qu'en étant gratuit, le magazine pousse les snowboardeurs à franchir régulièrement la porte des shops pour trouver leur dose de snowboard mensuelle, ce qui se révèle une vraie opportunité pour le magasin de leur vendre quelque chose. Si la presse en ligne est de plus en plus présente, nous tenons à conserver cette approche d'une "gratuité de proximité" à travers les shops et, ainsi, que notre mag en ligne soit payé par abonnement en tenant compte du Facteur Pinte. Le quoi ? "Il s'agit de comparer le prix à celui d'une pinte de bière. Quand j'essayais de déterminer combien je serais prêt à payer pour un abonnement en ligne, j'en suis venu à la conclusion que le prix d'une pinte me semblait raisonnable,

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Par Gordon Way, Ultra Sport

soit 3,99 livres pour 4 numéros (4,60 ¤). Le premier numéro est gratuit, cela permet de faire un essai sans engagement." Tout cela peut sembler tenir davantage d'une œuvre philanthropique que d'un véritable business, mais The Reason (et Ian) est largement soutenu par le secteur, et son modèle d'accompagnement des revendeurs se révèle une formule gagnante. Comme le résume le slogan de Tesco, la plus grosse chaîne de magasins en Grande-Bretagne : "Every Little Helps" (Tout est bon à prendre). Se baser sur le Facteur Pinte dans votre vie quotidienne ne fera pas baisser le prix de vos achats, pas plus qu'il ne facilite la vente, mais il offre une perspective intéressante sur le prix des produits. Lorsque l'on est prêt à débourser 3 à 4 livres pour une pinte de liquide ambré que l'on ne va faire que filtrer pour l'évacuer peu après aux toilettes, cela permet de remettre les choses à leur place quant aux prix en hausse dans nos sports préférés. Ce qui apparaît évident pour l'instant est que le marché débutants, tous secteurs confondus, est au point mort. Qu'il s'agisse du surf, du skate, du kite, du kayak ou du wake, nous sommes tous dans la même galère. Le représentant d'un gros site marchand dans le surf, qui a souhaité garder l'anonymat, nous a révélé : "Nous vendons environ 1 200 planches par an, réparties à moitié entre les surfeurs réguliers et les débutants. Les ventes de planches haut de gamme se maintiennent bien mais c'est une autre histoire pour les modèles débutants. On parle de -70 % en ventes par rapport à une année normale. C'est la catastrophe". Une météo plus clémente peut-elle suffire à changer la donne ? "Évidemment que cela aidera mais, si tout n'est pas encore gâché pour des sports comme le surf, pour d'autres comme le kayak, les ventes sont définitivement perdues." Le constat est relativement simple : les pratiquants réguliers ne seront pas forcément freinés par un temps pourri, alors que pour les débutants, pas moyen de faire leur apprentissage ! Le mois dernier, j'ai eu l'occasion de parler avec Matt de H20 à Poole. Si vous êtes un lecteur fidèle, vous vous souvenez peut-être que ce magasin de taille conséquente avait été divisé en trois parties : la première est une version réduite de l'ancien H20, la seconde un coffee bar bien cosy et la troisième, appelée Coast, a pris la forme d'un des surf/skate shops les plus classieux que j'ai jamais vu, et qui vaut le détour si vous passez par là. Le gérant, Jake, en est à son premier exercice d'activité. "Ça a démarré plus doucement que je l'aurais souhaité et nous savons tous pourquoi ! Mais ce n'est pas si mal pour une première année et nos chiffres correspondent à ce qui était attendu. Le marché du skate continue à bien fonctionner et l'habillement s'en sort pas trop mal." Le coffee bar est tenu par la sœur de Jake et elle sait pertinemment que c'est grâce au bar que l'endroit connaît une bonne fréquentation : "Il y a de plus en plus de monde et pas seulement les week-ends, c'est un très bon moyen d'attirer de nouvelles personnes à l'intérieur qui visitent le shop par la même occasion". L'endroit est un véritable havre de paix, élégant, impeccable, le tout dans un environnement spacieux. "L'architecture intérieure et l'ambiance qui se dégage du magasin ont attiré un type de clientèle plus âgée que prévu initialement," évoque Jake, avant d'ajouter "mais je ne peux pas m'en plaindre, ces clients ont davantage de pouvoir d'achat, qu'ils continuent à venir !". Si le beau temps persiste, peut-être, mais alors vraiment peut-être, que l'été sera sauvé au niveau des affaires. Pour finir, sachez que mon anniversaire a eu lieu récemment et que j'ai décidé qu'il était temps de faire ma crise de la quarantaine, alors j'ai dépensé l'équivalent de 2 000 pintes dans une moto. Vous voyez, ça marche ! Mon achat semble beaucoup plus raisonnable vu comme ça. Faites confiance au Facteur Pinte.

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FRANCE Si la crise qui a touché l'Europe continue d'affecter la France, l'Hexagone s'en tire à bon compte avec des prévisions de résultat net fiscal stabilisé pour le second trimestre. Alors que la France représente 20 % du poids économique de l'UE, il s'agit d'une bonne nouvelle pour tout le monde. Ceci étant dit, personne ne sait de quoi le futur sera fait, et spécialement si le retour de Nicolas Sarkozy en politique se confirme. Il vient en effet d'être épinglé sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2012. Parmi les autres aspects de la vie qui échappent à notre contrôle, Jonathan Larcher, gérant du Rip Curl Surfshop à Anglet, en a un autre à faire partager : "Je vis ici depuis toujours et je n'ai jamais vu une météo aussi mauvaise. Non seulement les ventes sur le textile ont baissé de 20 %, mais même l'école de surf a été touchée par la baisse d'activité. Normalement, 30 % des cours de surf sont réservés à l'avance. Désormais, les gens attendent jusqu'à la toute dernière minute pour s'inscrire, ou pire, s'en vont ailleurs en vacances." Pour rester dans le domaine des chiffres, sachez que les mois de mai et juin étaient 4 degrés en dessous des températures moyennes normales, et que les précipitations n'avaient pas été aussi élevées depuis plus de quarante ans. Pour compliquer les choses, les excédents de pluviométrie ont causé de sérieux problèmes de pollution, au point de devoir fermer un certain nombre de plages fréquentées par les touristes, pendant 14 journées sur les deux derniers mois. Après 25 ans passés comme revendeur dans le secteur du surf, Xabi Anton, gérant de Waïmea Surfshop, raconte cette situation exceptionnelle : "Les deux derniers mois on été rudes. Sur 30 jours en juin, il a plu pendant 28, et ce n'est pas les fermetures de plage qui ont arrangé les choses". Heureusement, Xabi a choisi de miser sur le matériel technique et les accessoires avec des marques haut de gamme telles que Al Merrick, JS, Firewire et Stretch. Aujourd'hui, la majorité de son chiffre d'affaires est réalisée sur le technique contre seulement 18 % pour le textile. Ancien gérant du shop Ragdoll (spécialisé dans le textile) et d'une affaire de déstockage textile à Bidart, Xabi a particulièrement ressenti la pression des magasins en ligne des grosses enseignes il y a quelques années. "J'ai alors décidé de faire marche arrière sur le textile pour me consacrer exclusivement aux produits techniques et core sur le surf, et je ne regrette pas ma décision. Nous sommes l'un des derniers surfshops core indépendant en France et notre formule consiste à proposer le meilleur du technique dans un large choix de marques. Les marges sont loin d'être bonnes (sur le technique) mais le marché est beaucoup moins volatile sur ce type de produits." Le malheur des uns fait le bonheur des autres et Xabi a profité malgré lui de la liquidation de Kana Beach, de qui dépendaient les shops Surf Station à Bidart et Freestyle à Anglet, tous deux désormais fermés. "Sans cela, notre chiffre d'affaires aurait été en baisse de 10 à 15 % sur ces deux mois, mais nous avons profité d'une situation de quasi monopole en mai et sommes restés ouverts pendant que tout le monde avait fermé boutique. Au final, nous avons fait plus 30 % en mai et moins 20 % en juin. Le plus frustrant est que nos locations de planches se sont essoufflées depuis que les écoles de surf sont désormais autorisées à louer leurs planches. Si l'initiative est louable pour aider les jeunes écoles pas encore bien installées, il faut avouer qu'elle ne fait pas nos affaires." Même son de cloche un peu partout à travers la France. La plupart des magasins ont dû débuter la période des soldes de juillet sans avoir pu écouler leurs stocks précédents. Si les produits tendance vintage se vendent bien, et en particulier les boardshorts courts (48 cm et moins), les magasins franchisés mettent déjà en avant les soldes d'été. Le point positif est que la météo semble être revenue à la normale et que les plages se remplissent enfin. Quelles leçons tirer de ce second trimestre 2013 ? Ayez un plan de secours si la météo est mauvaise. Réfléchissez bien à vos assortiments d'articles en magasin. Essayez de contourner la saisonnalité des ventes de textile, en vous appuyant sur une offre plus forte dans le technique et les accessoires. Ensuite, faites ce que vos concurrents ne sont pas prêts à faire : ouvrez sur davantage de jours, et plus longtemps, et faites-le savoir. Développez votre offre en ligne et votre campagne marketing. Organisez des événements et instaurez un programme de fidélité pour attirer, occuper et consolider

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Par Luke van Unen et Patrick Colton

votre clientèle. Enfin, considérez votre stock textile comme une valeur fluctuante. Programmez des périodes de déstockage avec intelligence afin de récupérer votre argent avant qu'il n'ait perdu toute sa valeur. Des ventes privées en ligne, ou encore revendre à l'étranger sur d'autres marchés peuvent se révéler des solutions parmi beaucoup d'autres, sans occasionner un retour de bâton de la part des marques avec qui l'on travaille. "Ce qui nous a sauvés sur ce trimestre, ce sont les ventes de matériel technique," rappelle Jonathan Larcher. "Les vrais surfeurs continuent d'aller à l'eau quelles que soient les conditions et, heureusement pour nous, ils ne veulent que des produits de qualité et ce, toute l'année." Du côté du skate, le marché du technique se porte plutôt bien d'après les échos que nous avons reçus. Si les ventes depuis le début de l'année se montrent relativement comparables à celles de 2012, de nombreux revendeurs affirment que l'activité est à la hausse sur ce début d'été par rapport à l'an passé, comme nous le confirme Anto de Mojito Skateboards et gérant de Shaka Wheel. Les ventes de plateaux se partagent quasi exclusivement entre les marques françaises (Cliché, Antiz, Magent) et américaines. Un des gros mouvements du secteur est dû à Snowide ; le distributeur spécialisé dans les sports d'hiver a en effet ajouté le skate à son actif en récupérant la distribution Europe de la toute première marque de skate new-yorkaise, Shut, qui avait vu le jour en 1986. "Notre cœur de cible est constitué de snowboardeurs et de skieurs de freeride, tous font du skate en été", déclare Daniel Fitzgerald, responsable de l'export chez Snowide. "Au sein de notre réseau de distribution, la plupart des enseignes vendent également des skates. Cela nous semblait une extension naturelle de notre activité." Lorsque l'on demande à Snowide ce qui a motivé ce choix de marque pour investir le marché du skate, voici la réponse de Dan : "Shut partage un passé similaire à celui d'une marque comme Apo (sur le secteur de la montagne). Toutes deux sont nées à la même époque dans leurs disciplines respectives. Elles vont bien ensemble, leur histoire comme leur clientèle ont beaucoup en commun. Ici chez Snowide, nous apprécions particulièrement la façon dont Shut a su s'imprégner du monde du design, de la musique et de la création artistique en général. C'est ce que nous tentons de faire nous-mêmes pour notre société. Pour faire simple, nous estimons que Shut est un peu comme Apo, mais pour le marché estival. Les boards sont fabriquées aux États-Unis à partir d'un bois de grande qualité et existent dans une grande variété de formes et de tailles pour convenir à tous les styles qui existent dans le skate". Pour les amateurs du genre, l'arrivée d'une telle marque authentique en Europe s'avère une excellente nouvelle ! Au niveau des tendances en matière de plateaux, une donnée importante lorsqu'il s'agit de remplir les stocks en vue de l'été, l'offre ne fait que s'élargir. Mathieu Claudon, du skate shop en ligne parisien Independent, explique : "Nous avons observé une augmentation de la taille des plateaux. Désormais, une longueur de 8,25' ' est devenue la norme et de plus en plus de clients recherchent des planches de 8,5' ', 8,6' ' voire 9' '. C'est le retour des handrails !". Il est toujours intéressant de prendre le pouls du marché des skate shoes, et en particulier des poids lourds du secteur. Chez Adidas, on nous indique que le chiffre d'affaires sur les chaussures de sports d'action a connu une hausse de 36 % par rapport à l'an passé, "principalement grâce aux chaînes de magasins de sports (aux chiffres incomparables face au marché du skate) et au boom des chaussures pour enfants", explique Erwann Saillour, chef de produit Action Sports chez Adidas. "Au sommet de la pyramide, le marché spécialisé du skate reprend de nouveau : + 80 % entre la fashion week et les soldes d'été 2013." Parmi les modèles qui s'en sortent le mieux, on retrouve la gamme Adi Ease, suivie par les Busenitz ADV, une nouveauté 2013. "Ce sont toujours les chaussures à semelles vulcanisées qui marchent, même si les Busenitz ADV (à semelle de type cupsole) sont très appréciées par les skateurs. Il semblerait que certains des nos rideurs pros se sentent plus confortables avec des modèles cupsole aux pieds qu'avec des semelles vulcanisées. L'âge d'or des semelles vulcanisées est peut-être sur la fin…" Une réflexion intéressante à laquelle il faudra veiller pour les revendeurs core skate.

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SUISSE Par Fabien Grisel

ITALIE Par Franz Hoeller

AUTRICHE

Alors c’est officiel, selon météo news, l’Europe occidentale a connu le printemps le plus froid et le plus humide depuis 30 ans. La présence de l’anticyclone des Açores, resté sur ces mêmes îles pendant des semaines, a contribué à protéger l’extrême ouest, à savoir le Royaume-Uni et une partie du Portugal où la météo a été clémente. Un autre anticyclone a protégé l’Europe de l’est pendant cette même période, créant un couloir dépressionnaire au centre, entrainant le mauvais temps venant du sud et les courants froids venant du nord. Voilà la recette pour obtenir un printemps pourri, comme il a été si justement nommé, dont nous avons été victime jusqu’à la mi-juin. Étonnamment, pour une fois, cette mauvaise météo ne semble pas avoir eu autant d’impact que l’on aurait pu le croire. L’ambiance et l’humeur générale, due au manque de soleil et de chaleur, étaient tout sauf positive ; cependant, nos détaillants, eux, ne se plaignent pas et sont même étonnés car, pour la plupart, la saison a été bonne. Certains parlent de nette augmentation de chiffre d’affaire, c’est bien tout le mal qu’on leur souhaite. Evidemment, cette saison aux conditions atmosphériques exceptionnellement agitées se ressent au niveau de la répartition des ventes. Pour ce qui est du textile, on suit la logique : ventes de boardshorts, bikinis, shorts et tee shirt en forte baisse et ventes de vestes, hoodies et chaussures en hausse. Mais, de façon globale, les taux de sorties sont plutôt bas. Par contre, le hardgoods d’été, lui, est en pleine expansion voire même explosion, en effet, cela fait plusieurs années que le marché du skate ne s’est pas aussi bien porté, les ventes vont bon train et les réassorts sont réguliers. Mais le skateboard, dans sa pratique "traditionnelle" de ces dernières années, à savoir street et parks, n’est plus seul, depuis quelques temps maintenant et plus particulièrement cette année, il faut compter avec le marché du longboard et du cruiser, produits qui tiennent désormais une place à part entière dans les shops. Pour Balazs Bodonyi, de Surfmachine à Bulle, il s’agit d’un vrai business qui contribue significativement à son chiffre d’affaire printanier et qui, malgré la pluie, est en progression. Selon lui, il y a un vrai retour des sports à roulettes, en partie pour les déplacements mais aussi comme moyen d’expression et ce, même pour le longboard où le freestyle est également présent. Les marques de longboards les plus présentes chez nos détaillant sont Sector 9, Madrid skateboard et LGS (marque suisse artisanale basée au Brassus, dans la vallée de Joux). Stereo et Globe, quant à eux se partagent le marché de ces petits slalomeurs urbains en plastique que sont les cruisers. Cette tendance se vérifie dans d’autres villes et semble se généraliser en Suisse. Yvan Dewarrat, de Boarderking à Vevey, arborait un grand sourire lors de mon dernier passage à Vevey, et me confirmait ce phénomène. Même chose du côté de Lausanne où Sacha Mertes, de Escape Shop, bien que également inquiet par rapport au ventes de fringues, se réjouit des bonnes ventes de hardgoods : il doit recommander des skates chaque semaine. Les marques Girl, Chocolate et Element semblent prendre le pas sur les autres, mais les autres ne sont pas en reste. La popularité grandissante des cruisers leur vaut même un petit contest : pour la deuxième année consécutive, ce même magasin en collaboration avec la marque Globe (Dac Sport) organise le Bantam plastic board contest au Bowl de Vidy à Lausanne. Cet event, consistant en un parcours d'obstacles entre des cônes avec une arrivée dans le bowl en un contre un, s’est déroulé le 5 juillet dernier et a connu un franc succès. Au niveau "up’s and down’s", on notera que la marque Obey, dont les ventes ne cessaient de croître depuis les cinq dernières années, semble aujourd’hui en pleine perte de vitesse. Le flambeau serait repris par la marque de l’ancien skateur pro Keith Hufnagel "HUF", dont la notoriété ne fait qu’augmenter. Au point de vue shoes, le grand retour de Vans des deux années précédentes s’essouffle quelque peu.

Un nouveau gouvernement a enfin vu le jour ! Aux commandes, le Premier Ministre, Enrico Letta, semble disposé à travailler main dans la main avec l'Union Européenne et mettra l'accent sur le respect de ses règlements et directives. Pour les simples citoyens italiens cependant, étant donnée la situation économique difficile, le plan strict de sauvetage est plus difficile à digérer. Eux aussi veulent revoir la croissance et, pour ce faire, le gouvernement a mis sur pied un plan en 80 points pour remettre le circuit économique en route. Il faudra compter sur ce plan pour que le pays positive de nouveau et soit motivé, après une année dernière marquée par un tableau plutôt sombre au niveau économique. Le marché des boardsports a souffert des fortes précipitations qu'a connues le pays au printemps et la bonne saison pour les ventes a été particulièrement courte lors de cette transition hiver-été. Ce à quoi s'ajoutent des intentions d'achat à la baisse au niveau national, alors que les consommateurs attendent la période des soldes pour procéder à leurs plus gros achats, ce qui signifie des marges affaiblies pour les commerçants. Pour toutes ces raisons, les trésoreries souffrent et les petits commerces situés en dehors des grandes villes ont parfois dû se résoudre à fermer. En allant à la rencontre des revendeurs un peu partout en Italie, tous disent se sentir sous pression et n'en peuvent plus de ces marques et sociétés qui leur demandent des taux de croissance toujours à la hausse alors qu'ils essayent tout juste de rester à flot durant cette période difficile. D'après eux, compter sur une croissance en ce moment n'est pas réaliste et ils ne sont pas prêts à entendre que l'arrivée de nouveaux magasins concurrents en local sera un levier de croissance global, ou encore que davantage de magasins offrant les mêmes articles ne fera qu'augmenter la demande pour ces marques et produits. Pour l'instant, ils prennent la crise de plein fouet et le moral est en berne, constatant que ce qui était autrefois un commerce prospère où ils vivaient de leur passion est devenu aujourd'hui une bataille pour survivre, en quête d'une croissance vitale. Malheureusement pour eux, les gérants de magasins semblent passer désormais davantage de leur temps à discuter avec leurs banquiers qu'avec leurs clients en boutique, ce qui était la motivation initiale dans le métier. Moi-même gérant d'une agence commerciale où la croissance est indispensable, aussi bien pour le secteur que ma propre entreprise, je constate que ce dont ont besoin les magasins en cette période, c'est d'un soutien de la part de leurs fournisseurs pour passer au travers de cette crise. Leur permettre de respirer quelque peu est crucial pour atteindre les objectifs fixés ; les magasins ont besoin d'autant de flexibilité et d'aide qu'un fournisseur est capable de leur offrir, en termes de délais de paiement, de dates de livraison, etc. S'engager auprès d'une marque, c'est aussi étudier l'étendue des services que celle-ci est en mesure de lui apporter. Pour l'instant, les chiffres d'affaires semblent consolidés, voire en légère croissance dans certaines régions. Mais, alors que de plus en plus de sociétés veulent croquer cette part du gâteau, les taux de croissance individuels se font tout petits et la concurrence de plus en plus rude au fil des saisons. Les revendeurs font désormais très attention au choix de leur portefeuille de marques. Une fois les marques aux meilleures ventes retenues, il s'agit de choisir qui vient compléter l'offre et ils n'hésitent pas à changer leurs habitudes pour apporter un peu de nouveauté en magasin. Une bonne nouvelle pour les marques émergentes. Ceux qui parviennent à suivre les tendances peuvent alors s'appuyer sur une base de clients fidèles qui consomment régulièrement justement parce que l'offre est constamment renouvelée. Du côté des ventes en ligne, le marché piétine. Si le secteur enregistre toujours une croissance, on attend encore le fameux big bang de la vente en ligne concernant l'habillement et les chaussures. Le problème ne vient pas des sites marchands, ils sont tous bien achalandés, avec des sites élégants et fonctionnels. Non, il s'agit davantage des consommateurs italiens, qui préfèrent faire leurs achats de façon traditionnelle dans une boutique physique. Voilà tout pour l'instant, place à l'été ! Alors que les Italiens resteront majoritairement dans le pays durant la saison estivale en raison de finances en berne, au moins ils risquent de dépenser plus dans leurs surf/skate shops et autres magasins de streetwear. On croise les doigts...

Selon une étude récente, les ventes en ligne de biens de consommation (B2C), en Autriche et en Allemagne, ont plus que triplé entre 2006 et 2013. "D'abord la bonne nouvelle : la vente au détail traditionnelle ne disparaîtra pas", indique Hanna Bomba-Wilhelmi, directrice de RegioPlan Consulting. "En même temps, les shops qui n'ont pas la bonne ambiance, la bonne communication et le bon service, seront moins fréquentés par les consommateurs." Cela résume bien la situation courante, et les petits détaillants ont utilisé ces principes à leur avantage. Un des derniers véritables magasins spécialisés dans le skate restant en Autriche, Radix à Linz, en est un bon exemple. Face à une participation stagnante dans le milieu et à une pression de la vente en ligne, ils proposent un service et des initiatives remarquables. Ils vont à la recherche de marques ou d'articles spéciaux pour leurs clients et contribuent aux événements de base et aux skateparks, au niveau local. C'est tout ce qui fait leur force en tant que revendeur indépendant et ça marche. Chez Radix, la demande dirige l'offre. Et pas l'inverse. Jusqu'à présent, la météo 2013 n'a pas facilité les choses et il est important de noter que la plus grande crue du siècle a certainement affaibli l'humeur du consommateur en juin mais, comme le dit un revendeur très résistant : "par chance notre shop n'a pas été envahi par l'eau, mais pas non plus par les clients". Récemment cependant, on a fait état de bonnes ventes et la tendance vers la vente spécialisée continue, s'écartant des grosses marques pour aller vers les plus petites et les moins distribuées. Dans cet esprit, le magasin Alton Premium à Feldkirch agrandira son offre de quelques 10 marques. Ils font état de très bonnes ventes dans les longboards et les chaussures, particulièrement avec DC, Gravis, Nike SB et DVS. Volcom reste toujours aussi une grosse centrale électrique. Au boardstore Fame à Vienne, le shop connu en Autriche pour son offre du plus grand choix de planches, la dernière vidéo Girl a eu un impact positif, leurs planches se vendent très bien, ainsi que les vêtements de la marque associée, Fourstar. Les plus petites marques comme Sk8Mafia ou Skate Mental sont aussi demandées, tandis que les ventes de cruisers et de longboards paient une grande partie des factures en ce moment. Parmi les purs skateurs, les marques de chaussures clefs sont Lakai, Emerica et Nike SB. Lors des rares jours de chaleur de l'été, les équipements de sports aquatiques ont connu un gros succès chez Hangloose à Vienne, avec le prolongement de la mode du SUP amenant un nombre croissant de clientes féminines. Nous avons aussi eu le Longboard Day, un superbe événement qui s'est tenu fin juin à Montafon, où les clients peuvent tester les planches des grandes marques de longboards sur une super course de downhill. L'événement a rameuté entre 400 et 500 visiteurs en un seul jour et l'excitation était palpable. Un grand merci aux organisateurs de l'événement, Nico et Sebastian chez www.nise.at! Dans le magasin le plus emblématique de la région du Vorarlberg, Sajas, Tobi se réjouit du fait que le longboard ramène les gens sur une planche. Il voit tout ceci d’un œil positif : le skateboard est devenu polyvalent, les différents aspects se mélangent et de nombreuses personnes recommencent à jouer avec leur planche, comme aux premier jours du skateboard. Les labels qui se démarquent chez Sajas comprennent Loaded et la marque locale Icone, dont le stand de test était tellement bondé durant le Longboard Day que la plupart des planches étaient empruntées en permanence. Dans la région du Vorarlberg également, le shop 1080 a vendu des longboards et de l'équipement dans toutes les gammes de prix, à des clients allant de 8 à 38 ans… Et il y avait une forte probabilité qu'ils prennent aussi une caméra GoPro ! Au final, j'ai l'impression que les revendeurs de tout le pays parviennent à encaisser la crise avec succès. Tous mes vœux de réussite à tout le monde pour la saison estivale.

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Par Michael Reinwald

ESPAGNE Par Asier Zabarte Bruxelles continue à signaler la vulnérabilité du système bancaire espagnol et, à l’heure où j'écris ces lignes, je lis dans El Pais en ligne que le FMI prévoit seulement la fin de la crise en 2015 ! Il semblerait que nos médias soient en vacances estivales, nous allons donc devoir attendre septembre pour connaître les événements principaux. Le beau temps et les soldes d'été se sont rejoints à Castro Urdiales, un port maritime de la communauté indépendante de Cantabrie, sur la baie de Biscaye. Roberto Castillo¸ propriétaire de Banzai Surf, se plaint des effets négatifs des braderies, comme celle d’Hossegor, et les politiques Internet des "grosses marques " sur le marché. Il prédit que les revendeurs ne deviendront plus que de simples cabines d'essayage pour les adolescents qui iront ensuite acheter sur le net. À propos des meilleures ventes, pour lui, les Lopez50 de chez Circa se vendent bien, ainsi que Minilong, les trottinettes et les pièces détachées. Ses ventes de vêtements ont chuté de 10 % par rapport à l'année dernière, mais l'activité autour de l'école de surf lui donne de bonnes raisons de se réjouir. Juan Rodriguez est propriétaire de Olé Surf à Alicante depuis 14 ans. Le marché du surf est assez modeste de ce côté de la Méditerranée. "Comme les magasins ont baissé leurs prix sur les shortboards, et pire encore, les distributeurs ont continué à les fournir dans le même temps, les clients ont l'air de ne plus vouloir payer le prix fort. Tant de magasins ont fermé que le choix est très restreint dans chaque domaine. Les ventes de vêtements marchent toujours bien pour nous et nous espérons que cela va continuer à moyen terme. Loaded et Globe représentent les meilleures ventes de longboards. Pendant la saison d'hiver, nous avons observé que les gens prenaient plus en compte le rapport qualité-prix que le fait que ce soit la dernière technologie. Nous avons maintenu environ les mêmes chiffres concernant les ventes de matériel, qui ont seulement chuté de 10 % mais, concernant le surf, nous devons négocier avec les clients, c'est la culture qui s'est construite dans le coin." Dans l'Espagne du Sud, à Puerto la Cruz , Cadiz, Isaac Ruiz vient d'ouvrir son propre point de vente de 50 m² : "les ventes de boardshorts ont augmenté de 15 % par rapport à l’année dernière à la même période, même si il n'y a eu que quelques jours de plage. J'imagine que c'est parce que je propose une gamme plus étendue cette saison. Pour les lunettes de soleil, Oakley se vend bien et est à la pointe de la technologie, mais ce qui marche vraiment bien, c'est Vans, particulièrement chez les jeunes, avec une augmentation de 60 % par rapport aux saisons précédentes. C'est la marque de chaussures la plus en vue dans toute la région. Nous sommes très contents des ventes de ce début de saison, nous proposons donc des T-shirts de notre propre marque et nous avons pour projet de lancer la vente sur le net. Le paradis de Lekeitio, au Pays basque, n'était pas au devant de la scène jusqu'à ce que Dzingua Surf Denda fasse son apparition. Le propriétaire, l'Allemand Maneros Zabala, joue le rôle de parrain pour les jeunes et, après qu'il se soit installé en 2008, les jeunes du coin ont investi les lieux. Aujourd'hui, dans cette commune de plus de 7000 habitants, le team "Dzingua Skate Taldea" rassemble 45 kids, et son team Surf comprend 60 membres avec une bonne parité entre garçons et filles. Ce sont eux qui sont à la quête du best-seller : le modèle Kress de Vans. Les planches en mousse sont les favorites des mamans, qui contribuent à augmenter les ventes de plus de 20 % cette année, et les combinaisons qui augmentent de 50 %. "Il n'y a pas un seul kid sans combinaison et, pour aller rider, vous devez passer par le shop. Nos ancêtres chassaient les baleines et l'esprit d'aventure est toujours là ! Rejoignez-nous !"

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EVENTS

SURF

SKATE

SNOW

#66

TRADE

AUGUST/AOUT/AUGUST 1-4 X GAMES LOS ANGELES, CA USA SKATE WWW.XGAMES.ESPN.GO.COM 7-11

BOARDMASTERS

NEWQUAY, CORNWALL

UK

SURF/SKATE

WWW.BOARDMASTERS.CO.UK

11-13 FLIP AT MODA BIRMINGHAM UK TRADE WWW.MODA-UK.CO.UK 15-26 BILLABONG PRO TEAHUPOO TAHITI SURF WWW.BILLABONGPRO.COM 16-18 MALMO ULTRA BOWL MALMO SWEDEN SKATE WWW.SKATEMALMO.SE 19-20 AGENDA LAS VEGAS USA TRADE WWW.AGENDASHOW.COM 21-25

SWATCH GIRLS PRO

SEIGNOSSE HOSSEGOR

FRANCE

SURF

WWW.SWATCHGIRLSPRO.COM

31

VANS DOWNTOWN SHOWDOWN PARIS

FRANCE

SKATE

WWW.DOWNTOWNSHOWDOWN.EU



SEPTEMBER/SEPTEMBRE/SEPTEMBER 1-3 LEDGE LONDON UK TRADE WWW.THELEDGESHOW.COM 6-8

SURF EXPO

USA,

TRADE

WWW.SURFEXPO.COM

12-15

WOMEN IN BOARDSPORTS CONF' SAAS-FEE

SWITZERLAND

TRADE

WWW.WOMENINBOARDSPORTS.COM

15-21

HURLEY PRO

USA

SURF

WWW.THEHURLEYPRO.COM



ORLANDO, FL TRESTLES, CA

27-7 QUIKSILVER PRO FRANCE HOSSEGOR FRANCE SURF WWW.QUIKSILVERLIVE.COM 27-7 ROXY PRO FRANCE HOSSEGOR FRANCE SURF WWW.ROXYLIVE.COM

OCTOBER/OCTOBRE/OKTOBER 3-4 SURF SUMMIT HOSSEGOR FRANCE TRADE WWW.EUROSIMA.COM 4 WATERMANS BALL HOSSEGOR FRANCE TRADE WWW.EUROSIMA.COM 4-6

HOTZONE.TV PARK OPENING

HINTERTUX

AUSTRIA

SNOW

WWW.OPENING.HOTZONE.TV

4-6

REELS SNOWBOARD FILM FEST' ANNECY

FRANCE

SNOW/TRADE

WWW.THE-REELS.COM

9-20 RIPCURL PRO PENICHE PORTUGAL SURF WWW.LIVE.RIPCURL.COM 10-12 SNOWBOARD GARDEN FESTIVAL GRENOBLE FRANCE TRADE SNOWBOARDGARDENFESTIVAL.FR 13-14

VANS SHOP RIOT FINAL

MANCHESTER

UK

SKATE

WWW.VANSSHOPRIOT.COM

18-20

SCOTLAND SKI & SNOWB'D SHOW GLASGOW

SCOTLAND

SNOW/TRADE

WWW.SCOTLANDSSKISHOW .CO .UK

25-27,

UK SKI & SNOWB'D SHOW NORTH MANCHESTER

UK

SNOW/TRADE

SKIANDSNOWBOARD.CO.UK/MANCHESTER

30-3

UK SKI & SNOWB'D SHOW LOND'N EARLS COURT, LONDON

UK

TRADE

SKIANDSNOWBOARD.CO.UK/LONDON

31-3 SKIPASS MODENA ITALY TBC WWW.SKIPASS.IT, SNOW/TRADE

NOVEMBER/NOVEMBRE/NOVEMBER 1-3 SKIEXPO FINLAND SNOW/TRADE WWW.SKIEXPO.FI, 27-1 FREEZE FESTIVAL LONDON UK SNOW/TRADE WWW.FREEZEFESTIVAL.COM

DECEMBER/DECEMBRE/DEZEMBER 8-20 BILLABONG PIPE MASTERS OAHU HAWAII SURF WWW.BILLABONGPRO.COM 18 WORLD SNOWBOARD DAY SNOW WWW.WORLD-SNOWBOARD-DAY.COM

JANUARY/JANVIER/JANUAR 9-11

SURF EXPO ORLANDO

FLORIDA

USA

SURF/TRADE

WWW.SURFEXPO.COM

6-11 WORLD ROOKIE FEST LIVIGNO ITALY SNOW WORLDSNOWBOARDFEDERATION.ORG 12-14

SNOW AVANT PREMIERE

LA CLUSAZ

FRANCE

SNOW/TRADE

WWW.SPORTAIR.FR

13-14 ANNECY SHOWROOM ANNECY FRANCE TRADE WWW.SPORTAIR.FR 12-14

SHOPS FIRST TRY

LANDECY

AUSTRIA

TRADE/SNOW

WWW.SHOPS-FIRST-TRY.COM

1-7 O’NEILL EVOLUTION DAVOS SWITZERLAND SNOW WWW.TTRWORLDTOUR.COM 08-14

RED BULL NASHAN OPEN

BEIJING

CHINA

SNOW

WWW.TTRWORLDTOUR.COM

15-16 BREAD & BUTTER BERLIN GERMANY TRADE WWW.BREADANDBUTTER.COM 15-17 BRIGHT BERLIN GERMANY TRADE WWW.BRIGHTTRADESHOW.COM 19-21 PRO SHOP TEST GENNALO ITALY SNOW/TRADE WWW.PROSHOPTEST.COM 23-26

WINTER X GAMES

ASPEN, CO

USA

SNOW

WWW.TTRWORLDTOUR.COM

26-29 ISPO MUNICH MUNICH GERMANY TRADE WWW.ISPO.COM/MUNICH

FEBRUARY/FEVRIER/FEBRUAR 30 –4

SIA SNOW SHOW

DENVER, CO

USA

TRADE

WWW.SNOWSPORTS.ORG

1-2

BILLABONG AIR & STYLE

INNSBRUCK

AUSTRIA

SNOW

WWW.TTRWORLDTOUR.COM

4-6 SLIDE TELFORD UK TRADE WWW.SLIDEUK.CO.UK

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L'ŒIL DU CYCLOPE

JOBS

#66

BRIGHT XVII Patagonia is one of the leading brands in the quality outdoor clothing market, a mountain specialist well known for its commitment towards the protection of the environment. www.patagonia.com

 

Armada has experienced rapid growth within Europe and recently converted Switzerland, Germany, and Austria from distributorships to agent territories. Armada’s European Sales Director will be responsible for growing both agent territories and areas under distributorship. The European Sales Director will have expertise in winter sports sales programs, sales team management, distributor management, and knowledge of the retail landscape.

Responsibilities

- Ownership of all European revenue - Mentoring and management of agents - Ensure Armada has the best of breed distributors - All sell-in and sell-through tools agent and distributors need - Leveraging retailer partnerships to maximize brand exposure - Work with marketing to drive product sell-through

Requirements

- Minimum 5 years experience selling to specialty retailers in Europe - Track record of building agent territories - Experience managing and growing countries run by distributors - Understanding of retail partnerships and how to drive sellthrough on the retail floor - Tradeshow leadership and execution experience - Analytical ability to model strategies and estimate impact on profitability - Located in Innsbruck

EUROPEAN PROJECT AND MARKETING COORDINATOR m/f The European Project and Marketing Coordinator will lead various projects on a ongoing basis and will be in charge of the following:

o Request ads from headquarter and select / adapt the ones applied for Europe together with the Graphic Design Coordinator o Execute media planning and buying in cooperation with media agency o Follow up and validate all published ads printed and online o Manage and monitor the media budget o Lead the project of the workbook production o Support co-op marketing actions (e.g. dealer catalogs, co-op advertising) in cooperation with sales managers o Support our own retail in marketing activities o Organize and support our fairs i.e. ISPO o Monitor and work within the outlined budget Other Job Functions: Partners & suppliers marketing campaigns o Drive and implement campaigns with external partners (Gore Tex, Primaloft, etc.) o Coordinate joint marketing actions o Support retail marketing activities Qualified applicants must have 3 / 5 years experience in marketing or publishing house and a very good level in English. Other languages are great assets. The European project and marketing coordinator must be able to work in a team, in an international environment and in open space. He / she must have strong organizational skills.

European Sales Director

Role Overview

For our European headquarter in Annecy, we are looking for:

Essential Job Functions:

 

Contact

A passion for outdoor sports, along with an interest for the protection of the environment will be greatly appreciated.

Adidas's Jim Anfuso VP Action Sports and Tim Reynolds Global Business Unit Director Action Sports

Oli Culcheth PR & Media Manager EMEA for Vans & Reef

Brian Mo from the Hundreds

Casten Kurmis (Rhythm)

Christian Pelz Area Manager - O'Neill

Jelle Mul at Etnies

Cliche's designer Eric Frenay and founder Jeremie Daclen

Dan Thorden International Sales at Ipath

Dwindle's Leight Nardelli - EMEA sales manager and Scott Howes EMEA marketing

Julian Duval - Element marketing director

Joe Marx International sales Manager Osiris, Max International sales coordinator Osiris and luca from Nitro AG Switzerland

Kathi models RVCA

Kiki - Element marketing manager goes under cover

Macbeth's Lisanne, Robin Coleman, and Yann Altevojt

Marco Frey - Rough Distribution

Sam Culshaw DVS marketing Europe

Oliver Muller from Mosaic - sales Huf's German distributor

Pit (Cleptomanix) & Cepten (munchie Konsilium)

Pontus Alv President and founder Polar

Protec's Yasmin and Sales Director EMEA Laurence Poole

Jose Ispo action sports community manager and Nils from 24/7

Sebastian Hahn DC Marketing coordinator Germany and Austria

Uppercut Delux putting on the style

Supra and Krew's Stefan Lehnert - Country manager for Germany and Austria and Stevie - Sales rep

Dustin Robertson Chief Marketing Officer [email protected] http://armadaskis.com

If you are interested, please forward, your motivations and resume in English under reference PMC by e-mail to: [email protected]

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1

7/30/13

12:39 PM

COUNTRY MANAGER - GERMANY Fantastic opportunity for a dynamic and results driven sales and marketing professional.

• DIS T RIBU T ION OP P OR T UNI T Y • RUSSIA, ITALY, POLAND, NETHERLANDS, NEW ZEALAND, AUSTRALIA With sales in over 20 countries and nearly 100% year-on-year growth Faction Skis and Apparel is looking for experienced partners to drive sales in new territories. Through a focus on innovative design and material research Faction has created an award-winning collection of skis and outerwear. A colab with Candide Thovex, endorsements from Olympic athletes and a disruptive approach to marketing make Faction one of the fastest growing brands in the market. The Faction Collective was formed in 2006 by a group of friends with the aim of creating the best designed and built freeride and freestyle skis you can buy, with a world-class manufacturing base in the heart of the European Alps and a strong commitment to social and environmental sustainability. Every year new ideas and products expand our range - but the manifesto remains the same. For more information: [email protected]

Shiner are a leading distributor of actions sports goods for some of the biggest names in the business. We are rapidly expanding into Europe with brands including Heelys, Blazer Pro Scooters, Rocket Skateboards, Rookie Roller Skates and D-Street Longboards and we are looking for a Country Manager to head up our operation in Germany, Austria and parts of Switzerland. This is an exciting and challenging opportunity working with our European team to grow accounts, expand the customer base and maximise all potential sales opportunities. We’re looking for experienced, successful and energetic candidates who: • • • • • • •

Have a real passion and love for the action sports industry Are tenacious and self-motivated, with the ability to quickly build rapport with both internal and external customers. Are loaded with ambition, with a desire for perfection and an eye for detail Have initiative and a positive can do attitude Possess a unique combination of creative, analytical and commercial skills. Excel at planning and prioritising workload, meetings and events Are willing and able to travel to meet customers and to attend trade shows.

As far as qualifications and experience go, ideally you’ll be educated to degree level in a business or related discipline and have sufficient experience within this industry to hit the ground running. You will be based in a home office in Germany with a competitive salary and benefits. To apply, please send your CV with covering letter to Marie Hodgson at [email protected]

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JOBS

Corelens A new Market is coming ! Corelens is looking for agents & distributors worldwide lenses for all smartphones

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L'ŒIL DU CYCLOPE

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NASS

Amy from Bamboo Bay

Andy from Onepiece

Danny Leon ESP, 2nd Kelvin Hoefler BRA (right) and 3rd Diego Fiorese BRA

Faye, Simon and Lady Abi - Animal

James and Stacey - SESH recycled skateboard jewellery

Jessica Ferreira, 2nd Julia Brueckler and 3rd (not present) Mirei Tsuchida

Rueben and father Marvin - Skate Britain

Ryan - Violate Clothing

Andreas Gollhofer & Daniela Eck (both Oakley)

Basti Gogl (snowboarder MBM)

Bob Burnquist & Kone Heigl (source).

Curren Caples gives interview

Dominik Lyssek & Ida Holmen (both Skullcandy)

Gloria Gärtig & Steffi Hager (both Planet Sports)

Julia Aster & Alex Rieger (both Oakley)

Marco Smolla (Pro Snowboarder).

Moto X Step Up Action

Photo Dog & Jochen Bauer (Playboard)

Ryan (Onboard) & Oefi (Pleasure)

Schützi (IOU Ramps)

Seife (Etnies) & Martin Olesch (Red Bull)

street skate action

Tarek Rasouli (Rasolution)

Tony Hawk

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